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Takeshi Hosaka, Restaurant Hoto Fudo, Fujikawaguchiko, 2009 / "Lazy Days"

Arts plastiques : "Dans la culture japonaise, l'original et la copie ne sont pas opposés"

55 min
À retrouver dans l'émission

Notre trio critique s'attarde sur les deux expositions du centre Pompidou de Metz mettant à l'honneur le Japon et sur la proposition d'Elisabeth Ballet au MAC VAL : "Tout en un plus trois".

Takeshi Hosaka, Restaurant Hoto Fudo, Fujikawaguchiko, 2009 / "Lazy Days"
Takeshi Hosaka, Restaurant Hoto Fudo, Fujikawaguchiko, 2009 / "Lazy Days" Crédits : Takeshi Hosaka Architects / Nacasa & Partners Inc. / Koji Fujii - MAC VAL

Le Japon au centre Pompidou de Metz avec :

  • Japan-ness. Architecture et urbanisme au Japon depuis 1945 (du 9 septembre au 8 janvier 2018)
Yasuhiro Yamasita & Azusa Ishii (Atelier Tekuto), Monoclinic, Tokyo, 2012
Yasuhiro Yamasita & Azusa Ishii (Atelier Tekuto), Monoclinic, Tokyo, 2012 Crédits : Yasuhiro Yamasita / Azusa Ishii / SOBAJIMA Toshihiro

Si toutes les expositions d'architecture étaient comme ça, on en parlerait plus souvent. Elisabeth Franck-Dumas

Dans la culture japonaise, le rapport à l'original est totalement différent du rapport européen : l'original et la copie n'y sont pas opposées. 

L'architecture c'est de la lumière sculptée. Stéphane Corréard

  • Japanorama. Nouveau regard sur la création contemporaine (du 20 octobre au 5 mars 2018)
Tsunehisa KIMURA, Howling at the Pig, 1980 / Photo montage, 40,8 x 28,6 cm / Collection of Tokyo Photographic Art Museum
Tsunehisa KIMURA, Howling at the Pig, 1980 / Photo montage, 40,8 x 28,6 cm / Collection of Tokyo Photographic Art Museum Crédits : Fumiko Kimura

Certains artistes importants de la création japonaise ne sont pas assez représentés. 

Il y a une relation japonaise très particulière entre la pop-culture et l'underground. Stéphane Corréard

Toute l'exposition vise à abolir l'opposition entre la veine contemplative et le kawaï. 

Le projet de tirer le portrait de la création contemporaine japonaise est extrêmement audacieux. Anaël Pigeat

Présentation officielle : De septembre 2017 à mai 2018, trois expositions et une dizaine de concerts et spectacles, posent un nouveau regard sur le Japon, de l’histoire moderne de son architecture à ses expressions artistiques les plus contemporaines.

Tandis que la mondialisation lisse les frontières géographiques et culturelles, l’archipel nippon a conservé une écriture singulière, une identité artistique.

Une première manifestation intitulée Japan-ness. Architecture et urbanisme au Japon depuis 1945 explore sept décennies de culture architecturale, de 1945 à nos jours, au coeur du bâtiment emblématique de Shigeru Ban.
À travers le concept de Japan-ness (japonité) l’architecte Arata Isozaki a tenté de saisir les caractères proprement japonais qui relient les créations de ce pays. C’est cette singularité, tantôt ouverte et poreuse aux influences extérieures, tantôt recluse en elle-même, souvent frappée par l’Histoire et par la Nature (conflits, crises, séismes, catastrophe nucléaire...) et ainsi toujours contrainte de se redéfinir, que le Centre Pompidou-Metz met ici en lumière. Cette première exposition interroge : comment la ville japonaise, et son urbanisme tentaculaire depuis la reconstruction de l’Après-guerre, a-t-elle défini de nouveaux modes d’habiter ? Avec quels modèles et dans quel contexte social, politique, culturel, émergent ses plus importants architectes – Kenzo Tange, Tadao Ando, Toyo Ito, Kengo Kuma ?

Une seconde exposition, Japanorama. Nouveau regard sur la création contemporaine, porte un regard sur quatre décennies de création contemporaine et d’affirmation d’une culture visuelle (art, mode, photographie, manga...). Cette exploration révèle un Japon multiple, qui ne se limite pas au cliché de l’opposition entre minimalisme zen et déferlante Kawaï-Pop. L’art contemporain au Japon, c’est aussi une poétique de la résistance, un engagement militant, une réflexion commune avec la mode sur le rapport au corps et le post-humanisme, ou bien sur la place de l’individu dans la société, la notion de communauté, la relation à une tradition insulaire et le dialogue avec les cultures populaires et underground.

