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Arts plastiques : "L'idée de décentraliser le discours est séduisante"

55 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, arts plastiques : un livre sur les paysages dans l'histoire de l'art ; les estampes d'Antoni Clavé à la BnF (site François Mitterrand) et l'ouverture du Toguna, lieu de création et de transmission au Palais de Tokyo.

Pérégrinations - Paysages entre nature et histoire, Pierre Wat (Hazan)

Présentation de l'éditeur : Le paysage n’existe que dans l’œil de celui qui le regarde. Il faut donc suivre les pas de l’homme en marche si l’on veut comprendre comment notre rapport au monde et à l’histoire se dessine : par la confrontation de l’individu et de la nature. Car le paysage, c’est la nature éprouvée : nature traversée, nature possédée, nature sublimée, nature terrifiante, nature qui échappe à qui tente de la conquérir. L’artiste qui s’adonne au genre du paysage nous offre bien plus qu’une simple représentation de morceaux de nature. Il se fait archéologue, scrutant comme dans un livre le sol où affleure la mémoire de l’histoire humaine, sous forme de traces.
Ecrire l’histoire du paysage à l’époque contemporaine c’est aussi faire le constat d’une relève : celle qui voit, à partir du début du XIXe siècle, la peinture de paysage se substituer progressivement à la peinture d’histoire afin de porter le grand récit de l’humanité dans ses tentatives de connaître et de façonner le monde. Un genre s’épuise, un autre s’épanouit afin d’explorer d’autres formes de représentation, et d’interrogations.

Lorsque le sculpteur français David d’Angers, contemplant La Mer de Glace dans l’atelier de Caspar David Friedrich, à Dresde, dit que le peintre est l’inventeur d’un genre nouveau, « la tragédie du paysage », c’est cela qu’il désigne. Cette manière, qui va traverser toute la période contemporaine, de faire du paysage le lieu de l’enfouissement et de l’émergence de l’histoire.

Parce que l’histoire devient un présent qui saute à la gorge – révolutions, guerres, massacres, génocides –, les artistes se tournent de façon privilégiée vers le paysage comme une forme capable d’accueillir l’innommable en son sein et d’exprimer ce qui aveugle, terrifie, ou fascine. Peintres, dessinateurs, photographes, de Goya à Sophie Ristelhueber, d’Otto Dix à Zoran Music et Anselm Kiefer, vont s’affronter au paysage comme à ce lieu où peut se manifester l’inquiétude de l’homme face à l’histoire. Mais aussi son désir, ses croyances, et sa liberté.

Ce sont les étapes de cette aventure de l’homme au monde que nous suivons dans cet ouvrage : paysages de ruines, paysages en guerre, paysages où l’on foule une histoire oscillant entre affleurement et invisibilité, paysages qui nous confrontent à l’indifférence du monde, sont quelques-uns des thèmes qui racontent les pérégrinations inquiètes de l’homme contemporain marchant dans le monde à la recherche de sa propre trace.
C’est enfin une méditation personnelle sur la nécessité qu’éprouvent tant d’artistes, aujourd’hui, d’avoir recours au paysage pour affronter ce que le XX° siècle nous a légué de plus terrible : l’anéantissement sans traces. Le paysage s’impose comme l’une des formes majeures, pudique et émouvante, de l’histoire contemporaine.

Couverture
Couverture Crédits : Hazan

Ce livre m'a laissé dubitative car il hésite entre l'histoire de l'art et l'histoire de Pierre Wat. Corinne Rondeau

De nombreuses affirmations péremptoires m'ont laissé circonspect. La contemplation de Friedrich n'est pas qu'une contemplation de l'histoire, c'est aussi une contemplation spirituelle. Frédéric Bonnet 

C'est un livre qui va droit au but trop directement... Florian Gaité

Antoni Clavé. Estampes, jusqu'au 25 février à la BnF

Présentation officielle : Antoni Clavé fait partie des peintres graveurs du XXe siècle qui, comme Pablo Picasso, Joan Miró, ont trouvé dans la gravure une pratique complémentaire indispensable à la peinture. Ses gravures d’illustration et estampes originales créées dès la fin des années 1930 jusqu’à l’orée des années 2000 constituent un ensemble d’une grande richesse technique et stylistique.

