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à gauche : "Ossip Zadkine" ("L'oiseau d'or", 1924 Sculpture, Musée Zadkine, Paris), au milieu : "Michael Jackson" (© Appau Junior Boakye-Yiadom), à droite "Shimabuku" (© Shimabuku, collection Louis Vuitton, Courtesy galeries Freedman Fitzpatrick)

Arts plastiques : Michael Jackson, "les fans risquent d’être déçus"

55 min
À retrouver dans l'émission

Au sommaire de La Dispute, nous retrouvons trois expositions : "MICHAEL JACKSON - On the Wall", "SHIMABUKU - Pour les pieuvres, les singes et les Hommes" et enfin "OSSIP ZADKINE : L'instinct de la matière". Mais aussi un coup de cœur pour un livre consacré à "Charles et Marie-Laure de Noailles".

à gauche : "Ossip Zadkine" ("L'oiseau d'or", 1924 Sculpture, Musée Zadkine, Paris), au milieu : "Michael Jackson" (© Appau Junior Boakye-Yiadom), à droite "Shimabuku" (© Shimabuku, collection Louis Vuitton, Courtesy galeries Freedman Fitzpatrick)
à gauche : "Ossip Zadkine" ("L'oiseau d'or", 1924 Sculpture, Musée Zadkine, Paris), au milieu : "Michael Jackson" (© Appau Junior Boakye-Yiadom), à droite "Shimabuku" (© Shimabuku, collection Louis Vuitton, Courtesy galeries Freedman Fitzpatrick)

"MICHAEL JACKSON - On the Wall", jusqu'au 14 février au Grand Palais

David LaChapelle, "An Illuminating Path [Le chemin s’illumine]", 1998. Tirage couleur chromogène, 182,8 x 243,8 cm (encadré), Avec l’aimable autorisation de l’artiste.
David LaChapelle, "An Illuminating Path [Le chemin s’illumine]", 1998. Tirage couleur chromogène, 182,8 x 243,8 cm (encadré), Avec l’aimable autorisation de l’artiste.

Présentation officielle : Cette exposition explore l’impact culturel de la personnalité et de l’oeuvre de Michael Jackson dans le champ de l’art contemporain des années 1980 à aujourd’hui.

Michael Jackson est l’une des personnalités culturelles les plus influentes du XXe siècle, et son héritage se poursuit au XXIe siècle. S’il a toujours été considéré comme une référence dans l’univers de la musique, des clips vidéo, de la danse et de la mode, son impact sur l’art contemporain n’a jamais été abordé et n’a jamais fait l’objet d’une exposition internationale comme celle-ci.

Près de dix ans après sa mort, l’héritage de Michael Jackson est plus vivant que jamais : ses ventes de disques, qui dépassent désormais le milliard d’exemplaires, continuent à augmenter, ses vidéos sont toujours aussi visionnées, et ses nombreux fans lui restent fidèles. Son influence et sa célébrité ne faiblissent pas, et les questions qu’il a soulevées en tant que phénomène social, en particulier du point de vue de l’identité, de la question raciale et de la célébrité, sont toujours d’actualité.

En plus d’avoir battu tous les records de vente de disques, remporté de nombreux prix, participé à une multitude d’actions philanthropiques et fait tomber de nombreuses barrières culturelles, Michael Jackson est également une des personnalités les plus représentées dans les arts visuels. Depuis qu’Andy Warhol a utilisé son image en 1982, une large palette d’artistes contemporains, de différentes générations et travaillant dans différents pays, ont fait de même. Pour la toute première fois, l’exposition Michael Jackson : On the Wall réunit les œuvres de plus de 40 de ces artistes, des œuvres issues de collections publiques et privées du monde entier, et inclut également de nouvelles œuvres créées spécialement pour l’occasion. (...)

L'avis des critiques :

Ce n’est absolument pas une exposition hommage à Michael Jackson. Elle se veut traverser l’impact de son art sur l’art contemporain. On a des œuvres assez qualitatives depuis les années 80. Les fans risquent d’être un peu déçus, car c’est plutôt une traversée des arts visuels. Il y a une richesse dans les œuvres. Elles contiennent un discours complexe, qui est toutefois sous-exploité et lissé. Sandra Adam Couralet

C’est effectivement une exposition trompeuse puisqu’il n’y a pas du tout de « memorabilia ». On se demande s’il n’est pas lui-même une œuvre d’art totale dans cette exposition, qui questionne la construction des images dans l’art. Il y a quand même une étonnante ferveur dans cette exposition. Les œuvres sont de qualité inégale. Il y a une belle œuvre de Jérôme Bel qui fait s’exercer plusieurs personnes au « moonwalk ». Anaël Pigeat