Une troisième exposition spectaculaire (20.01 > 14.05.18) est consacrée au collectif Dumb Type, pionnier des nouvelles technologies mises au service de l’art. Mêlant spectacle vivant et installation multimédia, Dumb Type dénonce une société superficielle saturée d’informations, noyée dans la consommation et soumise aux nouvelles technologies de l’information et de la communication.

Cette diversité s’exprime aussi avec les 10 Evenings, une riche programmation d’événements conviant quelques grandes figures de la scène japonaise (danse, musique, théâtre, performance...) tout au long de la saison, avec des spectacles parfois présentés en France pour la première fois.

Durant cette saison, c’est toute l’institution qui vit à l’heure japonaise proposant aussi des ateliers jeunes publics sur le Japon ou transformant la Capsule en Game Center !

Tout en un plus trois, d'Elisabeth Ballet (au MAC VAL du 21 octobre au 25 février 2018)

Fabrique II, 1999 (série Night Roofline) / Contreplaqué (115*188*151 cm)
Fabrique II, 1999 (série Night Roofline) / Contreplaqué (115*188*151 cm) Crédits : MAC VAL

On se promène sur ce plateau ouvert comme dans une maison de la mémoire. Anaël Pigeat

C'est une exposition qui affecte notre perception de l'espace. 

Je me suis parfois sentie comme une boule de flipper. Elisabeth Ballet n'est pas menaçante mais elle malmène gentiment le visiteur. Elisabeth Franck-Dumas

Je suis resté sur le seuil de cette maison témoin bâtie dans des matériaux industriels. Stéphane Corréard

Présentation officielle : Née en 1957 à Cherbourg, diplômée de l’ensba, pensionnaire de la Villa Médicis en 84-85, enseignante à l’Ensad, Élisabeth Ballet travaille, depuis le milieu des années 80, autour des formes et conditions d’apparition de la sculpture dans sa relation à l’espace. Le dispositif sculptural est, chez elle, exploré de fond en comble.

« Je m’intéresse à la combinaison de l’abstraction et du sujet pris dans le réel. À partir de ma perception de l’espace, je définis un programme qui règle mes envies et ma manière de travailler. J’engage mon travail sur les questions du déplacement dans l’espace, sur l’articulation du dehors et du dedans, des mots aux choses, du dessin vers la sculpture, du mur vers le centre, du plan vers le volume et plus généralement d’une œuvre vers l’autre. Les sculptures sont de la pensée en acte, elles sont totalement lisibles (surfaces transparentes, enregistrement de leur environnement) et tiennent le spectateur à distance, c’est-à-dire qu’elles obligent à une déambulation mentale. »

Les œuvres d’Élisabeth Ballet ne font pas mystère de leur construction. Elles se donnent à voir dans leur entièreté, sans secret. S’ancrant dans une expérience de l’espace, elles en modifient la perception et, par conséquent, en proposent une nouvelle lecture. Développant des oppositions binaires (intérieur/extérieur, vide/plein, opacité/transparence...), recourant à un vocabulaire formel architectural (escaliers, couloirs, barrières, corridors…) ou familier (hotte, passoire…), elles développent pleinement ce que Michel Gauthier a nommé la « théorie de l’enclos », désignant l’espace plus que ne l’occupant. Elles définissent des territoires impénétrables. Les œuvres et les corps sont engagés dans un vis-à-vis, un dialogue. _ Elles orientent les regards, invitent les corps au mouvement, au déplacement, à la projection mentale. Elles sont comme autant de « visualisations, de matérialisations des mécanismes de la pensée » (Catherine Millet, art press 228).
Les titres, les formes, les matériaux employés, les gestes mis en actes, se combinent les uns aux autres pour déployer un univers ou le sens est suspendu, sans résolution, ouvrant à l’envie, les multiples interprétations.

L’exposition au MAC VAL envisage le travail dans son actualité immédiate prise dans un regard rétrospectif. Les œuvres sont actualisées, remises en jeu, dans ce parcours imaginé pour la salle des expositions temporaires. Trois œuvres d’Élisabeth Ballet font également partie de la collection du musée.

Interludes musicaux

  • Japanese art, Jean Soullier
  • New 70’s Gallery, Gilles Cardoni
  • Raindrops, Lyonel Bauchet

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Intervenants
  • Critique d'art, directeur du salon Galeristes, participe à La Dispute sur France Culture, signataire de la Tribune “Non au «cadeau» de Jeff Koons” dans Libération
  • Editor-at-large du mensuel The Art Newspaper édition française, critique d’art et journaliste à Paris Match, productrice de documentaires sur France-Culture, ancienne critique à La Dispute sur France Culture
  • journaliste à Libération
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