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En haut : Picasso, Étude pour Guernica ©Succession Picasso 2017 / Claude Monet, Le Parlement de Londres, effet de soleil © Brooklyn Museum. En bas : Laure Prouvost, Swallow me, From Italy to Flander

Arts plastiques : "Laure Prouvost installe une zone floue, ne se décide pas entre le réel et le rêve"

55 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir dans La Dispute, l'exposition consacrée à Guernica, tableau exceptionnel de Pablo Picasso; le voyage des impressionnistes de Paris à Londres, en exil de 1870 à 1904 et nous parcourons les chemins de traverse de Laure Prouvost avec "Ring, Sing and Drink for Trespassing"

En haut : Picasso, Étude pour Guernica ©Succession Picasso 2017 / Claude Monet, Le Parlement de Londres, effet de soleil © Brooklyn Museum. En bas : Laure Prouvost, Swallow me, From Italy to Flander
En haut : Picasso, Étude pour Guernica ©Succession Picasso 2017 / Claude Monet, Le Parlement de Londres, effet de soleil © Brooklyn Museum. En bas : Laure Prouvost, Swallow me, From Italy to Flander Crédits : Courtesy de l’artiste et Nathalie Obadia, carlier gebauer, Lisson Gallery

"Laure Prouvost - Ring, Sing and Drink for Trespassing" jusqu'au 9 septembre au Palais de Tokyo

Vue de l'exposition "And She Will Say: Hi Her, Ailleurs, To Higher Grounds...", Kunstmuseum Luzern, 2016. ©Marc Latzel
Vue de l'exposition "And She Will Say: Hi Her, Ailleurs, To Higher Grounds...", Kunstmuseum Luzern, 2016. ©Marc Latzel

Présentation officielle : À l’occasion de sa première exposition personnelle dans une institution parisienne, Laure Prouvost propose une échappée, tant géographique que mentale. Transformant les lieux avec une scénographie originale dont le dessin global évoque tant un œil grand ouvert qu’un sein, elle conçoit dans le même temps divers recoins, testant la curiosité du visiteur et l’invitant à s’y aventurer. Multipliant les points de vue avec générosité et humour, Ring, Sing and Drink for Trespassing est une ode aux chemins de traverse et au dépassement des limites, à la joie de se faufiler à travers un grillage pour découvrir un terrain vague, ou un jardin merveilleux aujourd’hui abandonné, au fond duquel l’artiste aurait trouvé un laboratoire biologique dystopique oublié.

Commissariat : Daria de Beauvais

L'avis des critiques : 

C’est un territoire plein de recoins, bricolé, qu’on ne peut englober d’un regard. On y est toujours dans l’errance à ne pas savoir ce qu’on voit ni ce qu’on comprend, avant qu’advienne un tout autre univers... Florian Gaité

Je n’ai pas vu encore l’exposition ou les œuvres qui rendraient Laure Prouvost formidable à mes yeux. Cela m’a paru extrêmement daté, je ne supporte plus la mise en scène de l’artiste comme chercheur et la langue anglaise omniprésente. Stéphane Corréard

J’ai trouvé cette fontaine mammaire vraiment terrible, mais cette grande tapisserie est assez intéressante car elle pose une des constantes du travail de Laure Prouvost : elle installe une zone floue, ne se décide pas entre le réel et ce qui n'en est pas. Frédéric Bonnet

"Les Impressionnistes à Londres - Artistes français en exil, 1870-1904" jusqu'au 14 octobre au Petit Palais

André Derain, Big Ben, 1906-1907 © ADAGP Paris 2018 et DACS London. Photo : Laurent Leca
André Derain, Big Ben, 1906-1907 © ADAGP Paris 2018 et DACS London. Photo : Laurent Leca

