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en haut : Masaki Hironaka, La bombe atomique, 2002. Luigi Ghirri, Modena, 1973 & Pescara, 1972, © Succession Luigi Ghirri. en bas : © Estate of Vivian Maier, Maloof Collection, Courtesy Les Douches la Galerie, Paris & Howard Greenberg Gallery, NY

Arts plastiques : Vivian Maier, "c’est la Mary Poppins de la photographie"

55 min
À retrouver dans l'émission

De la première rétrospective photographique de Luigi Ghirri, aux clichés de Vivian Maier, la photographie est à l'honneur dans cette Dispute. Nous évoquons également la seconde édition de l'exposition "Art Brut Japonais" à la Halle Saint Pierre et un coup de cœur au MAMC+ à Saint-Etienne.

en haut : Masaki Hironaka, La bombe atomique, 2002. Luigi Ghirri, Modena, 1973 & Pescara, 1972, © Succession Luigi Ghirri. en bas : © Estate of Vivian Maier, Maloof Collection, Courtesy Les Douches la Galerie, Paris & Howard Greenberg Gallery, NY
en haut : Masaki Hironaka, La bombe atomique, 2002. Luigi Ghirri, Modena, 1973 & Pescara, 1972, © Succession Luigi Ghirri. en bas : © Estate of Vivian Maier, Maloof Collection, Courtesy Les Douches la Galerie, Paris & Howard Greenberg Gallery, NY

"Luigi Ghirri : Cartes et territoires - photographies des années 1970", jusqu'au 2 juin au Jeu de Paume

Commissariat : James Lingwood

Présentation officielle : Cette première rétrospective des photographies de Luigi Ghirri (1943-1992) hors de son Italie natale est centrée sur les années 1970. Elle retrace une décennie au cours de laquelle Ghirri a bâti un corpus d’images en couleur sans équivalent dans l’Europe de l’époque.

Géomètre de formation, Luigi Ghirri commence à photographier durant le week-end au début des années 1970, arpentant les rues, places et faubourgs de Modène, échafaudant des projets et des thématiques. Il pose sur les signes du monde extérieur un regard attentionné et affectueux en observant, sans les commenter ouvertement, les modifications apportées par l’homme au paysage et à l’habitat de sa province d’origine, l’Émilie-Romagne, baromètre d’un vernaculaire local exposé à l’avènement de nouvelles formes d’habitat, de loisirs et de publicité. (...)

L'avis des critiques :

C’est une photographie assez discrète en termes de format, mais aussi en termes de représentation. On a cette idée de la carte postale qui relève d’une image assez banale. On voit des décrochages dans les images, une bipartition, qui est une manière de penser le cadre dans le cadre. Il va capturer des cadres dans le paysage qu’il objective, pour faire du monde une image. Corinne Rondeau 

Je me suis ennuyée. Luigi Ghirri est l’un des premiers européens à faire de la photo en couleurs, à un moment où les Américains en font aussi. Je n’ai pas trouvé l’intérêt de la couleur dans ce travail. Les sujets même de ces photos ne m’ont pas paru si intéressants que cela. L’accrochage du Jeu de Paume n’arrange rien. Est-ce que c’est tellement intime que cela s’est pour moi noyé sur ces murs ? Yasmine Youssi 

C’est une œuvre que j’adore et que j’attendais avec une très grande impatience. Les photographies sont sublimes, cela se met en place très tôt, il trouve immédiatement son style. La série chez Ghirri n’est jamais fermée. Il part d’un constat : le monde est en couleurs. C’est pour cette raison qu’il le photographie ainsi. Pour moi, les partis pris curatoriaux ne servent pas la découverte de ce travail. Stéphane Corréard

Cette façon qu'il a de nous donner à voir le monde, ce qu'on ne voit pas, me passionne. Le catalogue de l’exposition offre un autre type de respiration aux photographies. L’accrochage de petits formats dans les grands lieux n’est jamais vraiment valorisant. Pour peu qu’on prenne notre temps, on arrive quand même à avoir un contact assez direct avec cette œuvre. Arnaud Laporte 

"Art Brut Japonais II", jusqu'au 10 mars à la Halle Saint Pierre

"Art Brut Japonais II" - Makoto FUKUI, Monde Parallèle, 2012, crayon de couleur, stylo à bille sur papier, 26 x 36 cm (© Collection de l'artiste)
"Art Brut Japonais II" - Makoto FUKUI, Monde Parallèle, 2012, crayon de couleur, stylo à bille sur papier, 26 x 36 cm (© Collection de l'artiste)

Commissariat : Martine Lusardy

Présentation officielle : A l’occasion du Tandem PARIS-TOKYO, la Halle Saint Pierre présente la seconde édition de l’exposition Art Brut Japonais, huit ans après le grand succès du premier volet.

