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Batia Suter, Nightshift, 2019. Production : Le Crédac, avec le soutien du du Mondriaan Fund. Nicolás Lamas, Partial View, 2016. Courtesy Meessen de Clercq, Bruxelles. Photo : André Morin. / © Scénographie Cecile Degos, Janvier 2019, Julie Cohen Mucem

Arts plastiques : Picasso, "on pourrait au moins le mettre un peu en veille"

55 min
À retrouver dans l'émission

La Dispute se rend au Mucem à Marseille pour l'exposition "On danse ?", avant d'évoquer "Des Attentions" au Crédac à Ivry, puis "Affective Utopia" qui fait l'objet d'un coup de cœur. Dans Le Petit Salon, Lucile Commeaux se demande si "Trop de Picasso tue Picasso ?".

Batia Suter, Nightshift, 2019. Production : Le Crédac, avec le soutien du du Mondriaan Fund. Nicolás Lamas, Partial View, 2016. Courtesy Meessen de Clercq, Bruxelles. Photo : André Morin. / © Scénographie Cecile Degos, Janvier 2019, Julie Cohen Mucem
Batia Suter, Nightshift, 2019. Production : Le Crédac, avec le soutien du du Mondriaan Fund. Nicolás Lamas, Partial View, 2016. Courtesy Meessen de Clercq, Bruxelles. Photo : André Morin. / © Scénographie Cecile Degos, Janvier 2019, Julie Cohen Mucem

Le Petit Salon de Lucile Commeaux : Trop de Picasso tue Picasso ?

L'avis des critiques : 

Toute exposition consacrée au génie ultime devient un exercice de comparaison. Ces dernières années, Picasso a été absolument partout, décliné sous de multiples formes. Une exposition Picasso peut-être le lieu parfait de l’épanouissement d’une pensée critique, où le travail du commissaire est d’autant plus crucial. Une exposition Picasso n’est-elle pas le lieu parfait du critique d’art ? Lucile Commeaux

Il y a quand même 50 000 œuvres de Picasso. On a l’impression de le connaître très bien, mais « Bleu et rose » au Musée d’Orsay donnait l’impression de le découvrir. Peut-être les expositions Picasso permettent-elles de renouveler un discours critique, ainsi que le regard qu’on peut avoir sur les œuvres. Peut-être que l'on va continuer par ces expositions à découvrir de nouvelles recherches sur Picasso. Sally Bonn

Je suis un peu lassée par toutes ces expositions. Il est vrai que celle du Musée d’Orsay était très belle, mais je trouve qu’il n’y a rien à redire à Picasso. Il y a eu beaucoup d’explications, beaucoup de thèses. Cela ne me semble pas du tout être une priorité aujourd’hui de continuer à faire des expositions sur Picasso. On pourrait au moins le mettre un peu en veille. Mathilde Villeneuve

Je n’ai pas encore d’avis sur Picasso jardinier ou Picasso à la plage. Il y a plein d’expositions de qualité, il est difficile de rater une exposition Picasso. On a un côté dominant de ce discours qui résiste à la critique et écrase ses contemporains. La fascination autour de ce personnage semble être due à une forme de fétichisation qui dépasse la raison. On a les maîtres que l’on mérite. Florian Gaité

"On danse ?", jusqu'au 20 mai au Mucem à Marseille

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Commissariat : Emilie Girard et Amélie Couillaud

Présentation officielle : On danse ?
Oui, on danse. Tous. On n’est pas forcément Nijinski, Beyoncé, ni Fred Astaire, mais peu importe, à un moment ou à un autre, on danse : dans une fête, en club, dans un concert, ou seul dans son salon. La danse n’est pas qu’une affaire de virtuoses, nous la connaissons et la fabriquons tous. C’est bien de cela que traite l’exposition « On danse ? », présentée au Mucem : un fait social partagé, créateur de liens, qui traverse nos vies et nos sociétés de part en part.

