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en haut : Florence Lazar (© Cnap, Paris); en bas : Guy Tillim (© Courtesy of Stevenson, Cape Town and Johannesburg), à droite : Ren Hang, (© Courtesy of Estate of Ren Hang and Blindspot Gallery)

Arts plastiques : Guy Tillim, "il photographie l’Afrique de manière inédite"

55 min
À retrouver dans l'émission

Aujourd'hui dans la Dispute nous évoquons : "Guy Tillim - Museum of the Revolution", "Florence Lazar : Tu crois que la terre est chose morte..." et "Love, Ren Hang". Le coup de cœur de Frédéric Bonnet est dévolu à « Jean Fournier, un galeriste amoureux de la couleur » de Catherine Francblin.

en haut : Florence Lazar (© Cnap, Paris); en bas : Guy Tillim (© Courtesy of Stevenson, Cape Town and Johannesburg), à droite : Ren Hang, (© Courtesy of Estate of Ren Hang and Blindspot Gallery)
en haut : Florence Lazar (© Cnap, Paris); en bas : Guy Tillim (© Courtesy of Stevenson, Cape Town and Johannesburg), à droite : Ren Hang, (© Courtesy of Estate of Ren Hang and Blindspot Gallery)

"Guy Tillim – Museum of the Revolution" jusqu'au 2 juin à la Fondation Henri-Cartier-Bresson

© Guy Tillim, Courtesy of Stevenson, Cape Town and Johannesburg
© Guy Tillim, Courtesy of Stevenson, Cape Town and Johannesburg

Commissariat : Agnès Sire

Présentation officielle : Lauréat du Prix HCB 2017, attribué grâce au soutien de la Fondation d’entreprise Hermès, le sud-africain Guy Tillim (né en 1962) s’est attaché, avec cette nouvelle série Museum of the Revolution, à observer les effets de la décolonisation dans les grandes capitales africaines.  

De longues déambulations l’ont conduit ces dernières années de Johannesbourg à Durban, Maputo, Beira, Harare, Nairobi, Kampala, Addis-Abeba, Luanda, Libreville, Accra, Abidjan, Dakar et Dar es Salaam. Les avenues, nommées et renommées, agissent en témoins silencieux des flux et reflux des changements politiques, économiques et sociaux. Elles sont devenues «le musée» des deux révolutions majeures qui ont vu le jour dans ces pays lors des dernières décennies : des régimes coloniaux aux régimes postcoloniaux, avec des emprunts aux pratiques socialistes, puis du nationalisme africain aux États capitalistes.

L'avis des critiques :

Ce qu’il y a de fascinant dans ce travail est que Guy Tillim photographie l’Afrique de manière inédite, d’habitude montrée comme une terre de misère ou comme une terre exotique. Il photographie la banalité du quotidien. Nous sommes dans la réalité de l’Afrique aujourd’hui telle que la vivent les Africains. Yasmine Youssi

Guy Tillim arrive à montrer des scènes qui ne soient ni pittoresques ni théâtrales, ni laides ni sublimées. Il tourne toujours autour de cette neutralité qui n’en est finalement pas une. Anaël Pigeat

Cette exposition est formidable. Elle explore les questionnements identitaires d’un continent décolonisé. On voit qu’il n’y pas une mais des réalités qui s’entremêlent dans ces territoires. Frédéric Bonnet

"Florence Lazar : Tu crois que la terre est chose morte..." jusqu'au 2 juin au Jeu de Paume

© Jeune militant, 2008, Épreuve argentique couleur contrecollée sur aluminium, 60 × 48,5 cm Fonds municipal d’art contemporain de la Ville de Paris
© Jeune militant, 2008, Épreuve argentique couleur contrecollée sur aluminium, 60 × 48,5 cm Fonds municipal d’art contemporain de la Ville de Paris

Commissariat : Sandra Cattini et Dean Inkster

Présentation officielle : Florence Lazar (née à Paris en 1966) est artiste, cinéaste et photographe. Elle s’attache dans son œuvre à faire surgir des récits minoritaires dans des contextes géographiques et sociaux particuliers. Le recours à l’enquête et l'attention portée au processus de transmission de l'histoire sont au cœur de son travail.

L’exposition au Jeu de Paume propose une mise en perspective de son œuvre à travers une sélection de films et de photographies datant de 2000 à aujourd’hui.

