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Arts-plastiques: Manuel Alvarez Bravo et Les couleurs du ciel

59 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, la Dispute traitera des arts-plastiques en compagnie des critiques suivants:

  • Éric Loret (Libération)- Richard Leydier (ArtPress)- Vincent Huguet (Marianne)sur les expositions suivantes:

  • Manuel Alvarez Bravo au Jeu de Paume du 16 octobre au 20 janvier 2013Commissaire: Laura Gonzales et Gerardo Mosquera

Ondas de papel (Vagues de papier), vers 1928
Ondas de papel (Vagues de papier), vers 1928 Crédits : Manuel Alvarez Bravo

Éric Loret :

J’ai vu une photographie éminemment subjective. Il y a beaucoup d’humanité dans le travail d’Alvarez Bravo. La figure humaine est toujours sur le bord, dans un hors-champs ou hors-cadre. C'est une esthétique de la découpe et si formalisme il y a, c'est celui de l’événement et de la rencontre.

Richard Leydier:

On voit la transformation du Mexique, l’évolution d’un style et des sujets abordés. L’exposition est organisée selon un parcours thématique. Certaines sections sont plus intéressantes que d’autres.

Son travail est un témoignage mais jamais avec un regard strictement social. Il y a toujours de la poésie derrière ces images. Cette part onirique est la plus intéressante selon moi.

Vincent Huguet: Le désir formel est resté le même pendant toutes ces années chez Manuel Alvarez Bravo. Il manie parfaitement la couleur.J’ai été séduit par cette exposition.Le Mexique n’est finalement pas le sujet principal de cette exposition. Ses photos ont une portée métaphysique. Il y a une force d’évocation vertigineuse.

Le Martyre de saint Jean, l'évangeliste à la porte latine (1619-1690) à l'Eglise St Nicolas du Chardonnet
Le Martyre de saint Jean, l'évangeliste à la porte latine (1619-1690) à l'Eglise St Nicolas du Chardonnet Crédits : Charles le Brun

Éric Loret :

C’est une exposition qui par la transposition des toiles devient complètement laïque. C’est assez étrange par rapport aux interrogations qu'elle pose.

C’est aussi un cours concentré d’histoire de l’art du XVIIème siècle et de ses différents styles.

Un coup de coeur à la préciosité de Claude Vignon chez qui, au détriment de l’ensemble, on ne voit plus que le détail, de façon presque psychédélique. Vincent Huguet: L’exposition est remarquablement bien faite d’un point de vue historique et scientifique, mais il y a un problème d'espace qui est double: l'accrochage est trop serré et s'ajoute à cela la décontextualisation de certains tableaux. L'iconographie puissamment unifiée. Il aurait fallu plus d’espace pour mieux respirer.

Les coups de cœurs:Éric Loret - Roman Ondak , au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris du 28 septembre au 16 décembre

Vue de l'exposition Roman Ondak au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, 2012
Vue de l'exposition Roman Ondak au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, 2012 Crédits : Marc Domage

Ondak prélève des fragments de réalité quotidienne et les transporte ailleurs pour observer leur fonctionnement.

En particuliers des objets (portes et fenêtres) concernant le rapport intérieur/extérieur.

Richard Leydier: - Sérendipité, de la nécessité du voyage, de Lionel Scoccimaro, à la Galerie Olivier Robert du 18 octobre au 24 novembre. (5 rue des Haudriettes, Paris 75003)

Vue d'exposition: Tondo, 2012
Vue d'exposition: Tondo, 2012 Crédits : Lionel Scoccimaro

Définition de sérendipité : faire une découverte inattendue alors qu’on cherchait autre chose.

C’est une ré-interprétation du cube minimaliste.

Cette exposition appelle au voyage.

Arnaud Laporte:

Notes sur « Lakmé », de Léo Delibes, mis en scène par Vincent Huguet à l’Opéra de Montpellier. Octobre – Novembre 2012

Notre camarade en Dispute Vincent Huguet vient de signer sa première mise en scène d'opéra, et l'événement vaut que l'on y revienne, pour plusieurs raisons.

Assister à des débuts est évidemment toujours émouvant, surtout lorsque l'on avait placé quelques espoirs dans le talent du débutant. Et il faut d'abord dire ici que ces espoirs furent récompensés, et de très belle manière.

S'attaquer à "Lakmé" était un choix assez audacieux. L'œuvre est peu montée, et nous possédons donc peu d'éléments de comparaison, mais justement, cette méconnaissance va de pair avec un certain dédain pour un ouvrage qu'on assimile - non sans raisons- à la vogue de l'exotisme de la fin du XIXeme siècle.

Choisir cet opéra, en 2012, semble, a posteriori, relever autant d'un goût bien réel pour le lointain, que d'un goût assumé pour les défis. Mais pourquoi, et comment, Vincent Huguet a t-il gagné son pari?

D'abord et avant tout, en faisant confiance au livret, c'est-à-dire en le lisant attentivement et en le respectant. À cette intelligence de lecture, le metteur en scène allie un sens de l'espace et de la profondeur de champ sans nul doute forgé au contact des plus beaux tableaux de l'histoire de l'art. Il en va ainsi du tableau sublime, véritable arrêt sur image, qui clôt le premier acte.

Mais cette science du texte et de l'image seraient vaines si Vincent Huguet n'avait su tirer le meilleur parti possible de ses interprètes. Chaque soliste semble ici véritablement savoir pourquoi il est sur scène, et dans quel sentiment il est, chose rare dans les maisons d'opéra. Plus rare encore, le metteur en scène transforme chaque membre du chœur en autant de silhouettes - au sens cinématographique du terme -, chacun s'investissant dans les actions variées et pleines de sens que la mise en scène leur demande.

Ainsi, de scène en scène, cette Lakmé nous offre-t-elle une traversée des émotions, de l'ingénuité aux larmes, du comique de situation au drame romantique, toutes sensations magnifiquement accompagnées par un travail de lumières à la fausse simplicité, faisant du cyclo de fond de scène le réceptacle sensible des moments vécues sur le devant de la scène, avec des variations de lumières et de couleurs presque insensibles, comme aurait pu les orchestrer le maître plasticien James Turell.

Enfin, quelques moments de grâce jalonnent cette production, qui culmine à bon escient dans les derniers instants de la représentation, de la mort de Lakmé - qui nous fit penser au meilleur Bob Wilson- , jusqu'à l'apparition finale de Miss Ellen, coup de génie de Vincent Huguet, offrant au spectateurs le final désenchanté qui sied à notre époque.

Bien sûr, la revue de presse culturelle d'Antoine Guillot: le Louvre prêt à tout

Et le coup de fil de Seham Boutata passé à Marc-Olivier Whaler, directeur de The Chalet Society à l'occasion de l'exposition Museum of everything, du 17 octobre au 16 décembre.

Pastille Introductive: Roy LICHTENSTEIN

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