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A gauche : Jean Fautrier. Photographie d’André Ostier © Les ayants droit d’André Ostier - A droite : Vues des expositions de Neïl Beloufa, Kader Attia et Jean-Jacques Lebel et George Henry Longly

Arts plastiques : "Je n’ai pas besoin d’artistes qui sont des commentateurs !"

55 min
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Ce soir La Dispute sera consacrée aux arts plastiques. Il sera question de l’exposition "Jean Fautrier - Matière et lumière" au Musée d'Art Moderne de la ville de Paris jusqu'au 20 mai et de la saison "Discorde, fille de la nuit" jusqu'au 13 mai au Palais de Tokyo.

A gauche : Jean Fautrier. Photographie d’André Ostier © Les ayants droit d’André Ostier - A droite : Vues des expositions de Neïl Beloufa, Kader Attia et Jean-Jacques Lebel et George Henry Longly
A gauche : Jean Fautrier. Photographie d’André Ostier © Les ayants droit d’André Ostier - A droite : Vues des expositions de Neïl Beloufa, Kader Attia et Jean-Jacques Lebel et George Henry Longly Crédits : Photo : Aurélien Mole et André Morin © ADAGP, Paris 2018

"Jean Fautrier - Matière et lumière" jusqu'au 20 mai au Musée d'Art Moderne de la ville de Paris

Jean FAUTRIER, L'encrier, 1948, Huile sur papier marouflé sur toile, 34 x 41 cm Don René de Montaigu en 1990 Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
Jean FAUTRIER, L'encrier, 1948, Huile sur papier marouflé sur toile, 34 x 41 cm Don René de Montaigu en 1990 Musée d’Art moderne de la Ville de Paris Crédits : Crédit photographique : Eric Emo/Parisienne de Photographie © Adagp, Paris, 2017

Présentation officielle : Peu exposé, cet artiste au parcours solitaire est aujourd’hui considéré comme le plus important précurseur de l’art informel en 1928, inventeur des hautes pâtes en 1940 et une figure majeure du renouvellement de l’art moderne après le cubisme.
L’exposition sera la reprise de la rétrospective Jean Fautrier qui a eu lieu cet été au Kunstmuseum de Winterthur (Suisse) complétée des œuvres du Musée d’Art moderne, de plusieurs musées français et de collections privées.

Jean Fautrier est tout particulièrement lié à l’histoire des collections et de la programmation du Musée d’Art moderne de la Ville de Paris. En effet, en 1964, le musée présente sa première rétrospective, réalisée en étroite collaboration avec l’artiste suite à son importante donation. En 1989, une seconde rétrospective apporta un nouveau regard sur l’ensemble d’une oeuvre riche, variée et particulièrement singulière.

Cette nouvelle exposition vient près de trente ans après la précédente. Elle est composée d’environ 200 œuvres - dont près de 160 tableaux, dessins et gravures, ainsi qu’un important ensemble de sculptures - issues de nombreuses collections publiques et privées, françaises et étrangères. L’exposition comprendra la quasi-totalité de la donation faite par l’artiste au musée, complétée au fil du temps par d’importants dons et achats. Le Musée d’Art moderne dispose aujourd’hui du plus important fonds Fautrier dans les collections muséales (plus de 60 oeuvres).

Cette exposition est co-organisée avec le Kunstmuseum Winterthur

Commissaire invité : Dieter Schwarz

C’est une découverte pour moi mais une révélation : c’est une peinture peu aimable, elle a tout pour me convenir ! C'est une peinture de la marginalité. Jean Fautrier recherche toujours l’irréductible. Cette exposition m’a fait beaucoup penser. Là où il n’y a plus de figure il y a de la matière. Corinne Rondeau

Fautrier est à la fois dans la robustesse d’un maçon et dans la délicatesse d’un fleuriste. Mais il n’y a pas ici de relecture contemporaine des œuvres… Je ne comprends pas l’intérêt de cette exposition. Stéphane Corréard

Certes il n’y a pas de relecture contemporaine mais pourquoi vouloir faire dire de nouvelles choses à une œuvre qui est là avec une telle force ? Arnaud Laporte

