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En haut  : Van Gogh (© Photo : SIK-ISEA, Zurich (J.-P. Kuhn). En bas :  Isidore Isou (© Centre Pompidou / Dit. RMN-GP) et Van Gogh (© SIK-ISEA, Zurich (J.-P. Kuhn)). A droite: Houseago  (© ADAGP)

Arts plastiques : Isidore Isou, "il annonce une inflexion majeure de l’histoire de l’art"

54 min
À retrouver dans l'émission

Au sommaire de cette Dispute, trois expositions : "La Collection Emil Bührle" au musée Maillol , "Thomas Houseago : Almost human" au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, "Isidore Isou" au Centre Pompidou. Enfin, un coup de cœur de Corinne Rondeau pour "Fragments from an Unfinished Novel".

En haut  : Van Gogh (© Photo : SIK-ISEA, Zurich (J.-P. Kuhn). En bas :  Isidore Isou (© Centre Pompidou / Dit. RMN-GP) et Van Gogh (© SIK-ISEA, Zurich (J.-P. Kuhn)). A droite: Houseago  (© ADAGP)
En haut : Van Gogh (© Photo : SIK-ISEA, Zurich (J.-P. Kuhn). En bas : Isidore Isou (© Centre Pompidou / Dit. RMN-GP) et Van Gogh (© SIK-ISEA, Zurich (J.-P. Kuhn)). A droite: Houseago (© ADAGP)

"La Collection Emil Bührle" jusqu'au 21 juillet au musée Maillol

Commissaire d'exposition : Lukas Gloor

Présentation officielle : Au printemps 2019, le musée Maillol accueille les chefs-d’oeuvre de la Collection Emil Bührle, l'une des collections particulières les plus prestigieuses au monde. Présenté pour la première fois en France, cet ensemble, réuni entre 1936 et 1956 à Zurich, propose un panorama de l’art français du XIXe et du début du XXe siècle.

Né en Allemagne, Emil Georg Bührle (1890-1956) s’établit en Suisse en 1924 et rassemble, surtout entre 1951 et 1956, plus de 600 oeuvres d’art. Pour la première fois à Paris, une partie de ces chefs-d’oeuvre est présentée et réunie au sein d’une même exposition.

Dévoilant une soixantaine de trésors de la Collection Emil Bührle, l’exposition parcourt plusieurs courants de l’art moderne : les grands noms de l’impressionnisme (Manet, Monet, Pissarro, Degas, Renoir, Sisley) et du postimpressionnisme (Cézanne, Gauguin, Van Gogh, Toulouse-Lautrec), les débuts du XXe siècle avec les Nabis (Bonnard, Vuillard), les Fauves et les Cubistes (Braque, Derain, Vlaminck), et l’École de Paris (Modigliani), pour finir avec Picasso.

L'avis des critiques : 

Cette exposition est un camouflé de l’histoire. La question de la vérité en art n’est pas assez traitée. La collection d'Emil Bührle en terme de personnalité est de la thésaurisation. Il y a des oeuvres merveilleuses mais il a cherché à être au centre de l’art moderne. Corinne Rondeau 

Il y a de très belles oeuvres mais un accrochage qui ne semble pas très audacieux. On peut regretter que les mises en relation entre peintres modernes et anciens ne soient pas davantage exploitées alors que c’était au coeur de la collection Bührle. Même si nous sommes ravis de voir ces oeuvres d’art, je trouve cela malgré tout un petit peu ennuyeux. Sarah Ihler-Meyer

Il y a beaucoup de chefs-d’oeuvres qui dressent un portrait contrasté du collectionneur. Il a une vision extrêmement ordonnée de l’histoire de l’art et de ses ramifications. Je regrette que l’exposition ne soit pas allée plus loin dans cette logique monographique qui aurait peut-être ouvert sur un regard un peu plus singulier sur la collection. Stéphane Corréard 

"Thomas Houseago : Almost human" jusqu'au 14 juillet au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris

Commissariat d'exposition : Olivia Gaultier-Jeanroy

Présentation officielle : Figure majeure de la scène artistique internationale, Thomas Houseago est un sculpteur et peintre né à Leeds (Royaume-Uni) en 1972. Il vit et travaille à Los Angeles depuis 2003, et son œuvre est présente dans de nombreuses collections publiques et privées.

Utilisant des matériaux comme le bois, le plâtre, le fer ou le bronze, il s’inscrit dans la lignée de sculpteurs qui, de Henry Moore à Georg Baselitz et Bruce Nauman, se concentrent sur une représentation de la figure humaine dans l’espace.

Almost Human retrace les différentes évolutions du travail de l’artiste, de ses œuvres des années 1990 jusqu’à ses dernières réalisations. Le parcours, principalement chronologique, s’articule autour de quatre salles, qui croisent à la fois les grandes étapes géographiques de la vie de l’artiste, mais aussi son rapport intrinsèque aux matériaux. Une imposante œuvre en bronze, intitulée Striding Figure II (Ghost), est également installée dans le bassin de l'esplanade du musée.