L'avis des critiques :

C’est un travail qui vient étudier des minorités méprisées par les politiques ou par l’Histoire. Il tente de leurs redonner une place en les sortant d’une visibilité qu’elles n’ont pas eue ou perdue. Florence Lazar le fait en s‘intéressant à la mémoire collective et en dressant de portraits par un biais documentaire. C’est redoutablement efficace. Avec une très grande force de caractère, mais sans jamais tomber dans le pathos, elle évolue dans les méandres d’une histoire accidentée et non linéaire. Frédéric Bonnet

C’est un travail documentaire que Florence Lazar fait en portant dessus un regard d’artiste. La force de son travail est de s’emparer de la marche du monde et de choisir pour chaque documentaire un angle précis. Yasmine Youssi

Florence Lazar filme la parole de façon paradoxale, sans jamais qu’il n’y ait d’aspect disruptif. Elle se met dans la position de l’écoute mais jamais celle du reportage et de l’entretien. Il y a dans chacune de ses vidéos une extrême précision de sa position. Elle rend toujours compte de l’extraordinaire complexité de la réalité. Anaël Pigeat

"LOVE, REN HANG" jusqu'au 26 mai à la Maison Européenne de la Photographie

© Untitled, 2016, Courtesy of Estate of Ren Hang and stieglitz19
© Untitled, 2016, Courtesy of Estate of Ren Hang and stieglitz19

Commissariat : Simon Baker et Jean-Luc Soret

Présentation officielle : L’exposition « LOVE, REN HANG » présente pour la première fois en France l’œuvre d’un des artistes chinois les plus influents de sa génération.

Composée essentiellement de portraits – d’amis, de sa mère ou de jeunes chinois sollicités sur internet –  mais également de paysages et de nus, l’œuvre de Ren Hang est immédiatement reconnaissable. Ses photographies, si elles semblent mettre en scène ses sujets, sont pourtant le fruit d’une démarche instinctive. Leur prise de vue, sur le vif, leur confère légèreté, poésie et humour.

À travers une approche chromatique, l’exposition propose une plongée dans les différentes constellations oniriques de l’artiste : la présence du rouge, les couleurs acidulées, une salle consacrée à sa mère, une autre, plus sombre, dédiée à des prises de vue nocturnes. Enfin, une dernière salle rassemble ses travaux plus « osés », sur le corps, créant un lien, fort et organique, entre l’érotisme et la nature.

L'avis des critiques :

Au-delà de cette ingéniosité à mettre en scène les corps, j’ai quand même eu l’impression d’être face à la même image: même mode de prise de vue frontal, même mode de maquillage, même lumière qui unifie l’ensemble, même approche du corps, même type de cadrage. Il reprend la sophistication de la nudité d’Araki et l’insertion des corps dans la nature et la spontanéité de Tillmans. Toutefois, les citations ne vont pas au-delà des citations. Frédéric Bonnet

Ren Hang a un ton et un positionnement singulier. Il jongle avec ce qu’est que la représentation du nu, où jouent l’humour, la nécessité d’un amusement et aussi une très grande mélancolie. Anaël Pigeat

Il y a tout ce qu’il faut pour créer le buzz: le nu, la mode, l’esthétique de papiers glacés, les jolis animaux, une légende d’étoile filante. Au final, il y a des photos qui se répètent et cette manière de copier chez les autres de façon presque éhontée m’a beaucoup gêné. Yasmine Youssi

>> LE COUP DE CŒUR DE FREDERIC BONNET : « Jean Fournier, un galeriste amoureux de la couleur » de Catherine Francblin (Editions Hermann)

"Un galeriste amoureux de la couleur" de Catherine Francblin (Editions Hermann) - Electre
"Un galeriste amoureux de la couleur" de Catherine Francblin (Editions Hermann) - Electre

Présentation officielle :Jean Fournier, de 1954 à 2006, fut l’un des plus importants galeristes d’art contemporain en France. Amoureux de la peinture, il a accompagné, dès leurs débuts, des artistes majeurs, tel Simon Hantaï, et révélé le travail des Américains de Paris, héritiers de l’expressionnisme abstrait : Joan Mitchell, Sam Francis, Shirley Jaffe, James Bishop. Dans sa galerie rue du Bac, puis rue Quincampoix, il fait découvrir une nouvelle génération de peintres, comme Claude Viallat, Pierre Buraglio, Bernard Piffaretti. Les collections publiques françaises (Centre Pompidou, en tête) sont riches des œuvres de ceux qu’il a défendus et un regard sur les grandes collections privées des années 1970 et 1980 témoigne de sa réelle influence. Sa perspicacité lui fit épouser la cause d’artistes, certes peu nombreux, mais triés sur le volet, dont il avait pressenti très tôt qu’ils feraient partie des figures de premier plan. Sa probité exemplaire lui valut l’estime de toute la profession. Un demi-siècle d’art porte à jamais la trace de son action.

Jean Fournier a été un acteur absolument clé de la scène des galeries parisiennes. Ce que je trouve très intéressant dans cette biographie est qu’on y suit les engagements et aléas de la vie d’un galeriste. L’ouvrage, plein d’anecdotes, est hautement recommandable sur une figure qu’il ne faut pas oublier. Il dit beaucoup de choses du marché de l’art aujourd’hui. Frédéric Bonnet

Vos commentaires :

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

Intervenants
  • Journaliste au Journal des Arts
  • Editor-at-large du mensuel The Art Newspaper édition française, critique d’art et journaliste à Paris Match, productrice de documentaires sur France-Culture, ancienne critique à La Dispute sur France Culture
  • Journaliste à Télérama
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