On ne peut pas dire que cette exposition soit trompeuse puisqu’elle ne s’annonce pas comme une exposition « memorabilia ». Le propos du commissaire me fait toutefois bondir lorsqu’il évoque dans le texte du catalogue, cette idée « d’œuvre d’art totale ». L’exposition ne l’exprime en rien du tout. Si s’intéresser à une œuvre d’art totale, c’est rester à la surface des choses, on ne va pas bien loin. Cette exposition est un peu frustrante, car totalement inaboutie. Frédéric Bonnet

"SHIMABUKU - Pour les pieuvres, les singes et les Hommes", jusqu'au 16 décembre au Crédac (Centre d'art contemporain d'Ivry)

Shimabuku, vue de l’exposition Pour les pieuvres, les singes et les Hommes, Centre d’art contemporain  d’Ivry – le Crédac, 2018. Photo : André Morin / le Crédac. (© Shimabuku. Air de Paris, Paris)
Shimabuku, vue de l’exposition Pour les pieuvres, les singes et les Hommes, Centre d’art contemporain d’Ivry – le Crédac, 2018. Photo : André Morin / le Crédac. (© Shimabuku. Air de Paris, Paris)

Présentation officielle : Diplômé de l’Université des arts d’Osaka et du San Francisco Art Institute, c’est avec une performance que Shimabuku inaugure son œuvre : il se rase le sourcil gauche et prend le métro à Londres. Depuis, il explore et parcourt le monde par ses voies maritimes, terrestres, aériennes, en observateur ou provocateur de situations insolites entre les êtres vivants, notamment les animaux qu’il affectionne particulièrement. Né en 1969 à Kobé, second port du Japon, habitant aujourd’hui l’île d’Okinawa, Shimabuku porte une profonde attention à l’eau, source de vie, milieu d’échanges et d’expérimentations.

La pieuvre, sa compagne de route depuis les années 1990, est devenue progressivement une icône de ses actions. Dans Octopus Road Project (1991), il la fait voyager de la mer intérieure de Seto jusqu’à la mer du Japon. Le récit de cette aventure est épique, malheureusement tragique. En 2003, il part à la pêche au poulpe au large d’Albisola en Italie à l’aide de poteries suspendues à une corde, une technique ancestrale japonaise. En 2006, c’est à un duo de Repentistas, ces chanteurs improvisateurs du Nordeste brésilien, qu’il transmet ce projet, relatant à leur tour et en rythme ce récit tentaculaire. À la fois drôle et poétique, Shimabuku réussit avec cette œuvre protéiforme à faire oublier les frontières géographiques et culturelles. (...)

L'avis des critiques :

C’est une exposition dont le titre est extrêmement juste, puisque Shimabukhu a au cœur de son travail la question des rapports de l’homme avec son environnement. C’est un artiste rare et il faut rendre hommage à la programmation du Crédac qui propose une mini rétrospective qui donne une idée générale de son travail. Quelques-unes des productions ont été faites à Ivry même. Il y a vraiment dans son travail une sensibilité au monde. Anaël Pigeat

C’est une exposition merveilleuse qu’il faut vraiment aller voir. À une époque d’individualisme échevelé, on se retrouve plongé dans l’univers singulier d’un artiste. Il se met à l’écoute du monde avec des gestes qui paraissent être rien ou pas grand-chose et qui en s’accumulant vont produire un sens d’une délicatesse absolue. C’est un édificateur de récit et ce qui l’intéresse, c’est de provoquer des rencontres, une narration. Frédéric Bonnet

Ces œuvres s’inspirent toujours d’un événement, d’une personne, d’une situation dont il va pousser la logique pour en révéler la bizarrerie merveilleuse. Il arrive à faire circuler du sens dans un micro-événement comme dans les choses qui nous entourent. Dans cette exposition en trois parties, il donne la parole de manière horizontale à trois régimes d’être vivants : les pieuvres, les singes et les hommes. Il transforme l’animal en acteur. Sandra Adam Couralet

"OSSIP ZADKINE - L'instinct de la matière", jusqu'au 10 février au Musée Zadkine

Amédéo Modigliani (1884-1920). "Portrait de Zadkine". Paris, musée Zadkine.
Amédéo Modigliani (1884-1920). "Portrait de Zadkine". Paris, musée Zadkine.

Présentation officielle : « C’est l’instinct qui prime d’abord ; c’est le plus important ; tout le reste vient plus tard ; alors on s’arme d’une logique qui pénètre chaque geste. » - Ossip Zadkine, Entretien avec Jacques Charles, 16 septembre 1966

Le musée Zadkine rend un hommage inédit à l’artiste en soulignant sa place aussi originale que singulière au sein des modernismes du XXe siècle. L’exposition Ossip Zadkine, l’instinct de la matière met en lumière, à l’occasion du 130e anniversaire de l’artiste, son lien organique à la matière.

