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en haut : "ENFANCE" au Palais de Tokyo et "Le Printemps de Septembre : Fracas et Frêles Bruits"

Arts plastiques : "Il n'y a pas d’instrumentalisation des œuvres à travers une thématique quelconque"

55 min
À retrouver dans l'émission

Au programme de cette Dispute arts plastiques, un Petit Salon de Lucile Commeaux intitulé "Qu'est-ce que l'art contemporain a à dire sur l'enfance ?". Il sera également question du "Printemps de septembre : Fracas et Frêles Bruits", qui a lieu jusqu'au 21 octobre à Toulouse.

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Le Petit Salon de Lucile Commeaux : "Qu'est-ce que l'art contemporain a à dire sur l'enfance"

L'avis des critiques :

Est-ce que représenter l’enfance est nécessairement se situer sur un terrain moral, avec en jeu des questions de réception et donc de précaution ? Lucile Commeaux

Pour moi l’enfance n’est pas vraiment une question centrale dans l’art contemporain. On a beaucoup parlé à l'époque notamment de "présumé innocent", l'exposition du CAPC de Bordeaux, qui avait donné lieux à des mises en examen des commissaires. Ce qui m’intéresse c’est plutôt de l’envisager sous l'angle de l’idiotie, comme quelque chose qui fait irruption soudainement dans un monde d'adultes et peut être inconvenant. Stéphane Corréard

Je ne suis pas sûre que ces deux expositions prennent cette direction. La saison du Palais de Tokyo, c’est une vision de l’enfance qui a trait à une forme d’enchantement, même si on peut aussi y voir une forme de cruauté. En tout cas la danse menée par Clément Cogitore, qui était le dramaturge de l’exposition, donne une vision de l’enfance qui a trait au rêve. L’exposition de la Maison des arts de Malakoff se situe dans un registre vraiment différent. Le travail des deux artistes montre une enfance souffrante, difficile, qui fait une place importante à la cruauté. Ces œuvres peuvent être difficiles et tout est question de médiation. Anaël Pigeat

La morale vient toujours de l’extérieur et pas de l’intérieur de l’art. On est face à un travail qui peut heurter la sensibilité de certaines personnes. L’enfance est un concept, ce n’est pas les enfants. Il ne faut pas confondre ce qui est de l’ordre de la production de l’art et un travail sur le langage et la manière dont on théâtralise quelque chose d’une enfance qui est muette. Voir de l’art c’est toujours un travail et un effort à faire. La question de la moralisation est une arnaque bien qu’elle soit au cœur de notre société aujourd’hui. Corinne Rondeau

"Printemps de septembre : Fracas et Frêles Bruits", jusqu'au 21 octobre à Toulouse

  • BRUNO GIRONCOLI, "La Grande cavalcade"
Cavalcade, sculptures et dessins 1963-2001, Cycle l'éternel détour, BRUNO GIRONCOLI
Cavalcade, sculptures et dessins 1963-2001, Cycle l'éternel détour, BRUNO GIRONCOLI Crédits : ILMARI KALKKINEN © MAMCO, GENÈVE

Lieu : Couvent des Jacobins

Présentation officielle : La sculpture, plus encore que la peinture, n’a guère donné d’œuvres animées par l’esprit comique ou la fantaisie. Si l’on excepte Franz Xaver Messerschmidt et Honoré Daumier pour le comique et la satire, il faut attendre un Hans Ruedi Giger et l’esthétique fantastique de la série Alien pour que des objets sculpturaux « biomécaniques » fassent irruption dans notre culture mondialisée. C’est pourquoi il est difficile de situer l’œuvre étrange et singulière de Bruno Gironcoli qui semble avoir anticipé cet imaginaire cinématographique.

En tant que sculpteur, professeur de sculpture et artiste actif de 1963 jusqu’à sa mort en 2010, il appartient à une Autriche dont les écrivains et les artistes, de Karl Kraus à Thomas Bernhard, de Robert Musil à Elfriede Jelinek et d’Otto Muehl à Heimo Zobernig en passant par Franz West, ont fait de l’ironie le moteur de leur expression et de leur implacable regard sur la société et le monde. Chez Gironcoli, c’est aussi l’univers visuel du surréalisme et des monstres qui peuplent la peinture des primitifs germaniques et flamands qui retentit dans ses sculptures monumentales.

Le machinisme qui leur fournit bien des aspects y est toujours hybridé par des éléments organiques comme dans une tératologique confusion des règnes, un processus inquiétant ou joyeux de métamorphose continue. Une sorte de carnaval onirique défile sous les yeux médusés du spectateur: le monde de Gironcoli est hanté de fêtes dionysiaques à l’ère des «machines célibataires ». L’idée de « fonctionnement symbolique» proposée par André Breton s’applique parfaitement à ces chars prophétiques, ces mécaniques cruelles, ces corps mutants qui hésitent entre menace et jubilation volubile. On dirait une parabole sur le devenir artificiel de nos organismes couplé à la grandissante aptitude bio-mimétique des machines.

