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A droite : Le flamboyant - Martinique © musée du quai Branly - Jacques Chirac, photo Claude Germain / A gauche : Jan Sluijters, Bal Tabarin Collection Stedelijk Museum Amsterdam - Julien Creuzet, 2018

Arts plastiques : "Van Dongen c’est la claque absolue !"

55 min
À retrouver dans l'émission

La Dispute sera dédiée aux arts plastiques ce soir, avec à notre affiche trois expositions : "Peintures des lointains" au musée du quai Branly, "Les Hollandais à Paris, 1789-1914" au Petit Palais et "Julien Creuzet" à Bétonsalon.

A droite : Le flamboyant - Martinique © musée du quai Branly - Jacques Chirac, photo Claude Germain / A gauche : Jan Sluijters, Bal Tabarin Collection Stedelijk Museum Amsterdam - Julien Creuzet, 2018
A droite : Le flamboyant - Martinique © musée du quai Branly - Jacques Chirac, photo Claude Germain / A gauche : Jan Sluijters, Bal Tabarin Collection Stedelijk Museum Amsterdam - Julien Creuzet, 2018

"Peintures des lointains" au musée du quai Branly - Jacques Chirac jusqu'au 28 octobre

La Fête arabe dans la campagne de Tlemcen - © musée du quai Branly - Jacques Chirac, photo Claude Germain
La Fête arabe dans la campagne de Tlemcen - © musée du quai Branly - Jacques Chirac, photo Claude Germain
Intérieur arabe - © musée du quai Branly - Jacques Chirac, photo Claude Germain
Intérieur arabe - © musée du quai Branly - Jacques Chirac, photo Claude Germain

Présentation officielle :

Lumière sur la collection de peintures conservée au musée du quai Branly - Jacques Chirac. Près de deux cents œuvres inédites révèlent l’évolution, à travers les siècles, du regard porté en Occident sur les peuples, sociétés et territoires plus ou moins lointains.

Pour cette première exposition consacrée à la collection de peintures conservée quai Branly, Peintures des lointains rassemble près de deux cent toiles et œuvres graphiques – parmi les cinq cents du fonds – datant de la fin du XVIIIe siècle jusqu’au milieu du XXe siècle.

Une collection composite et largement méconnue, où l’odalisque d’Ange Tissier côtoie les portraits d’Amérindiens de George Catlin, les scènes de vie quotidienne cairote d’Émile Bernard voisinent les estampes et dessins de Tahiti signés Matisse ou Gauguin.

À travers cette collection, c’est aussi l’histoire d’une rencontre avec l’Autre et l’Ailleurs qui est contée, l’évolution du regard artistique face à l’inconnu qui est questionnée. Dans une Europe en pleine expansion coloniale, face au choc d’un monde qui lui ouvre ses portes, l’art occidental emprunte différentes voies. Cédant d’abord à la tentation de l’exotisme – où l’exaltation de la couleur et de la lumière sert les rêves d’un Orient de luxe et de volupté – il figurera par la suite un regard plus réaliste, ethnographique, attentif à l’autre.

Entre onirisme et naturalisme, fantasme et documentaire, romantisme et propagande coloniale, un miroir de l’histoire artistique et politique.

Le sujet est suffisamment sensible aujourd’hui pour appuyer l’exposition sur un appareil critique ici inexistant… Cette exposition est une occasion ratée, on aurait dû poser les enjeux de la colonisation. Alors qu’ici on met les choses sous le tapis. Frédéric Bonnet

Ce sont des peintures de propagande. Cette exposition est classée comme mon bureau ! On ne comprend rien : il y a de très belles boites mais c’est le grand désordre à l’intérieur. Stéphane Corréard

Je suis un peu embêtée par l’exposition… Il y a trois parties : l’exotisme, l’autre et la puissance coloniale… Ce n’est pas du tout chronologique. Et la propagande du début apparaît comme des peintures de paysage… Corinne Rondeau

Il faut y faire son propre chemin, ce qui sur des sujets sensibles est compliqué pour les spectateurs… Arnaud Laporte

