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A gauche : James Tissot, Le Journal, vers 1883. Pastel ; en haut à droite : Picasso ; en bas : Théo Mercier

Arts plastiques : "C'est la création d'un monde sans début ni fin"

55 min
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Ce soir, trois expositions parisiennes : "L'art du pastel" au Petit Palais, Théo Mercier au musée de l'Homme et Picasso au musée Picasso.

A gauche : James Tissot, Le Journal, vers 1883. Pastel ; en haut à droite : Picasso ; en bas : Théo Mercier
A gauche : James Tissot, Le Journal, vers 1883. Pastel ; en haut à droite : Picasso ; en bas : Théo Mercier Crédits : Petit Palais / Roger-Viollet / Creative Commons / Assaf Shoshan

L'art du pastel de Degas à Redon, au Petit Palais du 15 septembre au 8 avril 2018

Présentation officielle : Parmi une collection riche de plus de 200 pastels, le Petit Palais présente pour la première fois une sélection de près de 150 d’entre eux offrant un panorama exhaustif des principaux courants artistiques de la seconde moitié du XIXe siècle, de l’Impressionnisme au Symbolisme.

L’exposition permet de découvrir les fleurons de la collection avec des œuvres de Berthe Morisot, Auguste Renoir, Paul Gauguin, Mary Cassatt et Edgar Degas, des artistes symbolistes comme Lucien Lévy-Dhurmer, Charles Léandre, Alphonse Osbert, Émile-René Ménard et un ensemble particulièrement remarquable d’œuvres d’Odilon Redon, mais aussi l’art plus mondain d’un James Tissot, de Jacques-Émile Blanche, de Victor Prouvé ou Pierre Carrier-Belleuse.

La technique du pastel infiniment séduisante par sa matière et ses couleurs, permet une grande rapidité d’exécution et traduit une grande variété stylistique. De la simple esquisse colorée aux grandes œuvres très achevées, le pastel est à la croisée du dessin et de la peinture. La grande majorité des pièces exposées datées entre 1850 et 1914 illustrent le renouveau du pastel durant la seconde moitié XIXe siècle.

L’exposition sera également l’occasion d’initier les visiteurs à la technique du pastel et à la question de la conservation des œuvres sur papier, particulièrement sensibles aux effets de la lumière et qui ne peuvent donc être exposées de façon permanente.

Le pastel a une dimension tactile, veloutée, mais l'étroitesse du lieu empêche d'en profiter pleinement. Corinne Rondeau 

Le pastel est un art de l'éphémère, qui permet de tirer des portraits sur le vif. Stéphane Corréard

Le pastel s'est révélé à mes yeux porteurs de potentialités artistiques fortes, d'une sophistication inattendue. Florian Gaité

Pièces rapportées, de Théo Mercier au musée de l'Homme du 5 octobre au 2 avril 2018

Présentation officielle : Plasticien et metteur en scène, Théo Mercier mène une réflexion située au carrefour de l’anthropologie, de l’ethnographie, de la géopolitique et du tourisme. Ses oeuvres résultent d’un travail d’anthropomorphisation des objets, de trouvailles, d’assemblages, de superpositions, de collages ou de greffes. Sa démarche de créateur mais aussi de collectionneur suscite des échanges foisonnants entre passé, présent et futur, animé et inanimé, vrai et faux, artisanal et industriel, profane et sacré, réel et fiction… En brouillant de la sorte leurs origines et leurs usages, il donne forme à un exotisme particulier qui défie les notions d’identité culturelle, de territoire géographique et d’échelle de temps.

Au musée, l’artiste s’insère dans les vitrines ou leur fait face. Ses pièces métissées, polymorphes, plurivoques ou ambigües dialoguent tour à tour avec les collections de préhistoire, d’anthropologie et d’ethnologie exposées. Les photographies, sculptures et installations présentées font ainsi écho aux objets de la Galerie de l’Homme, dessinant un jeu de miroir, entre anthropologie réelle et imaginaire.

Le discours critique  est formulé de manière ludique : c'est davantage la création d'un monde sans début ni fin qu'une archéologie du contemporain. Florian Gaité

On a trop vu chez lui ce personnage amusant : il acquiert une densité, une profondeur que cette proposition permet de révéler. Stéphane Corréard

L'artiste pose des questions intelligentes sans cynisme. Arnaud Laporte

Vue de l'exposition
Vue de l'exposition

Picasso 1932 : année érotique, au musée Picasso du 10 octobre au 11 février 2018

Présentation officielle : « Picasso 1932. Année érotique » est la première exposition dédiée à une année de création entière chez Picasso, allant du 1er janvier au 31 décembre d’une même année. L’exposition présentera des chefs-d’œuvre essentiels dans la carrière de Picasso comme Le Rêve (huile sur toile, collection particulière) et de nombreux documents d’archives replaçant les créations de cette année dans leur contexte.

Cet événement, organisé en partenariat avec la Tate Modern de Londres, fait le pari d’inviter le visiteur à suivre au quotidien, dans un parcours rigoureusement chronologique, la production d’une année particulièrement riche. Il questionnera la célèbre formule de l’artiste selon laquelle « l’œuvre que l’on fait est une façon de tenir son journal », qui sous-entend l’idée d’une coïncidence entre vie et création. Parmi les jalons de cette année exceptionnelle se trouvent les séries des baigneuses et les portraits et compositions colorées autour de la figure de Marie-Thérèse Walter, posant la question du rapport au surréalisme.

En parallèle de ces œuvres sensuelles et érotiques, l’artiste revient au thème de la Crucifixion, tandis que Brassaï réalise en décembre un reportage photographique dans son atelier de Boisgeloup. 1932 voit également la « muséification » de l’œuvre de Picasso à travers l’organisation des rétrospectives à la galerie Georges Petit à Paris et au Kunsthaus de Zurich qui exposent, pour la première fois depuis 1911, le peintre espagnol au public et aux critiques. L’année est enfin marquée par la parution du premier volume du Catalogue raisonné de l’œuvre de Pablo Picasso, publié par Christian Zervos, qui place l’auteur des Demoiselles d’Avignon dans une exploration de son propre travail.

1932 est l'année de l’irruption du désir car surgit dans ses tableaux une maîtresse cachée auparavant. Florian Gaité

Le désir est féroce, certaines œuvres sont d'une violence terrible. Corinne Rondeau

Affiche de l'exposition.
Affiche de l'exposition. Crédits : musée Picasso

Interludes musicaux

  • Floral show,  Lyonel Bauchet
  • Creeping along, Arnaud Rozenblat
  • Urbanity,  Dominique Guiot

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Intervenants
  • Maître de conférences en esthétique et sciences de l’art à l’Université de Nîmes et critique d'art
  • Critique d'art, directeur du salon Galeristes, participe à La Dispute sur France Culture, signataire de la Tribune “Non au «cadeau» de Jeff Koons” dans Libération
  • Docteur en philosophie, enseignant à l'Université Paris 1
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