A l’heure où l’art brut trouve la place qui lui est due sur la scène de l’art contemporain, le Japon  contribue à porter ce phénomène artistique au-delà de son ancrage originel occidental.

Une cinquantaine de créateurs témoignent qu’au sein de toutes les cultures, il y aura toujours des personnes assez singulières et individualistes pour inventer leur propre mythologie et  leur propre langage figuratif.

Issus d’ateliers ou œuvrant de façon autonome et indépendante, ces créateurs, souvent confrontés à un isolement mental ou social, utilisent toutes les techniques, tous les matériaux, détournant même les codes les plus traditionnels de la céramique ou de l’origami.

Les œuvres présentées dans l’exposition sont le fruit de nouvelles prospections. Seul Sinichi Sawada, figure emblématique de l’art brut japonais, qui connut la consécration  lors de la Biennale de Venise 2013, revient, apportant avec de nouvelles œuvres la démonstration que les ouvrages d’art brut sont, comme le notait Jean Dubuffet « l’opération artistique toute pure, brute, réinventée dans l’entier de toutes ses phases par son auteur, à partir seulement de ses propres impulsions ». Martine Lusardy

L'avis des critiques :

J’ai été assez étonnée par la qualité de certaines œuvres qui étaient sidérantes. On se demande pourquoi cela se restreint à un espace uniquement art brut. C’est d’une très grande qualité plastique. Ce qui m’a vraiment intéressée, c’est cette importance du monde extérieur pour ceux dont on imagine tout de suite qu’ils sont enfermés dans leur monde intérieur. Corinne Rondeau

C’est pour moi une véritable découverte. On voit de plus en plus d’art brut aujourd’hui. On a des artistes très jeunes et on voit l’influence du folklore japonais avec ces monstres, les yōkai, qui habitent l’exposition. Certains artistes m’ont plus parlé que d’autres comme Takayuki Ayama. Yasmine Youssi

J'ai beaucoup aimé découvrir des artistes très jeunes. on retrouve dans la cinquantaine d'artistes tous les fondamentaux de l'art brut. Ce qui m’a intéressé au-delà des fondamentaux, ce sont les origamis. Il y a des choses étonnantes, qui étendent le domaine de l’art brut. Des individualités très fortes émergent. J'ai trouvé ça plein de vitalité. Stéphane Corréard

"The Color Work" de Vivian Maier, jusqu'au 30 mars à Les Douches la Galerie

Vivian Maier, Milwaukee, MI, 1967 Tirage chromogène réalisé en 2018 Dimensions du tirage : 40 x 50 cm © Estate of Vivian Maier/Maloof Collection, Courtesy Les Douches la Galerie, Paris & Howard Greenberg Gallery, New York
Vivian Maier, Milwaukee, MI, 1967 Tirage chromogène réalisé en 2018 Dimensions du tirage : 40 x 50 cm © Estate of Vivian Maier/Maloof Collection, Courtesy Les Douches la Galerie, Paris & Howard Greenberg Gallery, New York

Présentation officielle : Un des préceptes incontournables de la photographie veut que les meilleurs photographes de rue soient ceux qui ont appris à être invisibles, ou du moins, à se convaincre qu’ils le sont. Au fil des années, j’ai arpenté les rues aux côtés de Cartier-Bresson, Garry Winogrand, Tony Ray-Jones, Diane Arbus, Lee Friedlander, Tod Papageorge, ainsi que de quelques artistes de la jeune génération – Gus Powell, Melanie Einzig, Ben Ingham et Matt Stuart –, et chacun de nous a un petit numéro bien rodé pour travailler dans la rue. Esquives, feintes, pirouettes, c’est en se faufilant, le regard aux aguets, que l’on traverse les foules ou les manifestations, les avenues et les ruelles, les parcs et les plages, tous les lieux où la vie ordinaire attire notre attention et notre désir. C’est notre invisibilité qui nous permet de dérober impunément le feu des dieux.

