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de haut en bas : © JR-ART.NET, Félix Nadar, Paul Nadar enfant et deux membres de l’ambassade japonaise. © BnF, département des Estampes et de la photographie, ANDRÉ KERTÉSZ, Sur les quais, près de Saint-Michel. © Centre Pompidou © RMN-Grand Palais

Arts plastiques : JR - Momentum, "on voit le fond de commerce de JR"

56 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, une Dispute arts plastique avec "JR - Momentum, la mécanique de l'épreuve" à la Maison Européenne de la Photographie, "Photographie arme de classe" au Centre Pompidou et "Les Nadar, une légende photographique" à retrouver à la BnF. Sans oublier un coup de cœur pour Stéphanie Solinas.

de haut en bas : © JR-ART.NET, Félix Nadar, Paul Nadar enfant et deux membres de l’ambassade japonaise. © BnF, département des Estampes et de la photographie, ANDRÉ KERTÉSZ, Sur les quais, près de Saint-Michel. © Centre Pompidou © RMN-Grand Palais
de haut en bas : © JR-ART.NET, Félix Nadar, Paul Nadar enfant et deux membres de l’ambassade japonaise. © BnF, département des Estampes et de la photographie, ANDRÉ KERTÉSZ, Sur les quais, près de Saint-Michel. © Centre Pompidou © RMN-Grand Palais

"JR - Momentum, la mécanique de l'épreuve", jusqu'au 10 février à la Maison Européenne de la Photographie

JR, "Women Are Heroes", Elizabeth Kamanga, Le Havre, France, 2014 (© JR-ART.NET)
JR, "Women Are Heroes", Elizabeth Kamanga, Le Havre, France, 2014 (© JR-ART.NET)

Commissariat : Jean-Luc Monterosso et Dominique Bertinotti

Présentation officielle : « Momentum, la mécanique de l’épreuve » est la première grande exposition de JR au sein d’une institution française. Elle rassemble notamment les premières photographies de l’artiste, des collages de format monumental de ses plus grands projets, et plusieurs installations inédites.

Travaillant à la fois la photographie, le cinéma, le spectacle vivant et les arts visuels en général, JR mobilise des communautés, des quartiers et des villages entiers. Par des formats démesurément grands, il donne une voix aux anonymes.

L’exposition présente de nombreux projets et immerge le visiteur au sein même du processus créatif de JR, en revenant sur ses débuts lorsqu’il réalisait des graffitis, ainsi que sur ses premières photographies et ses premiers collages. Le parcours de l’exposition présente également des séries d’envergure : Portrait d’une génération (un projet d’affichage illégal de portraits réalisés avec un objectif 28 millimètres) ; Women are heroes(soulignant la dignité des femmes qui sont souvent les premières victimes lors de conflits ou de guerres) ; The Wrinkles of the City (dont les actions visent à révéler l’histoire et la mémoire d’un pays ou d’une ville en se focalisant sur les rides de ses habitants) ; Unframed (dans lequel JR s’approprie des images réalisées par d’autres photographes et qu’il recontextualise en leur donnant un sens nouveau)… (...)

L'avis des critiques :

On voit le fond de commerce de JR. Il est surtout connu pour sa transformation de négatifs de photos. La difficulté d’un centre d’art, c’est de retranscrire cette œuvre dans des murs assez étroits. Ce qui m’a le plus déçu c’est les œuvres conçues spécialement pour l’exposition, qui me paraissent extrêmement gadgets. Boris Atrux

J’en suis sortie assez frustrée. Je n’ai pas ressenti ici la force et la profondeur de son travail. Comment rendre l’essence même d’une performance quand l’artiste n’est pas là ? Ce sont vraiment les photos toutes simples qui finalement arrivent à donner plus ou moins la mesure de ce qu’il fait, de l’inscription de cette œuvre dans l’art urbain. Yasmine Youssi

Heureusement qu'il y a des gadgets, au moins ça nous amuse et ça cache les faiblesses conceptuelles du projet. Dans ce passage de l’art clandestin et vandale à quelque chose de beaucoup plus exposé, il faut affiner ses techniques. Il se trouve presque dans une imposture. Il fait une photographie qui vient fixer ce qui normalement ne devrait pas être vu en dehors du lieu où c'est exposé. Florian Gaité

"Photographie arme de classe", jusqu'au 4 février au Centre Pompidou

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Commissariat : Mnam/Cci, Damarice Amao, Florian Ebner

Présentation officielle : « Photographie, arme de classe », c’est ainsi que le journaliste Henri Tracol (1909-1997) ouvre son texte manifeste destiné à fédérer la section photographique de l’association des écrivains et artistes révolutionnaires (AEAR). L’association fondée en 1932 à Paris, dans un contexte de montées des crispations politiques, économiques et sociales, rassemble à côté d’autres branches du front artistique et culturel (théâtre, chants, cinéma, littérature, peinture, etc.), les photographes parmi les plus engagés de l’avant-garde parisienne : Jacques-André Boiffard, Henri Cartier-Bresson, Chim, André Kertész, Germaine Krull, Eli Lotar, Willy Ronis, René Zuber, et bien d’autres encore. Aux côtés d’amateurs ou d’ouvriers qu’ils accompagnent dans leur pratique de la photographie, ces derniers ont expérimenté un langage à la croisée du discours critique, du geste militant et de l’esthétique du documentaire. Ils se sont appuyés sur les exemples soviétique et allemand tout en poursuivant une voie propre au contexte social et politique français. 