Jean FAUTRIER, La Promenade du dimanche au Tyrol (Tyroliennes en habit du dimanche),1921-1922 Huile sur toile, 81 x 100 cm Don de l'artiste en 1964 Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
Jean FAUTRIER, La Promenade du dimanche au Tyrol (Tyroliennes en habit du dimanche),1921-1922 Huile sur toile, 81 x 100 cm Don de l'artiste en 1964 Musée d’Art moderne de la Ville de Paris Crédits : Crédit photographique : Eric Emo/Parisienne de Photographie © Adagp, Paris, 2017
Jean FAUTRIER, Nu aux bras levés, 1927 Bronze, 44 cm Collection particulière
Jean FAUTRIER, Nu aux bras levés, 1927 Bronze, 44 cm Collection particulière Crédits : © Adagp, Paris, 2017
Jean FAUTRIER, La Juive, 1943, Huile sur papier marouflé sur toile, 73 x 115,5 cm Don de l'artiste en 1964 Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
Jean FAUTRIER, La Juive, 1943, Huile sur papier marouflé sur toile, 73 x 115,5 cm Don de l'artiste en 1964 Musée d’Art moderne de la Ville de Paris Crédits : Crédit photographique : Eric Emo/Parisienne de Photographie © Adagp, Paris, 2017

"Discorde, fille de la nuit" jusqu'au 13 mai au Palais de Tokyo

Vue de l’exposition de Neïl Beloufa, « L’ennemi de mon ennemi », Palais de Tokyo (16.02 –13.05.2018). Courtesy de l’artiste et Galerie Balice Hertling (Paris) Photo : Aurélien Mole © ADAGP, Paris 2018
Vue de l’exposition de Neïl Beloufa, « L’ennemi de mon ennemi », Palais de Tokyo (16.02 –13.05.2018). Courtesy de l’artiste et Galerie Balice Hertling (Paris) Photo : Aurélien Mole © ADAGP, Paris 2018
Vue de l’exposition de Neïl Beloufa, « L’ennemi de mon ennemi », Palais de Tokyo (16.02 –13.05.2018). Courtesy de l’artiste et Galerie Balice Hertling (Paris) Photo : Aurélien Mole © ADAGP, Paris 2018
Vue de l’exposition de Neïl Beloufa, « L’ennemi de mon ennemi », Palais de Tokyo (16.02 –13.05.2018). Courtesy de l’artiste et Galerie Balice Hertling (Paris) Photo : Aurélien Mole © ADAGP, Paris 2018

S’il fut un temps où les artistes proposaient des images que le pouvoir ne souhaitait pas voir, aujourd’hui il les suscite, les désire, les consomme, et paradoxalement représente sa liberté à travers elles. Comment, alors produire quelque chose d’inutilisable ?  Neïl Beloufa

Présentation du Palais de Tokyo : L’Ennemi de mon ennemi est un projet conçu par Neïl Beloufa à l’invitation du Palais de Tokyo, un dispositif scénographique représentant de façon chaotique et parcellaire la manière dont s’écrit l’Histoire et se légitiment les pouvoirs aujourd’hui.

S’inspirant de la communication officielle, des mémoriaux, des musées de guerre, de la propagande politique mais aussi de l’actualité, de la publicité ou des jeux vidéo, l’exposition met en scène l’interchangeabilité des stratégies et des discours. Ce faisant, elle joue sur une ambigüité permanente entre le bien et le mal, les gentils et les méchants, les postures et les impostures.

Le dispositif scénographique, spécialement conçu par l’artiste pour l’exposition, intègre des oeuvres, des documents, des images, des artefacts, des reproductions et des objets réels déplacés en permanence par des robots, selon un scénario de type algorithmique. Il propose ainsi une remise en cause permanente des associations, des perspectives et des significations.

Un commissariat de Guillaume Désanges, avec Marilou Thiébault et Noam Segal.