En 2009, c’est sans crier gare que la tornade Vivian Maier est entrée dans l’histoire déjà très riche de la photographie de rue. En octobre de cette année-là, j’ai reçu un e-mail de John Maloof, un jeune artiste que je ne connaissais pas. Il se présentait et me racontait qu’il était tombé sur une mine de négatifs, de diapositives et de tirages lors d’une vente aux enchères dans un entrepôt de stockage. Comme il connaissait mon travail et qu’il avait lu mon ouvrage Bystander : The History of Street Photography, coécrit avec Colin Westerbeck, il avait décidé de me contacter pour me demander mon avis sur les photographies de Vivian Maier. (...) Joel Meyerowitz

Vivian Maier, Chicago, June 1978 Tirage chromogène réalisé en 2018 Dimensions du tirage : 40 x 50 cm © Estate of Vivian Maier/Maloof Collection, Courtesy Les Douches la Galerie, Paris & Howard Greenberg Gallery, New York
Vivian Maier, Chicago, June 1978 Tirage chromogène réalisé en 2018 Dimensions du tirage : 40 x 50 cm © Estate of Vivian Maier/Maloof Collection, Courtesy Les Douches la Galerie, Paris & Howard Greenberg Gallery, New York

L'avis des critiques :

Vivian Maier c’est la Mary Poppins de la photographie. Elle n’a jamais été connue de son vivant. Elle avait conscience de ses qualités de photographe, mais n’a jamais montré ses photos à quiconque. C’est le travail d’une femme empêchée, de très bon niveau, même si elle ne révolutionne pas l’histoire de la photographie. Elle ne cesse de se montrer dans des autoportraits comme à distance. Stéphane Corréard

Elle sait repérer là où cela joue dans l’image. Elle a un sens de la couleur et des contrastes. On voit bien qu’elle cadre son image avec de la couleur. On voit le travail qu’elle met sur la perspective et l’ombre. Dans l’image, c’est impeccable et dans ces reflets et ces ombres, la permanence c’est elle. Comment être dans un monde où personne ne la voit ? Elle a un humour de dingue. Corinne Rondeau

Pour moi il y a vraiment une oeuvre de photographe. Elle fait le lien entre la photographie humaniste européenne, la "street" photographie américaine et la photographie subjective. Récemment, toutes ses archives ont été dépouillées. Elle fait des mises en scènes et son travail le plus génial reste les autoportraits dans lesquels elle n’apparaît presque jamais. Pour moi, c’est une œuvre qui tient en soit. Yasmine Youssi

>> LE COUP DE CŒUR DE YASMINE YOUSSI : "Vingt-quatre heures de la vie d'une femme", jusqu'au 22 septembre au MAMC (Musée d’Art Moderne et Contemporain) à Saint-Étienne

Commissariat : Aurélie Voltz

Présentation officielle : Entre poésie et fiction du réel, découvrez la vie d'une femme aux mille visages, tantôt ouvrière, secrétaire ou bourgeoise.

D'un genre inédit, l'exposition Vingt-quatre heures de la vie d'une femme raconte l'histoire d'une journée imaginaire et multiple. Peintures, sculptures, dessins, photographies et objets de design illustrent cette fiction du quotidien, de l'éveil jusqu'aux rêves.

Dans une forme volontairement narrative, les œuvres de l'exposition parlent d'actions récurrentes d'où peuvent surgir l'inattendu avec des moments comme "Le Bain", "Le Travail", "La Lecture" ou encore "La Promenade". "Le Repos", "La rencontre", le monde de la nuit, comme celui de "La Fête", inspirent quand à eux excentricités, rêves et autres pensées étranges.

Les œuvres sont présentées autrement, dans un élan plus proche du quotidien de chacun, en reconnectant l’art au présent. Il s’agit de raconter une autre histoire de l’art : une histoire autour de l’émotion et de la vie.

La question des collections et de la manière dont on les présente se pose de plus en plus, à un moment où les budgets sont de plus en plus réduits. La directrice du MAMC a eu une idée géniale pour mettre en lumière la vie de ces collections, s’appuyer sur le roman de Stefan Sweig. Le fil est vraiment tenu de bout en bout et fonctionne à merveille. Elle parvient à construire une narration et à l’illustrer avec ces œuvres. Yasmine Youssi

Vos commentaires :

Avant et pendant l'émission, réagissez et donnez votre avis sur le compte Twitter et la page Facebook de la Dispute.

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

Extraits sonores : 

  • Etienne  Jaumet, "Spiritual", reprise de Coltrane (Versatile)  
  • Hifana, "Wamono" (W K Tokyo Lab)
  • Roy Haynes, "Reflection" (Prestige)
Intervenants
  • Maître de conférences en esthétique et sciences de l’art à l’Université de Nîmes et critique d'art
  • Journaliste à Télérama
  • Critique d'art, directeur du salon Galeristes, participe à La Dispute sur France Culture, signataire de la Tribune “Non au «cadeau» de Jeff Koons” dans Libération
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