Du corps, premier territoire de la danse, à la transe qui nous le fait oublier, l’exposition invite à découvrir la danse là où on n’a pas l’habitude de la voir et à réaliser à quel point elle modifie le rapport à soi et aux autres.

Dans une scénographie qui invite au mouvement, le visiteur est libre d’aller et venir, s’asseoir, s’étirer, s’allonger, s’adosser, pour découvrir films, pièces sonores et extraits de textes. Ces œuvres sont agencées en un flux audiovisuel de six heures qu’il s’agit de prendre au vol pour quelques minutes ou quelques heures.

Libre à vous de passer d’un écran à un autre, d’éprouver et choisir la façon dont vous regardez, écoutez, au gré des volumes, des courbes et des matières de l’espace d’exposition… On danse ?

L'avis des critiques :

On entre dans un espace tout noir qui fait près de 800m2. Quel que soit l’endroit où l’on se trouve, on est toujours devant un film, dont on a l’impression qu’on ne va jamais rien manquer. C’est ce qui est censé inviter à la déambulation et au mouvement. La scénographie est très prégnante, puisqu’en dehors de ces grands écrans, des espaces invitent à prendre corps dans l’espace d’exposition. Sally Bonn

L’exposition a le mérite d’être joyeuse, la scénographie est assez réussie. C’est un espace très confortable, la réception est là et attentive. Ce grand montage d’un seul et même film donne toutefois une impression de pot-pourri dont je n’ai pas réussi à lire les lignes directrices. Je trouve ça un peu léger, avec un problème de connaissance ou de regard sur le cinéma. Mathilde Villeneuve

Généralement, soit la danse devient un objet muséal, soit le musée un objet chorégraphique. L’exposition ouvre un interstice entre les deux. Elle n’est ni de l’archivage un peu mortifère des corps dansants, ni performative. Le seul corps activé est celui du spectateur. C’est un travail de scénographie très important et très judicieux qui permet de franchir le quatrième mur. Florian Gaité

"Des Attentions ", jusqu'au 31 mars au Crédac (Centre d'art contemporain d'Ivry)

Exposition "DES ATTENTIONS", Susan Hiller, Dream Screens, 1996. Commande de la Dia Foundation, New York. Collection Espace multimedia Gantner. Courtesy de l’artiste et Lisson Gallery © Susan Hiller / ADAGP, Paris 2019. Photo : André Morin / le Crédac
Exposition "DES ATTENTIONS", Susan Hiller, Dream Screens, 1996. Commande de la Dia Foundation, New York. Collection Espace multimedia Gantner. Courtesy de l’artiste et Lisson Gallery © Susan Hiller / ADAGP, Paris 2019. Photo : André Morin / le Crédac

Commissariat : Brice Domingues, Catherine Guiral et Hélène Meisel

Présentation officielle : Le Crédac invite Brice Domingues, Catherine Guiral et Hélène Meisel à concevoir cette exposition collective et la 10e édition de Royal Garden, plateforme éditoriale en ligne, pensée à cette occasion comme amorce et prolongement du projet global. Des attentions explore la duplicité des régimes d’attention dans un milieu numérique, où la capacité de concentration est devenue un capital, tout autant canalisé et capté que saturé et dilapidé. Quelque part entre le désœuvrement et la désinformation, la « désattention » saperait la réceptivité de l’esprit. Alors qu’il estime que l’œuvre d’art nécessite une contemplation concentrée, Walter Benjamin note en 1939 une « réception par la distraction, de plus en plus sensible dans tous les domaines de l’art, et symptôme elle-même d’importantes mutations de la perception ». Différente de la flânerie, de la dérive ou du divertissement, la distraction contemporaine est un voyage immobile, voguant d’interfaces en interfaces, aiguillée par l’appât du lien. Créées au tournant des années 1990, certaines œuvres de l’exposition interrogent l’émergence d’une économie de l’attention, convertie en parts de marché par l’industrie médiatique. Pour contrer ces rouages d’une société du contrôle, Antoni Muntadas désire une attention qui soit intentionnelle : « la perception requiert de s’impliquer ». Des démarches plus récentes sondent le potentiel d’hypnose, de rêve et parfois d’hallucination que promettent les écrans, la navigation et les réseaux, reconfigurant les expériences de la lecture et du récit, comme celles du dialogue et du discours. Des pratiques critiques, résistantes et pirates esquissent alors la possibilité de se dérober à une attention directive, par l’adoption de focales biaises, émancipées et furtives, tactiles et facétieuses, plus susceptibles de rallier la définition écologique de l’attention pensée par Yves Citton : la capacité d’être attentionné, de se soucier et de prendre soin. Veiller sur plutôt que surveiller.