Organisée à partir de la collection des photographies du Musée national d’art moderne, cette exposition est le fruit d’une intense collaboration scientifique de près de trois ans associant de jeunes chercheurs du Labex Arts-H2H et le Cabinet de la photographie du Musée. Les recherches visant à identifier et à contextualiser les photographies sociales de la collection Christian Bouqueret acquises en 2011 (sept mille tirages environ) viennent combler un manque dans l’histoire de la photographie de l’entre-deux-guerres en France.
Le projet met ici de côté le répertoire du Front populaire et les icônes de la guerre d’Espagne qui résument encore aujourd’hui largement l’idée d’engagement pour l’époque. La période qui précède ces deux moments majeurs de la décennie est un véritable laboratoire du regard social et engagé, dont il reste à écrire l’histoire.

Articulée autour d’axes thématiques et de séries formelles, au travers d’une sélection d’une trentaine de documents inédits et d’une centaine d’œuvres où se côtoient les grands noms de la photographie moderne, l’exposition interroge le passage d’une iconographie pittoresque de la pauvreté vers une conscience sociale : du Paris d’Eugène Atget au regard aiguisé de l’auteur russe Ilya Ehrenbourg, témoin aussi subjugué qu’atterré par le tableau de misère qu’offre la capitale en ce début des années 1930. Les pratiques spécifiques, tel le photomontage, font l’objet d’un éclairage particulier avec l’architecte et militante Charlotte Perriand qui a saisi le potentiel de « déflagration » du montage photographique. Enfin, les thématiques iconographiques récurrentes, de l’image de l’ouvrier à la représentation du collectif en lutte sans oublier les stratégies de la presse illustrée de gauche (Regards, Vu), permettent de compléter une image encore lacunaire de la photographie documentaire et sociale de l’entre-deux-guerres tout en s’appuyant sur des découvertes récentes.

 WIDE WORLD PHOTOS NEW YORK TIMES - ARCHIVES CHARLOTTE PERRIAND. "Entraînement", milieu des années 1930, Tirage gélatino-argentique. (Collection privée © Adagp, Paris 2018)
WIDE WORLD PHOTOS NEW YORK TIMES - ARCHIVES CHARLOTTE PERRIAND. "Entraînement", milieu des années 1930, Tirage gélatino-argentique. (Collection privée © Adagp, Paris 2018)

L'avis des critiques :

C’est une exposition qui mériterait dix fois la surface qu’elle a. Il aurait peut-être fallu faire un choix radical dans ce qui est montré pour échapper à l’exhaustivité. Je pense qu’il aurait fallu axer cette exposition sur la tension entre les photographes ouvriers et les photographes déjà professionnels. Cela aurait été assez passionnant. Boris Atrux

On a un commissaire qui se fait plaisir sans penser une seule seconde au public. On se retrouve avec un ensemble non seulement saturé, mais aussi incompréhensible. Il faut s’allonger par terre pour voir certaines photos. On ne peut pas se passer de légendes pour de la photographie documentaire, c’est un non-sens. Yasmine Youssi

On a toute une pléiades de photographies, or ces photographes sont issus de la bourgeoisie. Cela n’enlève rien à leur engagement, mais ils paraissent déconnectés du projet initial. Il y a presque une petite complaisance à montrer la pauvreté toujours à la dérobée. L’exposition n’est pas à l’image du grand travail de recherches qui a eu lieu en amont, alors que le catalogue est beaucoup plus riche. Florian Gaité

"Les Nadar, une légende photographique", jusqu'au 3 février à la BnF (François-Mitterrand  | Galerie 2)

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Commissariat : Sylvie Aubenas et Anne Lacoste

Présentation officielle : La Bibliothèque nationale de France propose la première grande exposition consacrée aux trois Nadar. Félix Nadar (1820-1910), son frère Adrien Tournachon (1825-1903) et son fils Paul Nadar (1856-1939) furent tout à la fois photographes, peintres, dessinateurs et inventeurs... Quelque 300 pièces témoignent des spécificités de chacun des trois photographes, de leurs collaborations comme de leurs rivalités, dans un parcours qui embrasse l’histoire de l’atelier des Nadar pendant près d’un siècle. À travers des épreuves photographiques originales, des dessins, des estampes, des peintures et des objets, l’exposition invite à découvrir l’héritage de l’un des ateliers les plus importants et les plus durables des débuts de la photographie. L’exposition, organisée de manière thématique, se décline en trois parties représentatives des caractéristiques de l’entreprise des Nadar : « Les Nadar par les Nadar », « Art et industrie du portrait » et « Art et science ». Cette dernière partie de l’exposition établit les liens des Nadar avec l’actualité de leur temps et la manière dont leur œuvre photographique s’est très souvent associée à des découvertes scientifiques et techniques.

