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"Exposure #139" © Adagp, Paris, 2019; "3977" © Cécile Paris © Adagp, Paris 2019; On War And Love, 2019 © Fouad Elkoury

Arts plastiques: Barbara Probst, "elle remet en cause l'idée de l'instant décisif en photographie"

55 min
À retrouver dans l'émission

Au sommaire de cette Dispute arts plastiques: "Lignes de vies - une exposition de légendes" au MAC VAL, "C'est Beyrouth" à l'Institut des Cultures d'Islam, "Barbara Probst : The Moment in Space" au BAL. Enfin, un coup de coeur de Yasmine Youssi pour le pavillon Ghanéen à la Biennale de Venise.

"Exposure #139" © Adagp, Paris, 2019; "3977" © Cécile Paris © Adagp, Paris 2019; On War And Love, 2019 © Fouad Elkoury
"Exposure #139" © Adagp, Paris, 2019; "3977" © Cécile Paris © Adagp, Paris 2019; On War And Love, 2019 © Fouad Elkoury

"Lignes de vies - une exposition de légendes" jusqu'au 24 août au MAC VAL

"0º00 Navigation Part I : A Journey Across England", Simon Faithful, 2009 © galerie Polaris
"0º00 Navigation Part I : A Journey Across England", Simon Faithful, 2009 © galerie Polaris

Présentation officielle : Concevoir sa biographie comme force créatrice est le vecteur commun aux quatre-vingts artistes internationaux invités dans « Lignes de vies – une exposition de légendes » qui réunit les gestes artistiques de générations et de pratiques différentes, allant de la photographie à la vidéo, en passant par la peinture, l’installation, la performance ou encore l’écriture. (...)  

Toutes les œuvres données à voir dans cette exposition collective construisent une réflexion autour de la mise en scène et de la représentation de soi et déconstruisent, analysent, critiquent ou interrogent les phénomènes et les processus qui façonnent et légitiment l’identité/les identités. Loin d’un geste narcissique ou autocentré, à travers elles les artistes reconstruisent et proposent, plus que de nouvelles identités, des identités choisies. Un geste politique de reprise en main de la narration de sa propre légende.

L'avis des critiques : 

Il y a des tentatives d’exposer la multitude des possibilités d’exposition et de représentation de soi, c’est une chose intéressante. (…) Mais à côté de cette modestie des artistes, il y a une espèce de sur-documentation ou de surplomb théorique qui, au fond, ne trouve pas de réalité dans les oeuvres. Sally Bonn

Le sujet est absolument passionnant (…) mais d’un point de vue plastique, beaucoup d’œuvres sont anecdotiques. Yasmine Youssi

On est dans la multiplicité et la dimension moique très forte de beaucoup d’artistes. J’ai eu l’impression d’être un miroir. Or, je suis là pour regarder des choses et avoir du temps pour penser une rencontre. Corinne Rondeau

"C'est Beyrouth" jusqu'au 28 juillet à l'Institut des Cultures d'Islam

Série Les Bronzeurs © Vianney Le Caer
Série Les Bronzeurs © Vianney Le Caer

Commissariat : Sabyl Ghoussoub

Présentation officielle : À travers les regards croisés de seize artistes photographes et vidéastes, l’exposition C’est Beyrouth propose d’entrevoir une société unique dans sa diversité, fragilisée par les guerres et une structuration confessionnelle à bout de souffle. Les oeuvres choisies par Sabyl Ghoussoub, commissaire de l’exposition, documentent l’actualité de Beyrouth. Elles montrent l’omniprésence de la religion, les conditions de vie des réfugiés palestiniens et syriens comme celles des travailleurs migrants, les discriminations en raison de l’homosexualité, les échappatoires d’une génération désorientée.

L'avis des critiques : 

L’exposition est construite comme un kaléidoscope, à l’image de Beyrouth (…) J'ai été frappée et touchée par la variété des écritures visuelles proposées et les histoires racontées dans ces oeuvres. Ce sont toujours des récits auxquels on ne s’attend pas. Yasmine Youssi

Une exposition entre art et documentaire. C’est un assez beau portrait, assez éclaté et singulier, de Beyrouth. Sally Bonn

J'ai eu la sensation que cette ville était la plus occidentale du Moyen-Orient à cause de tout ce qu'on peut y retrouver chez nous : des gens qui vivent dans des communautés, l'homosexualité, les nuits de Beyrouth... Corinne Rondeau 

"Barbara Probst : The Moment in Space" jusqu'au 25 août au BAL 

Exposure # 9, NYC, Grand Central Station, 12.08.01, 1:21 p.m., 2001 © Adagp, Paris, 2019
Exposure # 9, NYC, Grand Central Station, 12.08.01, 1:21 p.m., 2001 © Adagp, Paris, 2019

Présentation officielle : Grâce à un système reliant plusieurs appareils photographiques, Barbara Probst déclenche une prise de vue simultanée du même événement, du même geste ou de la même action, à des distances ou selon des angles différents. Cet instant démultiplié en plusieurs vues constitue une exposure, une constellation de perspectives qui induit des lectures plurielles, parfois contradictoires, de l’image.  

Son travail est naturellement marqué par ses premières années d’études à l’Académie des beaux-arts de Munich et ses cours de sculpture : « Tous les jours, on travaillait avec de l’argile à partir d’un modèle nu qui posait pour nous. Le modèle se tenait debout sur une table que l’on faisait pivoter toutes les dix minutes d’environ 30 ou 40 degrés, afin que chaque étudiant soit capable de le voir sous tous les angles possibles. » Devenue photographe, Barbara Probst sculpte le temps. Et impose une grille de lecture spatiale à notre appréhension de l’image.

L'avis des critiques : 

C’est une très belle exposition, intelligente et précise qui questionne le réel. Sally Bonn 

Ce que je trouve absolument admirable est que Barbara Probst n’est ni dans le cinéma ni dans le documentaire mais dans la fabrication d’une séquence simultanée de l’image qui doit nous faire sentir l’espace dans lequel se joue un événement banal. Corinne Rondeau 

C’est une exposition vertigineuse (…) L’exposition remet en cause une idée fondamentale de la photographie pendant une grande partie du XXe siècle. C’est l’idée de l’instant décisif qui, tout d’un coup, n’existe plus. Par ailleurs, j’ai beaucoup aimé comment elle nous transforme en enquêteur. En tant que spectateur nous ne sommes absolument pas passif. Yasmine Youssi

LE COUP DE COEUR DE YASMINE YOUSSI : le pavillon Ghanéen à la Biennale de Venise

John Akomfrah. Mimesis: African Soldier, 2018. Photo © IWM / Film © Smoking Dogs Films
John Akomfrah. Mimesis: African Soldier, 2018. Photo © IWM / Film © Smoking Dogs Films

Commissariat :  Nana Oforiatta Ayim

Le Ghana expose pour la première fois un pavillon à la Biennale de Venise. Il a pris le parti de présenter, non pas un, mais quatre artistes et de confier la scénographie du lieu à un très grand architecte, David Adjaye. Le choix des artistes m'a beaucoup plu. Il y a de la peinture, de la sculpture, de la vidéo et toutes les générations. Yasmine Youssi. 

Avec : Felicia Abban, John Akomfrah, El Anatsui, Lynette Yiadom Boakye Ibrahim Mahama, Selasi Awusi Sosu.

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

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