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Arts-Plastiques: Ouverture du département des Arts de l'Islam et Canaletto

59 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, la Dispute portera sur l'actualité des arts-plastiques avec les critiques suivants:

Châh' Abbâs 1er et son page 1036, H/1627
Châh' Abbâs 1er et son page 1036, H/1627

Philippe Régnier :

Cette présentation privilégie l'approche érudite et complète. L'accumulation des pièces autorise la confrontation des chefs-d'oeuvres avec d'autres objets réalisés dans les même contextes. L'accrochage permet une bonne compréhension de la civilisation Islamique grâce à des cartels détaillés et des dispositifs multimédias.

Corinne Rondeau : La richesse est considérable. Mais la scénographie, notamment des vitrines, joue de reflets qui ajoutent à la richesse une accumulation qui peut être gênante. On découvre cependant par le passé notre propre présent en confrontant les arts de l'Islam au sein d'une actualité orient-occident avec celui l'Orient romain et byzantin qui l'entoure, tel un écrin.

Arnaud Laporte :

Il y a un travail pédagogique passionnant, qui utilise intelligemment les supports numériques , mais qui fait aussi la part belle aux sensations physiques, grâce aux stations tactiles. Et devant cette profusion d'oeuvres, la vraie réussite du lieu, c’est que l'on a envie d'y retourner (...)

Le clou de ce département, pour moi, est le porche mamlouk, remonté pour la première fois depuis son arrivée par bateau au havre en 1889 .

Sabine Gignoux :

L’architecture est très réussie. Elle respecte les façades anciennes et dégage un espace très lumineux où les œuvres respirent.

Lorsque l'on descend, on a l'impression d'être dans une grotte très sombre avec un manque d’éclairage.

L'exposition est peut-être trop dense et pas assez hiérarchisée. Il manque un scénographe qui aurait du s’imposer aux conservateurs. J’ai regretté qu'il y ait trop peu de livres et de miniatures exposées.

Cependant, il y a un très bel effort pédagogique.

Le grand Canal et le pont du Rialto vu du Sud
Le grand Canal et le pont du Rialto vu du Sud Crédits : Canaletto

Philippe Régnier:

J’ai aimé le carnet de croquis que l’on peut feuilleter numériquement et qui dévoile la manière dont l'artiste construisait ses compositions. L'exposition du musée Maillol propose une plongée dans Venise, une ballade au sein de la cité des doges, vue au travers de l'oeuvre de Canaletto.

Corinne Rondeau : C’est magnifique. Les points de vue sont magistraux ; nous ne cessons pas de tourner autour d'eux.

Sabine Gignoux:

Il y a quelque chose de très théâtral chez Canaletto. J’ai une réserve sur la qualité des œuvres exposées. Certaines me laissent perplexe.

Canaletto et Guardi au Musée Jacquemart-André du 14 septembre au 14 janvier 2013.

Le Canale di Cannaregio avec le Palazzo Surian-Bellotto, l'ambassade de France, huile sur toile
Le Canale di Cannaregio avec le Palazzo Surian-Bellotto, l'ambassade de France, huile sur toile Crédits : Fransesco Guardi

Philippe Régnier: Les caprices, qui sont présentés en toute fin de l’exposition, m’ont beaucoup intéressé. Ils témoignent de ce moment où ces artistes, Canaletto, Guardi, Bellotto, peignent des ruines en s’inspirant non plus seulement de l'Antique mais en puisant dans le corpus de l’architecture vénitienne. C'est la séquence que j'ai préférée dans cette exposition.

Corinne Rondeau : La confrontation est intéressante mais un peu courte. Elle permet de voir comment la structure perspectiviste très forte chez Canaletto donne une vision claire et mathématique, quand celle de Guardi est réaliste, foisonnante. Les tableaux de Canaletto sont plus lumineux, plus aérés. Cette exposition permet cependant de donner une juste mesure entre les deux peintres.

Sabine Gignoux:

Les tableaux de jeunesse de Canaletto sont extrêmement beaux. On voit son prodigieux traitement de la lumière modulée sur les architectures.

Guardi souffre des prêts qui ne sont pas à la hauteur. Il me touche quand même, car j’y vois la fin de Venise, le drame annoncé du déclin de cette ville.

Les coups de coeurs :

Sabine Gignoux :

Nassau Street, 7th September 2010, 1.57.04 pm., 2010
Nassau Street, 7th September 2010, 1.57.04 pm., 2010 Crédits : Paul Graham

Il y a deux séries de Paul Graham présentées : une de 1984 (Beyond Caring) et la deuxième de 2011 (The Present).

Il attache beaucoup d’importance à l’édition de son travail photographique (entre les deux)

Il y a une incroyable cohérence dans son œuvre qui est engagée, humaniste et qui se renouvelle constamment.

Chaque série présente une forme photographique originale.

Il est attentif à ce qu’on ne voit pas.

  • On a le regard « lavé » quand on sort de cette exposition. *

Catalogue de l'exposition:

Philippe Régnier :

Ce lieu est incroyable dans sa genèse où il y a eu de nombreuses expositions.

Aujourd’hui, c’est Michel Blazy qui intervient dans ce lieu pour une sorte de rétrospective dans laquelle, il fait participer le spectateur.

Bien sûr, la revue de presse arts-plastiques d'Antoine Guillot: Non-expositions.

Et le coup de fil de Seham Boutata au photographe Charles Fréger pour son exposition Seconde Peau au Point du jour du 23 septembre au 3 février 2013.

Pastille introductive: Magda DANYSZ .

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