Paul Nadar, Stéphane Mallarmé, 1897 (© BnF, département des Estampes et de la photographie)
Paul Nadar, Stéphane Mallarmé, 1897 (© BnF, département des Estampes et de la photographie)

L'avis des critiques :

C’est une exposition qui est remarquablement troussée. J’aurais bien aimé voir les mêmes portraits côte à côte. La BnF a pris le parti de représenter chacun séparément et on voit bien leurs styles. On voit remarquablement leurs personnalités et pour moi Félix est vraiment le génie. Yasmine Youssi

C’est une exposition vraiment remarquable qui arrive bien à retracer les similitudes et les différences. J’ai été extrêmement passionné par la carrière photographique d’Adrien et ses portraits. J’ai été très surpris par la deuxième partie de l’exposition qui revient beaucoup sur les rapports entre art et travail. Les Nadar accompagnent clairement la modernité. Boris Atrux

La BnF ne fait pas dans l’économie, mais j’ai trouvé cette exposition-là assez réparatrice. C’est une exposition qui cherche vraiment à corriger une version erronée du mythe Nadar. Félix Nadar est l’un des premiers à anticiper le drone. Il prend des photographies à bord d’un ballon à Paris. Florian Gaité

>> LE COUP DE CŒUR DE FLORIAN GAITE : "Stéphanie Solinas - Haunted, Lost and Wanted", jusqu'au 11 janvier à la galerie Gradiva

Commissariat : Fanny Lambert et Valérie Fougeirol

Présentation officielle : Attraper la peau du spectre à la fois désiré et perdu ; celui que l’on croit voir, que l’on voudrait voir tout au moins mais qui échappe à la raison et au tangible. Voilà ce à quoi nous invite l’œuvre de l’artiste Stéphanie Solinas. Embarquer pour une expédition au delà des croyances et se demander où nous sommes ? Ou plutôt où en sommes-nous ? Telle une gigantesque enquête dont la forme s’apparenterait à un jeu de piste à l’échelle du globe. En vaste territoire, cette quête au creux de la démarche de l’artiste distille indices et énigmes sur son chemin. Chaque « projet » ou « ensemble » intitulé Déserteurs, Le Pourquoi Pas ? et plus récemment L’Inexpliqué est comme une balise qui contiendrait de multiples tiroirs, nous faisant progresser tantôt vers un point cardinal, tantôt vers un autre — de l’Islande aux Headlands de Californie, en passant par Rome et la Villa Médicis où elle a été pensionnaire cette année. De ces contrées ataviques, suivant les signes un à un, elle rapporte enregistrements, rites et légendes. Des miracles et des fantasmes provenant d’obédiences et de dieux divers, et qui, une fois les protocoles actionnés, se mêlant les uns aux autres, finissent par se mouvoir en intrigues.

L’œil alerte et écarquillé, le doigt tendu (Montrer, regarder, voir, 2014–2017), comme ces gestes de l’attention (Adtentio) à l’origine latine que Stéphanie Solinas reprend et redistribue à travers L’Inexpliqué sur des médailles — deviennent incitation à interroger ces croyances dans leur diversité, sans jamais en livrer une vision close. Une façon de pousser l’acuité et de tordre le cou aux évidences et aux préceptes. Pouvons-nous réellement nous fier à ce que nous voyons ? semble dire en sous-titre chacune de ses pistes. (...) Fanny Lambert, Co-commissaire de l’exposition

Elle renoue avec l’idée de l’image fantôme qui est une vraie tradition en photographie, notamment avec ces tombes du Père Lachaise. Il s’agit de promouvoir une forme d’indécision entre la raison et la croyance à partir de ce medium photographique. En tant que spectateur, c’est à nous de décider si on se met à l’index de ces fantômes de l’imaginaire, ou si on en fait des garde-fous de la raison. Florian Gaité

Vos commentaires :

Avant et pendant l'émission, réagissez et donnez votre avis sur le compte Twitter et la page Facebook de la Dispute.

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

Extraits sonores :

  • Pharrell Williams, "Despicable me" (Universal Records)
  • Ray Ventura & ses collégiens, "La grève de l’orchestre" (Pathé)
  • Une chanson enregistrée en plein Front Populaire, juste après les premiers congés payés
  • Offenbach, "La Vie Parisienne - Ouverture" (Sony Classical)
Intervenants

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