  • SARKIS, "Mesure de la lumière"
Sarkis, "Mesure de la lumière" (© Printemps de septembre - Damien Aspe)
Sarkis, "Mesure de la lumière" (© Printemps de septembre - Damien Aspe)

Lieu : Couvent des Jacobins

Présentation officielle : Quand il est entré pour la première fois dans cette église, Sarkis a aussitôt été impressionné par la verticalité puissante de sa fameuse colonnade centrale. Quiconque pénètre dans ce lieu ne peut s’empêcher de lever les yeux « au ciel », tant la longue et étroite nef semble construite pour suggérer l’élévation, la transcendance, l’au-delà. (...)

Un long et mince tube néon en cristal est suspendu dans chacun des sept intervalles de la colonnade. Chaque tube est d’une des sept couleurs de l’arc-en-ciel. Dans le chœur, se dresse la colonne d’où jaillissent les vingt-deux arcs en ogive qui forment le magnifique « palmier ». C’est là que l’artiste a suspendu un faisceau de sept tubes néon assemblant les sept couleurs. Ce faisceau s’allume et s’éteint au rythme d’une respiration apaisée. Ainsi Sarkis déroule-t-il tout au long de ce plan de séparation le cortège des couleurs qui disent la lumière, entendue sous toutes ses métaphores : vie, joie, diversité, conciliation, ascension, etc. (...)

  • NINA CHILDRESS, "Le Hibou aussi trouve ses petits jolis"
NINA CHILDRESS, VUE DE LA MAQUETTE DE L'EXPOSITION LE HIBOU AUSSI TROUVE SON PETIT JOLI POUR LE PRINTEMPS DE SEPTEMBRE 2018, MUSÉE PAUL-DUPUY. PHOTO : NINA CHILDRESS.
NINA CHILDRESS, VUE DE LA MAQUETTE DE L'EXPOSITION LE HIBOU AUSSI TROUVE SON PETIT JOLI POUR LE PRINTEMPS DE SEPTEMBRE 2018, MUSÉE PAUL-DUPUY. PHOTO : NINA CHILDRESS. Crédits : NINA CHILDRESS ET GALERIE BERNARD JORDAN PARIS/ZURICH

Lieu : Musée Paul-Dupuy

Présentation officielle : Afin de préserver ses oisillons de l’appétit de l’Aigle, le Hibou de la fable lui en dresse un portrait trop flatteur. L’Aigle, quand il les voit, n’y retrouve pas leur description si élogieuse et les dévore. Dans son nid du Musée Paul-Dupuy, Nina Childress couve la revanche des petits. Elle puise dans les réserves du Musée des Augustins des œuvres d’artistes mineurs, oubliés ou mal-aimés qui retiennent son attention pour des raisons formelles ou thématiques et elle les associe à ses propres tableaux choisis pour leur connivence objective avec tel ou tel aspect des tableaux anciens. Ces rencontres sont organisées par murs et par salles de manière à esquisser une histoire méthodique de la condition des femmes dans la peinture et la sculpture.

Il n’y a pas de tableau inintéressant aux yeux de Nina Childress qui sait toujours voir dans les plus négligés de quoi retenir son attention et susciter son affection. Il ne s’agit pas d’une simple pose paradoxale mais d’un profond attachement à la peinture. Certaines œuvres qu’elle n’a pas pu obtenir, elle les a repeintes à sa façon, ni copie ni pastiche. Une autre, dont le sujet présentait une image exécrable du machisme ordinaire, elle a choisi d’en donner une version « floue-nette » qui en fait un subtil tableau abstrait. Ainsi fait-elle (re)voir et revivre une quarantaine d’œuvres anciennes (1501-1925) parmi la trentaine des siennes, préexistantes ou réalisées pour la circonstance. Poids des âges et chocs des tableaux, il en résulte une autre idée du musée, de son rôle, de ses potentialités, quand les artistes s’en mêlent et l’émancipent de ses vieux poncifs d’écoles, de styles et de chronologie.