L'avis des critiques : 

L’art de Thomas Houseago est réactionnaire car c’est la conservation de la reproduction. C’est une posture d’imposture. Corinne Rondeau 

Ses oeuvres se contentent de faire la synthèse sur un registre monumental de conventions et de formules éculées. Cette impression de force et de fragilité, cette mise en tension qui exprimerait une condition humaine instable, est intelligente. Elle peut produire un effet mais au fil de l’exposition, cela perd de son impact et devient une forme quasiment toute faite et rhétorique. Sarah Ihler-Meyer 

Le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris est en train de devenir une lessiveuse pour le marché spéculatif. L’exposition est justifiée dans le catalogue par le fait que l’artiste fasse des records en ventes aux enchères. Tous les cartels et le catalogue ne parlent que des galeries très puissantes. C’est du monumental taraudé par des grandes questions existentielles dans le pas de ses prédécesseurs. Stéphane Corréard

"Isidore Isou" jusqu'au 20 mai au Centre Pompidou

Isidore Isou, Réseau centré M67, 1961, Huile sur toile, 73 x 60 cm, Achat en 2009 Collection Centre Pompidou, Paris, Musée national d’art moderne - Centre de création industrielle © Adagp, Paris
Isidore Isou, Réseau centré M67, 1961, Huile sur toile, 73 x 60 cm, Achat en 2009 Collection Centre Pompidou, Paris, Musée national d’art moderne - Centre de création industrielle © Adagp, Paris

Commissaire d'exposition : Mnam/Cci, N. Liucci Goutnikov

Présentation officielle : Isou s’entoure tout au long de sa vie de compagnons de route aux côtés desquels il mettra à l’épreuve ses idées et produira une œuvre plastique conséquente. Certains, comme Maurice Lemaître, resteront longtemps proches de lui et joueront un rôle déterminant dans les réalisations du lettrisme. D’autres passeront de façon plus fulgurante à travers le mouvement, en en tirant de précieux enseignements, à l’instar de Guy Debord. 

Car les concepts inventés par Isou sont nombreux et souvent précurseurs : il annonce indubitablement par son œuvre et sa pensée certaines grandes inflexions de l’histoire de l’art. L’« hypergraphie », la « méca-esthétique », l’« art infinitésimal » ou le « cadre supertemporel » correspondent ainsi à des pratiques essentielles dans l’art de la seconde moitié du 20e siècle. La prescience d’Isou se manifeste également dans d’autres domaines : la place cruciale qu’il accorde à la jeunesse dans sa théorie politique trouvera un écho certain dans la pensée situationniste comme dans les revendications de mai 1968. 

Construite autour des archives récemment acquises par le Centre Pompidou, l’exposition tente de rendre compte de la richesse de cette œuvre résolument hors norme.

L'avis des critiques : 

Retrouver la vitalité d’un outsider est toujours très agréable. C’est quelqu’un qui a une intensité de jeunesse quel que soit son âge. C’est une personnalité, une singularité. Je n’ai vu que des coups d’éclair dans sa tête. Corinne Rondeau

Le projet de l’exposition est de réévaluer l’importance d’Isidore Isou dans l’histoire de l’art. C’est plutôt réussi. Plus que d’annoncer des pratiques contemporaines, il annonce une inflexion majeure de l’histoire de l’art,  qui est celle de l’art contemporain consistant à s’affranchir d’une certaine logique moderniste. Sarah Ihler-Meyer 

L’exposition est un peu anesthésiée et n’est pas dans la vitalité d’Isidore Isou. Bien qu’il y ait de grandes réussites formelles, il n’est pas assez mis en avant dans sa dimension novatrice. Il faut absolument y aller mais accompagner la visite de lecture, ce que l’exposition ne fait pas assez. Stéphane Corréard 

>> LE COUP DE CŒUR DE CORINNE RONDEAU : "Fragments from an Unfinished Novel" de René Daniëls jusqu'au 05/05 au MAMCO Genève

"Fragments from an Unfinished Novel" de René Daniëls (© MAMCO Genève)
"Fragments from an Unfinished Novel" de René Daniëls (© MAMCO Genève)

Présentation officielle : René Daniëls occupe une place majeure dans l’histoire de l’art de la seconde moitié du 20e siècle, malgré l’interruption brutale de sa carrière en 1987 suite à un AVC. Il émerge à la fin des années 1970, au moment où la peinture figurative et expressive redevient populaire, et développe rapidement un langage personnel qui lui vaudra une reconnaissance tout aussi rapide.

Inspirée par le titre d’un des rares textes de la main de Daniëls, l’exposition Fragments from an Unfinished Novel [Extraits d’un roman inachevé] rassemble des toiles historiques et plusieurs œuvres inédites, ainsi qu’une vaste sélection de dessins. Elle explore le phénomène du déjà-vu, la relation entre perception et mémoire, qui est au cœur de sa pratique et retrace le développement du langage visuel de Daniëls. 

C’est un travail formidable, étonnant, détonnant. Il y a un jeu autoréférentiel dans l’art et aussi un jeu autoreflexif de sa propre oeuvre. C’est extrêmement stimulant. Corinne Rondeau 

Extraits sonores : 

  • "Esperides", album Kourouma, 2013, Angele David-Guillou
  • "Jubi", Balmorhea 
  • "Beans", David Holland & Barre Phillips

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

Intervenants
  • Maître de conférences en esthétique et sciences de l’art à l’Université de Nîmes et critique d'art
  • Critique d'art, directeur du salon Galeristes, participe à La Dispute sur France Culture, signataire de la Tribune “Non au «cadeau» de Jeff Koons” dans Libération
  • Critique d'art et commissaire d'exposition indépendante
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