Avec : Fouad Bouchoucha, Laurence Cathala, Raymond Hains, Susan Hiller, Nicolás Lamas, Daria Martin, Antoni Muntadas, Daniel Steegmann Mangrané, Batia Suter, Suzanne Treister.

L'avis des critiques :

Toute l’exposition semble portée autour de la question du récit et des récits. C’est une exposition qui mérite vraiment de l’attention. Il s’agit d’un retournement des captations de l’attention au profit d’une dimension imaginative, attentive, une espèce d’attention flottante. On est entre des couches temporelles, entre du politique et poétique, avec comme des tensions dans chaque œuvre. Sally Bonn

C’est vraiment une exposition qui se dévoile progressivement et dans laquelle on est amené à fabriquer nos propres algorithmes. C’est plein de jeux de détournements, comme un appel à nous ressaisir. Il y a plein de pièces extrêmement denses, ça ne veut pas dire qu’elles résistent à la compréhension, mais elles sont tellement riches qu’elles nécessitent un peu de temps. Mathilde Villeneuve

C’est un sujet urgent qui fait complètement partie de notre société. Dans ce capitalisme cognitif que devient notre attention ? Ironiquement, Yves Citton nous met face au risque de notre propre naufrage à force de liquéfaction. Il faut prendre le temps de lire le double message de chacune des œuvres. Cette exposition nous permet d’instaurer une distance critique. Florian Gaité

>> LE COUP DE CŒUR DE MATHILDE VILLENEUVE : "Affective Utopia", jusqu'au 21 avril à la galerie Kadist

L'exposition "Affective Utopia" à la galerie "Kadist" (© Monica de Miranda)
L'exposition "Affective Utopia" à la galerie "Kadist" (© Monica de Miranda)

Présentation officielle : Kadist invite Mónica de Miranda et Bruno Leitão, fondateurs et directeurs de Hangar, un centre de recherche artistique situé à Graça (Lisbonne) pour une résidence curatoriale et une exposition.

Développée sur trois chapitres, l’exposition Affective Utopia abordera les questions et les défis relatifs à la production de connaissances artistiques et de pratiques curatoriales en regard des tensions et conflits générés par les problématiques Sud/Nord, des divisions géographiques, de l’assimilation culturelle et du besoin urgent de décoloniser les pratiques curatoriales et artistiques. (...)

Avec : Sammy Baloji & Filip De Boeck, Luis Camnitzer, Ângela Ferreira, Alfredo Jaar, Kiluanji Kia Henda, Grada Kilomba, Reynier Leyva Novo et Paulo Nazareth

Cela parle des manières de travailler entre structures et des liens entre les institutions artistiques. Kadist a vraiment œuvré avec d’autres lieux de recherche en art à inviter des artistes, des commissaires étrangers. Cette exposition traite de problèmes identitaires, de l’histoire coloniale du Portugal. Ce sont des artistes qu’on n’a pas l’habitude de voir en France. Mathilde Villeneuve

Vos commentaires :

Avant et pendant l'émission, réagissez et donnez votre avis sur le compte Twitter et la page Facebook de la Dispute.

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

Extraits sonores :

  • Daft Punk (feat. Pharell Williams), "Move yourself to danse" (Columbia, Sony Music)
  • Squarepusher, "Metteng excuske v1.2" (Warp Records)  
Intervenants
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