L’exposition présentée à la BnF est organisée à l’occasion d’une donation d’estampes consentie pas ses petits enfants. Elle est concomitante de la parution du catalogue raisonné de son œuvre gravé. Depuis ses premières lithographies sur le thème des rois qui firent sa gloire à la fin des années1950 jusqu’aux grands formats abstraits des années 1990, l’exposition permettra de (re)découvrir l’œuvre gravé de cet artiste singulier, inclassable.

C'est un artiste qui a du mal à sortir du modèle et des hommages. J'ai trouvé son travail froid, désincarné et techniciste. Florian Gaité

Il se tient à une marginalité ; tout son travail relève du report de l'image qu'on connait. 

Il est entre l'artisan et l'artiste. Corinne Rondeau

Antoni Clavé
Antoni Clavé Crédits : BnF

Toguna - Le lieu de tous les savoirs, ouverture du lieu le 13 janvier au Palais de Tokyo

Présentation officielle : Lieu de convivialité et de partage, le Toguna est un écrin propice à la concentration et à la contemplation et dessine un territoire collectif, tant dans sa conception que dans son usage. Objet interminable d’interprétations, sa particularité esthétique vient d’emblée signaler qu’une autre forme d’apprentissage est possible.

Le Toguna a d’abord été imaginé comme un grand paysage à arpenter, à visiter. C’est une oeuvre immersive, à la fois observatoire des différents savoir-faire convoqués et matériauthèque expérimentale. Le Toguna interroge notre rapport à la transmission en débordant de la forme classique de l’amphithéâtre.

Une œuvre immersive dédiée à la transmission du savoir avec : Maloles Antignac (artiste céramiste), Pierre-Henri Beyssac (marqueteur), Jean-Marc Ferrari (artiste plasticien), Dimitry Hlinka (designer), Jérémy Maxwell Wintrebert (souffleur de verre), Thomas Niemann (ferronnier d'art), François-Xavier Richard (dominotier), Frédéric Richard (doreur), Martine Rey (laqueuse), Anne Laure Sacriste (artiste plasticienne), Thomas Teurlai (artiste plasticien), Marion Verboom (artiste plasticienne), Julien Vermeulen (plumassier), Lina Ghotmeh (architecte), MTX Broderie Architecturale, Sèvres-Cité de la Céramique.

Le Toguna est aussi le lieu d’ancrage de l’Atelier des regardeurs initié en février 2017 et dont le cycle inaugural s’est tenu sous la direction de Bernard Marcadé. Organisés autour d’un thème (« De l’ombre », « De l’épreuve de soi », « De la théâtralisation », etc.), chaque Atelier prend pour point de départ les pratiques artistiques les plus radicales aujourd’hui et remonte le temps pour en retrouver les échos et les résonances jusqu’à la préhistoire.

C'est un lieu qui force à la déambulation et peut redistribuer les cartes de la parole publique. Florian Gaité

Il y a un côté archaïque et hyper-contemporain ; j'attends de voir ce lieu vivre. Corinne Rondeau

J'ai trouvé ce lieu un peu froid mais l'idée de décentraliser le discours est séduisante. Frédéric Bonnet

Visuel
Visuel Crédits : Palais de Tokyo

Interludes musicaux

  • Piano Phase 9, Chino Sanchez
  • Eki, Paul Erskine
  • Minimalism, Lyonel Bauchet

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Intervenants
  • Journaliste au Journal des Arts
  • Maître de conférences en esthétique et sciences de l’art à l’Université de Nîmes et critique d'art
  • Docteur en philosophie, enseignant à l'Université Paris 1
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