  • HYPPOLYTE HENTGEN, "B-R-E-E-K"
SÉRIE SENTIMENTS ADRIFT, 2013
SÉRIE SENTIMENTS ADRIFT, 2013 Crédits : HIPPOLYTE HENTGEN,

Lieu : Le Château d'eau

Présentation officielle : Associées dans le personnage de fiction qu’est Hippolyte Hentgen, Lina Hentgen et Gaëlle Hippolyte effacent leurs individualités au profit de cette entité créatrice tierce. Hippolyte Hentgen a donc conçu pour le Château d’Eau une installation intitulée B-R-E-E-K et qui mêle dessin, collage, couture et vidéo. Ce titre renvoie à la fois au comic strip Krazy Kat (1913-1944) de George Herriman et à la célèbre brique rose de Toulouse dans laquelle est construit le Château d’Eau.

Au rez-de-chaussée, un ensemble de treize tentures épouse la rotondité du lieu en recouvrant la quasi-totalité de sa paroi. Par sa souplesse, le tissu est ici le médium idéal. Patchwork de tissus d’ameublement de seconde main et de tissus imprimés de motifs provenant de l’iconographie caractéristique de l’artiste, ces tentures présentent un panorama de jets de briques, sous une forme proche de la bande dessinée de référence.

Au sous-sol, une proposition vidéographique The Hound and the Rabbit montre un dessin animé de Rudolf Ising (1937), retravaillé à l’encre sur pellicule 16 mm, puis numérisé. Il s’agit, comme souvent dans ce genre, d’une course poursuite entre deux animaux. La bande-son se divise en trois plans, avec des bruits parasites isolés d’abord, des sons identifiables au cartoon d’origine ensuite, des sons abstraits, enfin, obtenus par déformation des sons originaux et rendus ainsi méconnaissables.

Aussi inspirée par l’art contemporain que par la culture populaire, cette oeuvre d’Hippolyte Hentgen détourne et renouvelle avec humour un mythe comique ancré dans la mémoire collective.

  • DAVID CLAERBOUT, "Dark Optics (Vision de nuit)"
DAVID CLAERBOUT, TRAVEL, 1996-2013, VIDÉO MONOCANAL, ANIMATION HD, COULEUR, SON STÉRÉO, 12MIN.
DAVID CLAERBOUT, TRAVEL, 1996-2013, VIDÉO MONOCANAL, ANIMATION HD, COULEUR, SON STÉRÉO, 12MIN. Crédits : COURTOISIE DE L'ARTISTE ET DES GALERIES SEAN KELLY, NEW YORK; UNTILTHEN, PARIS;

Lieu : Les Abattoirs, Musée - FRAC Occitanie Toulouse

Présentation officielle : Depuis une vingtaine d’années, David Claerbout développe une œuvre inédite entre cinéma, peinture et photographie. L’artiste investit ici les grandes salles du rez-de-chaussée des Abattoirs et fait dialoguer près de dix œuvres monumentales. Intitulée Vision de nuit, cette exposition invite à regarder autour de nous la réalité du paysage – aussi bien les architectures modernes urbaines que les détails de la nature : arbres, eaux, vents, etc. – mais aussi la réalité de l’image aujourd’hui.

S’appropriant des archives, traitant l’image de manière digitale, la retravaillant pixel par pixel, David Claerbout mène une recherche sur sa physicalité. À une époque de surconsommation des images, le temps devient aussi une matière que l’artiste sculpte. Associant la fixité et le mouvement grâce aux effets de compression, d’étirement et de lenteur, ses créations vidéo deviennent des tableaux suspendus qui invitent à la contemplation et à la déambulation. L’exposition s’ancre également dans une histoire plus globale de la photographie et de la vidéo. Conçue en deux parties, elle analyse la transition entre l’image analogique ancrée sur la pellicule et la création numérique entièrement dématérialisée. L’aile nord des Abattoirs, calme et monochrome, part des débuts de la photographie et du cinéma au XIXe siècle, tandis que le collatéral sud s’inscrit dans l’apparition de la couleur et de la bande-son, jusqu’au tout numérique. Alors qu’aujourd’hui le processus de fabrication de l’image passe de plus en plus par l’ordinateur, et non plus par l’objectif de la caméra, l’artiste révèle l’émergence d’une nouvelle forme d’optique qui serait propre à l’expérience multimédia. Il la nomme dark optics, « vision de nuit », car avec ces images, l’on pourrait très bien « éteindre la lumière et contempler la nuit toute la journée ». Loin de considérer que les objets du réel, une fois passés de l’autre côté de l’écran, n’existent qu’au sein d’un univers virtuel, l’artiste révèle la présence d’une nouvelle matérialité de l’image dans l’espoir, dit-il, de « trouver la confirmation que nous sommes toujours en vie et que nous percevons un monde cohérent. »

  • JACQUELINE DE JONG, "Le faux fac-similé déchiqueté"
© JACQUELINE DE JONG, LE SALAU ET LES SALOPARDS, 1966, TRIPTYQUE (PEINTURE ET MIROIR), COLLECTION LES ABATTOIRS, MUSÉE – FRAC OCCITANIE TOULOUSE.
© JACQUELINE DE JONG, LE SALAU ET LES SALOPARDS, 1966, TRIPTYQUE (PEINTURE ET MIROIR), COLLECTION LES ABATTOIRS, MUSÉE – FRAC OCCITANIE TOULOUSE. Crédits : COURTOISIE DE L’ARTISTE ET DU CHÂTEAU SHATTO (LOS ANGELES).