Après Être Pierre en 2017, poursuivant l’exploration des matérialités créatrices, le musée fait pénétrer le visiteur dans l’intimité du dialogue de Zadkine avec les différents matériaux qui sont à ses yeux des « puissances formelles ». Pour l’artiste russe (Vitebsk 1888 – Paris 1967), la matière est toujours « première ». Il sait, il sent qu’elle est porteuse d’une vocation formelle. L’exposition retrouve ce lien intime à la matière primordiale, aux formes en gestation : les veines et les nodosités du bois, la densité et les particules de la roche, la fluidité de l’encre ou de la gouache…

« Inductives», les matières sont riches d’une dynamique, d’une poussée que le geste du tailleur ou la main du dessinateur doit capter en retour. « Du dialogue avec la matière nait le geste de l’homme », confiait Zadkine à Pierre Cabane (Arts, 1960). L’authenticité de la création plastique passe par ce rapport instinctif avec la matière que Zadkine n’aura de cesse d’éprouver.

Le musée bénéficie à cette occasion de prêts exceptionnels comme Le Fauve du Musée de Grenoble, une très belle série d'œuvres graphiques prêtées par le musée d’Art moderne de la Ville de Paris ou L’Odalisque, pièce majeure du musée Réattu en Arles. Le visiteur découvre l’oeuvre de Zadkine dans un parcours enrichi, avec une scénographie dictée par la résonance même du propos. L’introduction d’œuvres sur papier permet notamment de retrouver le mode de présentation adopté par l’artiste de son vivant et de dépasser l’image d’une oeuvre identifiée à la seule sculpture. Cette approche souligne la richesse plastique et la force intérieure d’une création attachée à préserver la nécessité vitale du lien de l’homme à la nature.

L'avis des critiques :

Pour moi, ce n'est pas la singularité de Zadkine dont il est question. Je trouve qu’on met l’accent sur la matière dans cette exposition. On a une stylisation, s'apparentant parfois aux arts décoratifs qui est soulignée. Le découpage thématique n'a pour moi pas beaucoup de sens dans cette exposition qui pourrait toutefois se lire comme une seule et même salle. Les œuvres qui sont toujours très bien éclairées dans ce musée donnent à voir la composition de la matière. Sandra Adam Couralet

En arrivant au Musée Zadkine, on essaye d’attraper les idées énoncées par les commissaires. C’est une manière élégante de faire vivre la collection du musée en évaluant comment il exerce une singularité. Il est vrai que les sections de l’exposition sont un peu confuses dans leur définition en même temps le catalogue est d’une véritable richesse, il parle d’un impératif de sincérité. L’intérêt de cette exposition est de nous faire regarder les œuvres. Anaël Pigeat

Il s’agit d’un beau ré-accrochage de la collection. Cet intitulé et la manière dont sont présentées les choses me posent plus de questions que cela m'apporte de réponses. On a une façon d’amener le sujet avec la question de la primauté de l’instinct et de la matière pour poser la singularité de Zadkine. Par ailleurs, je veux bien que le terme « primitivisme » ait pu s’employer au début du 20ème siècle. Aujourd’hui on ne peut plus s’exprimer de la même manière. Frédéric Bonnet

>> LE COUP DE CŒUR D'ANAËL PIGEAT : « Charles et Marie-Laure de Noailles, mécènes du XXe siècle » d’Alexandre Mare et Stéphane Boudin-Lestienne (Couleurs contemporaines, B. Chauveau éditeur, Association Villa Noailles)

« Charles et Marie-Laure de Noailles, mécènes du XXe siècle » d’Alexandre Mare et Stéphane Boudin-Lestienne (Couleurs contemporaines, B. Chauveau éditeur, Association Villa Noailles)
« Charles et Marie-Laure de Noailles, mécènes du XXe siècle » d’Alexandre Mare et Stéphane Boudin-Lestienne (Couleurs contemporaines, B. Chauveau éditeur, Association Villa Noailles)

Présentation officielle : La villa Noailles est un lieu emblématique de la modernité qui a marqué les décennies qui ont suivi la Première Guerre mondiale. Charles et Marie-Laure de Noailles, de 1923 à 1973, ont acquis des oeuvres d'art issues de toutes les disciplines. Toutes leurs vies, quitte à choquer ou à être critiqué, ils furent en éveil face aux enjeux plastiques et intellectuels de leurs temps et les ont soutenus.

Ce n’est pas un livre universitaire, mais un livre savant, ce n’est pas un livre didactique, mais un livre très clair. On se promène et on s’amuse dans ce livre qui rassemble des archives, des photographies, des documents et qui met en avant un croisement d’époques. Il présente un modèle de mécénat très singulier avec une activité particulière, un mécénat d’une liberté totale. Anaël Pigeat

Vos commentaires :

Avant et pendant l'émission, réagissez et donnez votre avis sur le compte Twitter et la page Facebook de la Dispute.

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

Intervenants
  • Critique d’art, commissaire d’exposition indépendant et co-auteur du magazine "Les Regardeurs"
  • Editor-at-large du mensuel The Art Newspaper édition française, critique d’art et journaliste à Paris Match, productrice de documentaires sur France-Culture, ancienne critique à La Dispute sur France Culture
  • Journaliste au Journal des Arts
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