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Arts plastiques : Laure Albin Guillot (1879-1962), l'enjeu classique et Alina Szapocznikow, dessins

59 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, Les arts plastiques sont au cœur de la Dispute avec les critiques suivants :

  • Frédéric Bonnet (Le Journal des Arts)

  • Jean-Max Colard (Les Inrocks)

  • Richard Leydier (ArtPress)

Seront abordées les expositions suivantes :

Estampe pour F. Marquis chocolatier-confiseur, Paris, sans date
Estampe pour F. Marquis chocolatier-confiseur, Paris, sans date Crédits : Laure Albin Guillot

*Laure Albin Guillot, née en 1879, Laure Meifredy, de son nom de jeune fille, épousera en 1897 Albin Louis Célestin Guillot.Tous deux sont issus de la bourgeoisie parisienne et jouent très bien du piano. Elle, se destinait à une carrière de pianiste et de concertiste, lui, à une carrière de médecin. Elle fera de la photo, et lui sera compositeur. Si je parle de Monsieur Guillot, c’est qu’il a toute son importance dans le travail de sa femme, car c’est lorsque son état de santé se dégrade que Laure Albin Guillot doit davantage travailler, non plus seulement par passion mais aussi par nécessité. L’argent sera d’ailleurs toujours un problème pour elle.Elle collabore au début de sa carrière à de nombreux magazines de mode « Vogue », « Femina », « L’officiel de la Couture et de la mode » …. Et se fait vite remarquée pour ses talents de portraitiste. Colette, Jean Cocteau, Lucienne Boyer, Louis Jouvet ou Paul Valéry se font tirer le portrait par Laure Albin Guillot. Elle illustrera bien plus tard un ouvrage de Valéry, « Narcisse »En parallèle, elle travaille pour de nombreuses revues professionnelles éditées par l’industrie pharmaceutique « La revue du médecin », « Art et médecine »…On ne saurait dire aujourd’hui ce qui tient à la circonstance et ce qui tient à son désir, mais très vite son travail s’inscrit dans le décloisonnement entre les disciplines, comme on va le constater en 1931 avec son livre « Micrographie décorative ».Entretemps, son mari est mort, en 1929, et il ne connaitra pas la très grande vague de succès que va alors connaitre sa veuve, avec ces microphotographies décoratives, donc, qui utilisent le microscope pour réaliser des images en effet décoratives, kaléidoscopiques, colorées, qui font fureur auprès du public et des collectionneurs.Laure Albin Guillot devient dans les années 30 une figure incontournable du monde artistique. Elle expose dans de nombreux salons et galeries, fait partie de différents jurys. En 1932, elle est nommée chef du service photographique des Beaux-Arts. En 1933, elle écrit et publie "Photographie publicitaire", ouvrage définissant le rôle de la photographie dans la publicité moderne.En 1936, elle fait partie du Comité de l’Exposition internationale de photographie contemporaine au musée des Arts décoratifs et en 1937, elle met en place le projet « Des Femmes artistes » et prend la direction de la Cinémathèque Nationale, certes éphémère concurrente de la Cinémathèque Française nouvellement créée par Langlois et Franju. La période de l’Occupation ne l’empêche pas d’exposer très régulièrement, et même de faire partie de l’ouvrage «Destins de l’intelligence française » (1942) commandé par le régime de Vichy. Pour autant, je n’ai pas trouvé trace de procès en épuration ou quoi que ce soit de cet ordre la concernant.A la retraite à partir de 1956, elle part s’installer à la maison des artistes de Nogent Sur Marne. Elle mourra en 1962.*

Arnaud Laporte

Alina Szapocznikow est une figure très particulière de l'histoire de l'art récente, puisque cette artiste d’origine polonaise, morte en 1973, est presque immédiatement tombée dans l’oubli, malgré l’exposition-hommage que lui consacra Suzanne Pagé à sa mort. Hors de son pays, qui l’a toujours célébré, son nom et ses oeuvres n’apparaissaient presque plus.En quelques années, en ce début de XXIème siècle, une véritable redécouverte a eu lieu, qui a notamment donné lieu à une rétrospective tout d’abord présentée au Wiels, à Bruxelles, puis dernièrement au MOMA, à New-York, avant d’autres étapes nord-américaines.Cruel parcours que celui d’Alina Szapocznikow, rescapée des camps de la mort, artiste officielle en Pologne communiste, avant de prendre le chemin de l’ouest et de Malakoff en 1963.Cette artiste qui travaillait déjà beaucoup sur les souffrances du corps se voit diagnostiquer un cancer du sein en 1968.Elle intègre sa maladie à sa création, mais elle meurt en 1973.L’exposition présentée dans la galerie d’art graphique, au niveau 4 du Centre Pompidou, présente une centaine de dessins, et un ensemble de neuf sculptures. Elle se concentre surtout sur la dernière partie de l’œuvre d’Alina Saposcnikov, depuis sa participation à la Biennale de Paris, sa rencontre avec Pierre Restany, jusqu’aux années de maladie, qui marquent peut-être paradoxalement l’apparition de la couleur. Arnaud Laporte

Ainsi que les coups de cœur :

de Frédéric Bonnet :

- Matière temps de Florian Pugnaire et David Raffini au Centre d'Art Contemporain de la ville de Chelles Les Eglises du 10 février au 10 mars 2013.

Les artistes sont également exposés à la galerie TORRI à Paris.

Hashima, 2012
Hashima, 2012 Crédits : David Raffini

Le point commun des expositions, c’est leur dernier film intitulé « Energie sombre » qui est une curiosité. Ce qui est plaisant, c’est l’idée de faire un film comme prétexte à faire une sculpture. Mais cela peut être renversé. Ces allers et retours sont très intéressants.

Au-delà de l’usage de matière brut, ils montrent la faillibilité de la grosse machinerie. Ils composent des images de façon très efficace avec ces matériaux.

Ce travail est intéressant et excitant !

de Jean-Max Colard :

C’est un artiste suédois peu connu en France auquel on consacre une première rétrospective muséale en France.

Son œuvre est particulière car elle est proche d’un art brut. La frontière entre art brut et art marginal est poreuse.

Il y a de la légende personnelle en même temps qu’un tissu d’histoire. C’est singulier curieux et tout à fait surprenant !

Sans oublier, l’irremplaçable revue de presse culturelle d’Antoine Guillot

Et le coup de fil passé à Gaël Charbau commissaire de l'exposition "The French Haunted House" du 15 mars au 18 juin au SongEun Art Space (à Séoul).

Pastille introductive : Alina SZAPOCZNIKOW

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