Le projet part du principe que tout n’est que propagande, mais cela va bien au-delà... Stéphane Corréard

Cette exposition est très inconfortable mais c’est bien qu’elle le soit. On est frustré de ne pas pouvoir tout lire et tout voir et cette sur-sollicitation reconstruit notre saturation cognitive. Florian Gaité

J’ai été perdu également, quelque chose se joue avec l’implication du spectateur, il y a beaucoup d’ambiguïté mais comme il y en a sur Internet. Ce projet mêle ironie, humour et sérieux. Corinne Rondeau

Vue de l’exposition Kader Attia et Jean-Jacques Lebel, “L’un et l’autre”, Palais de Tokyo - The culture of Fear: an invention of evil (2013) Installation, étagères en metal, livres, journaux
Vue de l’exposition Kader Attia et Jean-Jacques Lebel, “L’un et l’autre”, Palais de Tokyo - The culture of Fear: an invention of evil (2013) Installation, étagères en metal, livres, journaux Crédits : Courtesy de l’artiste & Galerie Nagel Draxler Photo: André Morin ©
Tapa ayant servi à l’impression du journal The Fidji Times à la fin du XIXème siècle aux îles Fidji. Matériel de recherches, Kader Attia Courtesy de l’artiste Photo: André Morin ©
Tapa ayant servi à l’impression du journal The Fidji Times à la fin du XIXème siècle aux îles Fidji. Matériel de recherches, Kader Attia Courtesy de l’artiste Photo: André Morin ©

Présentation de Kader Attia et Jean-Jacques Lebel : « L’Un et l’Autre est un laboratoire de recherche plutôt qu’une exposition. Il est né de l’échange de nos regards, d’une alliance doublée d’une profonde amitié entre nous. Nous y présentons certains de nos travaux liés aux enjeux majeurs de notre civilisation, principalement deux installations : la première consacrée à la fabrication dans et par les médias dominants de l’Autre absolu, comme une entité à craindre, violente et belliqueuse, le Satan, le Sauvage, le Terroriste – ; la seconde consacrée à la persistance transhistorique de l’humiliation, du viol et de la torture en tant que crimes de guerre impérialiste. En contrepoint de ces installations, nous présentons des objets énigmatiques et polysémiques que nous avons collectés ici où là, des objets chargés d’esprits invisibles à l’oeil nu, qui nous parlent à tous, nous transmettent des discours codés, et procèdent à des réparations et des détournements. 

À cet ensemble hétérogène de points du vue, d’œuvres visuelles et sonores, d’objets sans nom, de masques de visages et de ventres et de films, tous tissés les uns dans les autres, nous avons tenu à associer des plasticiens et cinéastes amis dont les démarches croisent les nôtres. Nous produisons ainsi ensemble un « agencement collectif d’énonciation » (Félix Guattari), un « montrage » sans fin qui démultiplie les regards, les horizons et les critères d’appréciation. Ce laboratoire transculturel n’en est qu’à ses débuts. »

Avec : Marwa Arsanios, Sammy Baloji, Alex Burke, Gonçalo Mabunda, Driss Ouadahi, PEROU – Pôle d’Exploration des Ressources Urbaines

Il y a une scénographie classieuse et ringarde … je ne comprends pas ce que fait cette exposition au Palais de Tokyo ! Leurs collections commencent à me fatiguer ! Corinne Rondeau

Comment peut-on faire cette exposition en même temps que celle de Neil Beloufa qui lui ne cesse de se mettre dans la position de « ce que je sais c’est que je ne sais rien » ? Ici c’est vraiment l’inverse ! Stéphane Corréard

Bien sur ce n’est pas la première fois qu’on voit ces collections, mais ce projet m’a intéressé. Florian Gaité

Un ensemble exceptionnel d’armures et d’attributs de daimyo, ces puissants gouverneurs qui régnaient au Japon entre le XIIe et le XIXe siècle, est réuni au Musée national des arts asiatiques – Guimet et au Palais de Tokyo dans le cadre d’un partenariat inédit.