Lieu : Les Abattoirs, Musée - FRAC Occitanie Toulouse

Présentation officielle : Cette première rétrospective française de l’artiste hollandaise Jacqueline de Jong offre un panorama sur sa création depuis ses peintures et gravures des années 1960, son appartenance à l’Internationale situationniste, son rôle d’éditrice pour la revue The Situationist Times et sa participation aux événements de Mai 68 à Paris, jusqu’à ses plus récents travaux – peintures, livres ou bijoux.

L’exposition révèle la richesse des parcours artistique et de vie de Jacqueline de Jong. Née en 1939 dans une famille juive, elle doit fuir son pays face au nazisme. Après des cours d’art dramatique à Londres, elle travaille au Stedelijk Museum d’Amsterdam auprès de Willem Sandberg. Sa rencontre avec les membres de CoBrA et de l’Internationale situationniste au Stedelijk Museum d’Amsterdam, marque ses débuts artistiques. Elle fonde en 1962 The Situationist Times – la seule revue anglophone du mouvement –, pratique la gravure à Paris ainsi que le peinture, et participe dans la capitale française à la contestation de Mai 68. Traversant avec liberté, désobéissance et engagement l’avant-garde des années 1960 comme le retour à la peinture des années 1980, la peinture de Jacqueline de Jong, figurative, expressionniste, emprunte aux objets courants – paravent, miroir ou valise – et joue d’un bestiaire à la fois monstrueux et naïf mélangeant érotisme, violence et humour. Depuis les années 2000, l’artiste partage son temps entre la Hollande et la campagne française, et réalise livres et peintures ayant pour motif les pommes de terre, qu’elle transforme aussi en bijoux après les avoir récoltées, desséchées et plongées dans l’or.

L'avis des critiques :

« Fracas et Frêles Bruits » c’est un thème qui a été choisi dans un second temps, une fois les œuvres assemblées. Il se pose comme un constat du monde, assumant un certain nombre de positions monographiques. L’œuvre de David Claerbout montre un travail sur l’image, dans un monde où elle est un tout numérique. Il essaye de lui donner une matérialité en travaillant pixel par pixel. Les débuts de Jacqueline de Jong sont marqués par une forme d’expressionnisme. Tandis que les scènes de billard sont plutôt inspirées d’une certaine forme d’hyper-réalisme. Anaël Pigeat

On n’est pas dans un forçage, dans la volonté d’instrumentaliser les œuvres à travers une thématique quelconque. Dans le réfectoire des Jacobins ça envoie et ça ressemble vraiment à de la science-fiction. Gironcoli est le sculpteur le plus OVNI de sa génération. Avec Sarkis, on est plutôt dans un espace de contemplation avec des néons qui vont rythmer la partie supérieure de l’église. Ce duo composé de Gironcoli et Sarkis est comme un diptyque, entre dimension plus organique et élévation. Corinne Rondeau

Christian Bernard est un formidable programmateur, qui assume le caractère très fragmenté de cette biennale. C’est aussi un retour sur son propre parcours. Je trouve que ce genre de travail d’Hengten est un travail assez virtuose sur le dessin. C’est assez radical et conceptuel avec deux grandes installations qui épousent les contours du Château d’eau. Elle joue sur tous les registres du dessin. Nina Childress fait une relecture hyper radicale et décapante de l’histoire de l’art. C’est assez savant, mais fait avec beaucoup d’humour et de légèreté. Stéphane Corréard

>> LE DOUBLE COUP DE CŒUR DE STÉPHANE CORREARD : "LA ZONE" chez Lumière des Roses & Jürg Kreienbühl | Suzanne Lopata | Stéphane Belzère à la Kunsthaus Interlaken

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Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records)

Intervenants
  • Editor-at-large du mensuel The Art Newspaper édition française, critique d’art et journaliste à Paris Match, productrice de documentaires sur France-Culture, ancienne critique à La Dispute sur France Culture
  • Maître de conférences en esthétique et sciences de l’art à l’Université de Nîmes et critique d'art
  • Critique d'art, directeur du salon Galeristes, participe à La Dispute sur France Culture, signataire de la Tribune “Non au «cadeau» de Jeff Koons” dans Libération
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