Présentation officielle : La guerre franco-allemande de 1870, la chute du Second Empire, puis la Commune de Paris poussèrent de nombreux artistes installés en France à se réfugier au Royaume-Uni. Dans les mois ou les années qui suivirent la fin des événements, des réfugiés économiques vinrent rejoindre leurs rangs. L’Empire britannique est alors au sommet de sa puissance. Londres représente un refuge sûr pour les artistes quittant Paris, mais le choix de leur destination est aussi guidé par l’idée que le marché de l’art y est plus porteur. Leurs oeuvres exposées et, dans bien des cas, acquises par des collectionneurs anglais apportèrent à l’art et aux institutions britanniques un souffle de modernité. Réciproquement, l’expérience de l’exil outre-Manche exerça une influence nouvelle sur l’art français. Le parcours animé par des témoignages sonores, permet au visiteur de faire le voyage de Paris à Londres en revivant l’expérience de ces artistes en exil. Certains sont déjà célèbres (Carpeaux, Tissot, Daubigny), d’autres vont s’y révéler en enseignant leur art (Legros, Dalou), tandis que les futurs impressionnistes (Pissarro, Monet, Sisley) peinent à convaincre le public anglais malgré le soutien du marchand Durand-Ruel qui diffuse l’art français à Londres. Ces personnalités contrastées de la scène artistique française sont présentés parmi le cercle d’amis et de collectionneurs qui les ont soutenus durant leur séjour anglais. 

Co-organisée avec la Tate Britain de Londres, l’exposition réunit plus d’une centaine de chefs-d’oeuvre nés au bord de la Tamise, dans l’atmosphère brumeuse et industrielle du Londres Victorien. L’histoire s’achève en 1904 avec Derain qui vient peindre un Londres aux couleurs du fauvisme.

L'avis des critiques : 

On ne devrait pas confier le commissariat à des conservateurs la ville de Paris. Il faut attendre la salle 9 sur 11 pour voir les premiers tableaux impressionnistes ! Stéphane Corréard

Le titre est vraiment trompeur. On passe des heures et des malheurs pour voir les premiers Impressionnistes. J’ai été intéressé de redécouvrir Alphonse Le Gros avec 'Le repas des Pauvres' , même si ça n’a aucun rapport avec le sujet ! Frédéric Bonnet

On se demande si c’est vraiment un sujet d'exposition, on se trouve à chercher le premier fil pour entrer dans cette histoire des impressionnistes, mais la plupart du temps nous avons à faire à des toiles réalistes. Florian Gaité

"Guernica" jusqu'au 29 juillet au Musée Picasso

Pablo Picasso, Corrida:  la mort du torero, 1933 ©RMN-Grand Palais/Mathieu Rabeau ©Succession Picasso 2018
Pablo Picasso, Corrida: la mort du torero, 1933 ©RMN-Grand Palais/Mathieu Rabeau ©Succession Picasso 2018

Présentation officielle : A la suite du 80ème anniversaire de la création de l’œuvre, le Musée national Picasso-Paris, en partenariat avec le Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, consacre une exposition à l’histoire de Guernica, tableau exceptionnel de Pablo Picasso qui compte parmi les plus connus au monde. Le chef-d’œuvre est conservé de manière permanente à Madrid depuis 1992.
Peinte en 1937, cette œuvre au format monumental est à la fois une synthèse des recherches plastiques menées par Picasso depuis plus de quarante années, et une icône populaire. Exposée, reproduite partout dans le monde, elle fut à la fois un symbole anti-franquiste, anti-fasciste et pacifiste. C’est aussi une œuvre abondamment citée, commentée, reprise, théorisée par les historiens de l’art et les artistes.

L'avis des critiques : 

C’est une exposition gigogne qui tourne autour de l’absence du tableau. Mais la présence d'artefacts invalide presque le projet de cette exposition. Il y a aussi de sacrées œuvres, il faudrait faire une exposition "Picasso dessinateurs" ! Stéphane Corréard

Tout ça n’est un prétexte de faire la synthèse des recherches de motifs plastiques de Picasso, toute la fonction cathartique est passée sous silence, je n’ai pas eu d’intimité supplémentaire avec la toile en sortant. Florian Gaité

Guernica n’est pas là. Puisque c’est une exposition sur un tableau j’appelle ça une exposition dossier et ici c’est un très gros dossier : mais traité de manière vraiment laborieuse, avec beaucoup de fétichisme et peu d’intérêt. Frédéric Bonnet

Vos commentaires :

Avant et pendant l'émission, réagissez et donnez votre avis sur le compte Twitter et la page Facebook de la Dispute.

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records)

Intervenants
  • Docteur en philosophie, enseignant à l'Université Paris 1
  • Journaliste au Journal des Arts
  • Critique d'art, directeur du salon Galeristes, participe à La Dispute sur France Culture, signataire de la Tribune “Non au «cadeau» de Jeff Koons” dans Libération

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