Vue de l’exposition de George Henry Longly, « Daimyo, Le corps analogue  », Palais de Tokyo (16.02 –13.05.2018). Courtesy de l’artiste, Galerie Valentin (Paris) et Galerie Koppe Astner (Glasgow).
Vue de l’exposition de George Henry Longly, « Daimyo, Le corps analogue », Palais de Tokyo (16.02 –13.05.2018). Courtesy de l’artiste, Galerie Valentin (Paris) et Galerie Koppe Astner (Glasgow). Crédits : Photo : Aurélien Mole
Vue de l’exposition de George Henry Longly, « Daimyo, Le corps analogue  », Palais de Tokyo (16.02 –13.05.2018). Courtesy de l’artiste, Galerie Valentin (Paris) et Galerie Koppe Astner (Glasgow).
Vue de l’exposition de George Henry Longly, « Daimyo, Le corps analogue », Palais de Tokyo (16.02 –13.05.2018). Courtesy de l’artiste, Galerie Valentin (Paris) et Galerie Koppe Astner (Glasgow). Crédits : Photo : Aurélien Mole
Vue de l’exposition de Massinissa Selmani, « Ce qui coule n’a pas de fin », Palais de Tokyo (16.02 –13.05.2018). Courtesy de l’artiste et Galerie Anne-Sarah Bénichou, Paris. SAM Art Projects.
Vue de l’exposition de Massinissa Selmani, « Ce qui coule n’a pas de fin », Palais de Tokyo (16.02 –13.05.2018). Courtesy de l’artiste et Galerie Anne-Sarah Bénichou, Paris. SAM Art Projects. Crédits : Photo : Aurélien Mole © ADAGP, Paris 2018.
Vue de l’exposition de Marianne Mispelaëre, « On vit qu’il n’y avait plus rien à voir », Palais de Tokyo (16.02 – 13.05.2018). Courtesy de l’artiste. Photo : André Morin
Vue de l’exposition de Marianne Mispelaëre, « On vit qu’il n’y avait plus rien à voir », Palais de Tokyo (16.02 – 13.05.2018). Courtesy de l’artiste. Photo : André Morin
Vue de l’exposition d’Anita Molinero, « Bouche-moi ce trou », Palais de Tokyo (16.02 – 09.09.2018).Courtesy de l’artiste et Galerie Thomas Bernard - Cortex Athletico. Photo : André Morin
Vue de l’exposition d’Anita Molinero, « Bouche-moi ce trou », Palais de Tokyo (16.02 – 09.09.2018).Courtesy de l’artiste et Galerie Thomas Bernard - Cortex Athletico. Photo : André Morin
Vue de l’installation de Bertrand Dezoteux, « Under the Hummer », Palais de Tokyo (15 –22.02.2018). Courtesy de l’artiste. Photo : Aurélie Cenno
Vue de l’installation de Bertrand Dezoteux, « Under the Hummer », Palais de Tokyo (15 –22.02.2018). Courtesy de l’artiste. Photo : Aurélie Cenno
Vue de l’exposition de Daiga Grantina, « Toll », Palais de Tokyo (16.02 – 09.09.2018). Courtesy de l’artiste et Galerie Joseph Tang, Paris. Photo : André Morin
Vue de l’exposition de Daiga Grantina, « Toll », Palais de Tokyo (16.02 – 09.09.2018). Courtesy de l’artiste et Galerie Joseph Tang, Paris. Photo : André Morin
Vue de l’exposition de Nina Chanel Abney, « Hot to Trot. Not. », Palais de Tokyo, Lasco #9 (16.02 –09.09.2018). Courtesy de l’artiste. Photo : Aurélien Mole
Vue de l’exposition de Nina Chanel Abney, « Hot to Trot. Not. », Palais de Tokyo, Lasco #9 (16.02 –09.09.2018). Courtesy de l’artiste. Photo : Aurélien Mole

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Programmation musicale : 

Piano movies - Francis LOCKWOOD

Minimal Art - Lyonel BAUCHET

Sorrows of life - Pierre ARRACHART

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records)

Intervenants
  • Maître de conférences en esthétique et sciences de l’art à l’Université de Nîmes et critique d'art
  • Critique d'art, directeur du salon Galeristes, participe à La Dispute sur France Culture, signataire de la Tribune “Non au «cadeau» de Jeff Koons” dans Libération
  • Docteur en philosophie, enseignant à l'Université Paris 1

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