Tigre à l'affût - © musée du quai Branly - Jacques Chirac, photo Léo Delafontaine
Tigre à l'affût - © musée du quai Branly - Jacques Chirac, photo Léo Delafontaine
Halte de la caravane - © musée du quai Branly - Jacques Chirac, photo Léo Delafontaine
Halte de la caravane - © musée du quai Branly - Jacques Chirac, photo Léo Delafontaine

"Les Hollandais à Paris : 1789-1914, Van Gogh, Van Dongen, Mondrian..." Jusqu'au 13 mai au Petit Palais

George Hendrik Breitner, Le Kimono rouge, 1893, huile sur toile, Amsterdam, Stedelijk Museum © Collection Stedelijk Museum Amsterdam
George Hendrik Breitner, Le Kimono rouge, 1893, huile sur toile, Amsterdam, Stedelijk Museum © Collection Stedelijk Museum Amsterdam
Vincent van Gogh, Jardins potagers et moulins à Montmartre, 1887, huile sur toile, Amsterdam, Van Gogh Museum (Vincent van Gogh Foundation)
Vincent van Gogh, Jardins potagers et moulins à Montmartre, 1887, huile sur toile, Amsterdam, Van Gogh Museum (Vincent van Gogh Foundation)

Présentation officielle :

Le Petit Palais est heureux de présenter, en collaboration avec le musée Van Gogh d’Amsterdam et le RKD (Institut Néerlandais d’Histoire de l’Art) de la Haye, la première grande exposition en France dédiée aux riches échanges artistiques, esthétiques et amicaux entre les peintres hollandais et français à Paris, de la fin du XVIIIe  siècle jusqu’au début du XXe  siècle. Cent quinze œuvres empruntées aux plus grands musées des Pays-Bas, mais aussi à d’autres musées européens et américains, jalonnent ce parcours retraçant un siècle de révolutions picturales. Le parcours chronologique raconte ces liens qui se sont noués entre les artistes hollandais et leurs confères français, les influences, échanges et enrichissements mutuels à travers les figures de neuf peintres néerlandais : Gérard van Spaendonck pour la fin du XVIIIe  et Ary Scheffer pour la génération romantique; Johan Jongkind, Jacob Maris, et Frederik Kaemmerer pour le milieu du XIXe  siècle, George Breitner et Vincent van Gogh pour la fin du XIXe  siècle, et enfin Kees van Dongen et Piet Mondrian pour le début du XXe . Leurs œuvres sont présentées aux côtés de celles d’artistes français contemporains comme Géricault, David, Corot, Millet, Boudin, Monet, Cézanne, Signac, Braque, Picasso... afin d’établir des correspondances et comparaisons.

Van Dongen c’est la claque absolue ! La salle est très réussie. On se prend la matière dans les yeux, c’est très lumineux. Corinne Rondeau

C’est justement l’inintelligibilité des tableaux de Van Dongen qui nous intéresse aujourd’hui. Stéphane Corréard

J’ai trouvé l’exposition assez longue… Ce n’est pas vraiment palpitant. L’exposition manque de structure, s’il y a beaucoup de prêts cela donne l’impression d’une exposition faite avec ce qu’on a sous la main… Frédéric Bonnet

Johan-Barthold Jongkind (1819-1891). Notre-Dame vue du quai de la Tournelle. Huile sur toile, 1852. Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, Petit Palais © Petit Palais / Roger-Viollet
Johan-Barthold Jongkind (1819-1891). Notre-Dame vue du quai de la Tournelle. Huile sur toile, 1852. Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, Petit Palais © Petit Palais / Roger-Viollet
Philip van Bree, Vue de l’atelier de Jan Frans van Dael à la Sorbonne, 1816, huile sur toile, Worcester Art Museum, MA, Stoddard Acquisition Fund, 2016.12 © Image courtesy of the Worcester Art Museum, MA.
Philip van Bree, Vue de l’atelier de Jan Frans van Dael à la Sorbonne, 1816, huile sur toile, Worcester Art Museum, MA, Stoddard Acquisition Fund, 2016.12 © Image courtesy of the Worcester Art Museum, MA.

Julien Creuzet à Bétonsalon jusqu'au 14 avril

Julien Creuzet, 2018.
Julien Creuzet, 2018. Crédits : Crédit Aurélien Mole / Bétonsalon - Centre d'art et de recherche.

