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En haut à gauche : Andy Warhol dans sa Factory ; à droite : A poem I used to know, encres sur pages de l'Universal Technological Dictionary ('153 x 176 cm) ; en bas : Pierre Soulages

Arts plastiques : "J'ai lu ce livre comme un roman d'aventure"

55 min
À retrouver dans l'émission

La Dispute s'intéresse ce soir à trois livres d'art : un essai théorique sur l'oeuvre de Soulages, un autre sur les lieux alternatifs qui ont marqué la création new-yorkaise et un catalogue par l'artiste William Kentridge lui-même sur son travail.

En haut à gauche : Andy Warhol dans sa Factory ; à droite : A poem I used to know, encres sur pages de l'Universal Technological Dictionary ('153 x 176 cm) ; en bas : Pierre Soulages
En haut à gauche : Andy Warhol dans sa Factory ; à droite : A poem I used to know, encres sur pages de l'Universal Technological Dictionary ('153 x 176 cm) ; en bas : Pierre Soulages Crédits : Courtoisie Goodman Gallery / Creative Commons

Pierre Soulages, Robert Fleck et Hans Ulrich Obrist (Manuella éditions)

Présentation de l'éditeur : « Pierre préférerait que vous écriviez un livre théorique sur son travail. Cette communication téléphonique avec Colette Soulages, début 2015, m’avait laissé sans voix. Aucun artiste ne m’avait demandé une chose pareille. »

Robert Fleck – professeur d’histoire de l’art à la Kunstakademie de Düsseldorf – signe finalement un livre dont le propos est à la fois biographique, historique et théorique.

Il retrace l’itinéraire de Pierre Soulages, de sa découverte du monde de l’art dans le Paris de l’entre-deux-guerres à sa rencontre avec l’école de New York et l’expressionnisme abstrait, de la reconnaissance internationale dès le début des années 1950 à l’ouverture du musée de Rodez.

Et simultanément, il explore la singularité esthétique d’une œuvre qui interroge le pouvoir de la peinture, un pouvoir intimement lié à la sensation et l’émotion. L’art, selon Soulages, doit « rendre présent un rapport aux autres et au monde. L’œuvre renouvelle le regard, le change et nous change, et à travers les époques exerce un pouvoir sur celui qui regarde. […] Très tôt j’ai pratiqué une peinture qui abandonnait l’image, et que je n’ai jamais considérée comme un langage (au sens où le langage transmet une signification). Ni image, ni langage. »

Pour clore cet essai, nous entrons avec Hans Ulrich Obrist – directeur artistique de la Serpentine Gallery à Londres – dans l’atelier de l’artiste, pour prendre part à une conversation où il est question d’enfance, de noir, d’outre-noir et d’amitiés…

Couverture du livre
Couverture du livre Crédits : Manuella éditions

Théoriquement, c'est léger. Mais il y a de très belles descriptions des œuvres de Soulages, sensibles et fouillées. Florian Gaité

Ce livre m'a donné envie de revoir des œuvres du peintre. 

Il y a un parallèle entre la définition du Nouveau Roman et de son art : ils partagent la neutralité. Anaël Pigeat

Ce livre veut réfuter les préjugés mais c'est pathétique : Soulages ressasse sans cesse les mêmes obsessions et aucun peintre ne trouve grâce à ses yeux. Stéphane Corréard

Une histoire des espaces alternatifs à New York, Pauline Chevalier (Les presses du réel)

Présentation de l'éditeur : 112 Greene Street, The Kitchen, Artists Space, The Clocktower, P.S.1, Franklin Furnace, ou Fashion Moda : ces lieux nés durant la décennie 1970, et parfois toujours en activité, ont laissé une empreinte durable sur la scène artistique new-yorkaise. 

« Espaces alternatifs », d'abord installés dans ces quartiers industriels du sud de Manhattan qui deviendront SoHo et TriBeCa, puis dans l'East Village, le Queens, Brooklyn, ou encore le sud du Bronx, ces lieux d'exposition, de création et de sociabilité établis en marge des institutions muséales et des galeries commerciales ont favorisé l'épanouissement de nouvelles pratiques : art processuel, danse postmoderne, art vidéo, performance. 

C'est une enquête historique et un parcours géographique que propose l'ouvrage, mettant en lumière l'articulation entre ces pratiques et les phénomènes institutionnels, sociaux, économiques et urbains dont elles ne peuvent être dissociées. Si les installations dans les espaces bruts du 112 Greene Street ou l'exposition inaugurale de P.S.1 révèlent un engouement pour le matériau urbain, c'est aussi la place des artistes dans la ville de New York qui est alors constamment interrogée, depuis la légalisation des premiers lofts jusqu'aux critiques virulentes de la gentrification qui émanent de la communauté artistique elle-même. Alors qu'au début des années 1970 ces lieux alternatifs profitent d'un contexte économique favorable et du soutien d'une nouvelle politique culturelle fédérale et locale, le milieu des années 1980 sonne le glas d'un mouvement. « The Fun is gone » arbore la Fun Gallery à sa fermeture dans l'East Village en 1985. La scène alternative s'essouffle sous la présidence Reagan, non sans avoir nourri sa propre histoire et contribué à la constitution d'une mythologie et d'un héritage dont l'ambivalence persiste aujourd'hui.

Couverture
Couverture Crédits : Les presses du réel

Pauline Chevalier est maître de conférences à l'université de Bourgogne – Franche-Comté où elle enseigne l'histoire de l'art et la muséologie. Sa recherche porte sur les convergences entre littérature, danse, sculpture et image en mouvement dans l'art américain depuis les années 1960, et sur les croisements entre espace d'exposition et espace scénique dans l'art contemporain.

J'ai lu ce livre comme un roman d'aventure. Stéphane Corréard

Ce livre raconte notamment l’institutionnalisation de la critique des institutions. Florian Gaité

L'histoire des décennies 70/80 éclairent la création contemporaine : c'est un livre très nourrissant. Anaël Pigeat 

Smoke Ashes Fable, William Kentridge (Actes sud)

Présentation de l'éditeur : Depuis ses débuts à la Documenta X en 1997, l'artiste sud-africain William Kentridge a acquis une reconnaissance internationale. À l'occasion de cette grande rétrospective organisée au Sint Janshospitaal de Bruges, ce sont ses créations majeures qui sont rassemblées et nous permettent de prendre ainsi la mesure de la force de cette œuvre protéiforme (dessins, peintures, impression, tapisseries, sculptures, dessins animés, opéra...

Le catalogue est primordial : c'est la trace durable d'une exposition fugace. Celui-ci n'en rend pas bien compte. Anaël Pigeat 

Ce catalogue a radicalement changé ma vision de cet artiste qui ne m'intéressait pas particulièrement auparavant. Stéphane Corréard

J'ai pris beaucoup de plaisir à me perdre dans ce livre. Kentridge livre une réflexion intéressante sur l'ombre vers laquelle il nous pousse. Florian Gaité

Couverture
Couverture Crédits : Actes sud

Interludes musicaux

  • Outerspace, Lyonel Bauchet
  • Lesson n° 1 For Electric Guitar,  Glenn Branca
  • Sour Grapes, Brian Crain

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Intervenants
  • Docteur en philosophie, enseignant à l'Université Paris 1
  • Critique d'art, directeur du salon Galeristes, participe à La Dispute sur France Culture, signataire de la Tribune “Non au «cadeau» de Jeff Koons” dans Libération
  • Editor-at-large du mensuel The Art Newspaper édition française, critique d’art et journaliste à Paris Match, productrice de documentaires sur France-Culture, ancienne critique à La Dispute sur France Culture

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