Présentation officielle : 

Dans ce projet, Julien Creuzet com­mente et met en forme des his­toi­res de dépla­ce­ment, d’exils, d’accultu­ra­tion et de réap­pro­pria­tion des iden­ti­tés. Ses œuvres mêlent éléments du quo­ti­dien, formes en bois, poésie, chan­sons et musi­que. Elles habi­tent les lieux des deux ins­ti­tu­tions et dia­lo­guent entre elles. Dans l’une, l’artiste cons­truit des forêts radieu­ses habi­tées, offrant un contre-pied à un moder­nisme cen­tra­li­sa­teur que la volonté d’uni­ver­sa­lisme a rendu aveu­gle à la diver­sité des expériences vécues. Dans l’autre des formes en bois sus­pen­dues sem­blent rete­nir leur res­pi­ra­tion, tiraillées entre dif­fé­ren­tes forces orga­ni­ques, syn­thé­ti­ques ou finan­ciè­res. Creuzet place au cœur de ses ins­tal­la­tions le lien entre iden­ti­tés et économies, qu’il s’agisse des tra­jec­toi­res trans­at­lan­ti­ques des Antillais.e.s ou de celles des migrant.e.s des Suds glo­baux, sujets d’une divi­sion raciale du tra­vail qui ne dit pas son nom et pour­tant trans­pa­raît dans tous nos lieux de vie, qu’ils soient inti­mes ou publics.
En com­po­sant des pay­sa­ges mul­ti­li­néai­res faits d’éléments hété­ro­gè­nes, mêlant oura­gans des Caraïbes, mar­chés cou­verts de Montreuil et galè­res por­tu­gai­ses, Creuzet fait écho aux préoc­cu­pa­tions du phi­lo­so­phe Achille Mbembe qui dans son essai Politiques de l’ini­mi­tié (La Découverte, 2016) se demande : « Comment, dans les condi­tions contem­po­rai­nes, contri­buer à l’émergence d’une pensée capa­ble de contri­buer à la conso­li­da­tion d’une poli­ti­que démo­cra­ti­que à l’échelle du monde, une pensée des com­plé­men­ta­ri­tés plutôt que de la dif­fé­rence ? » En pen­sant les émotions et les expé­rien­ces par­ti­cu­liè­res du monde, il crée un espace social et formel habité où marges et cen­tres sont remis en cause.
À la Fondation d’entre­prise Ricard, l’expo­si­tion s’achè­vera le lundi 19 février par une jour­née de per­for­man­ces. À l’issue de ce cha­pi­tre, toutes les œuvres seront ras­sem­blées à Bétonsalon - Centre d’art et de recher­che pour former un der­nier ensem­ble foi­son­nant.
Les expo­si­tions seront accom­pa­gnées d’une publi­ca­tion gra­tuite com­mune aux deux ins­ti­tu­tions.

Julien Creuzet, 2018.
Julien Creuzet, 2018. Crédits : Crédit Aurélien Mole / Bétonsalon - Centre d'art et de recherche.
Julien Creuzet, 2018.
Julien Creuzet, 2018. Crédits : Crédit Aurélien Mole / Bétonsalon - Centre d'art et de recherche

J’ai été plutôt séduites par une sorte d’éclatement dans la salle. La bande sonore est très belle : cette boucle avait quelque chose d'assez hypnotique et cela joue avec l'espace. Corinne Rondeau

Formellement c’est assez convenu, mais je suis intéressé par la manière dont l’exposition est conçue. Frédéric Bonnet

Là on est en terrain glissant… La référence à E. Glissant est partout ! Les installations de Julien Creuzet sont l’illustration du «Petit Glissant illustré». Ce sont des formes, ou plutôt des informes ! L’esthétique générale n’a rien d’originale. Stéphane Corréard

Programmation musicale :

La nuit étoilée - Armand Frydman

Pont Aven - Marc-Olivier Dupin

Violin in cage - Lyonel Bauchet

Vos commentaires :

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Intervenants
  • Maître de conférences en esthétique et sciences de l’art à l’Université de Nîmes et critique d'art
  • Critique d'art, directeur du salon Galeristes, participe à La Dispute sur France Culture, signataire de la Tribune “Non au «cadeau» de Jeff Koons” dans Libération
  • Journaliste au Journal des Arts

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