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Arts-plastiques: Raphaël et Bertille Bak

59 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, la Dispute portera sur l'actualité des arts plastiques avec les critiques suivants:

  • Frédéric Bonnet (Le Journal des Arts)- Corinne Rondeau (France Culture)- Richard Leydier (Artpress)sur les expositions suivantes:

  • Raphaël , au Louvre du 11 octobre au 14 janvier 2013. France Culture est partenaire de cette exposition.

Raphaël: Autoportrait avec un ami
Raphaël: Autoportrait avec un ami

Frédéric Bonnet :

Cette exposition pose la question de l’atelier absolument pléthorique des collaborations, des attributions. J’aime beaucoup Giulio Romano, même si sa peinture n’est pas aussi fine et psychologique que celle de Raphaël. Romano. Il introduit une nervosité, une tension, une liberté. Il innove un certain maniérisme. Il y a des tableaux incroyables. C’est une belle occasion de revoir Giulio Romano.

Corinne Rondeau :

L’exposition commence par un de mes tableaux préférés, c’est L’Ange avec une dimension d’amour divin. Il y a une harmonie et une capacité chez Raphaël à dynamiser le regard du spectateur. Il a une manière d’équilibrer les postures, les visages, les lointains et les proches et tout cela, sans manière.

  • Raphaël est l’interprète absolu de la splendeur de l’Eglise. *

Richard Leydier :

Il y a plusieurs Raphaël. Cette exposition pose la question : Qu’est ce qui est de la main de Raphaël ? Quel artiste était réellement Raphaël ? Quatre périodes nous sont présentées.

Il excelle dans les visages. C’est un inventeur de composition, de grandes machines formelles. Il synthétise et distille Léonard de Vinci et Michel-Ange pour recueillir un substrat qu’est cette douceur angélique. Cette douceur m’a souvent lassé à long terme.

Je crois que Romano et Raphaël sont complémentaires.

Retrouvez l'exposition Raphaël dans le Figaro Hors-série

Couverture du Hors-série Figaro
Couverture du Hors-série Figaro Crédits : Radio France
  • Bertille Bak, au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, du 28 septembre au 16 décembre
Ô quatrième
Ô quatrième

Frédéric Bonnet :

J’ai aimé les propositions avec les Tsiganes. C’est une artiste pleine d’esprit et ne nous rabat pas du documentaire mais intègre de la fiction à partir d’une réalité de terrain. Elle l’explore, elle enquête.

Elle nous fait part d’un très beau projet, du fonctionnement d’un groupe sur un territoire face à un étouffement, qu’il soit sonore ou humain.

Corinne Rondeau :

Je trouve cela grotesque. Je n’aime pas cette façon de décomposer les rencontres, les objets. Je ne veux pas avoir à penser au dispositif mis en place dans ce décalage du réel. C’est pénible car ce n’est que ça. Il n’y a pas poésie.

Richard Leydier :

La poésie qu’elle insuffle à ses projets sauve ce travers du documentaire qui « pourrit » un peu l’art contemporain depuis une vingtaine d’année. Elle s’immerge et fait participer créativement ces communautés. Cela donne un côté surréaliste et loufoque à ses vidéos, lesquelles à certains moment pourraient s’apparenter au format court Strip-Tease.

Les coups de coeurs :

Richard Leydier :

  • Exposition "Yhayen", Heve di Rosa , au Carré Sainte Anne, espace d'art contemporain à Montpellier.

Depuis vingt ans, Herve di Rosa poursuit un projet passionnant qui s’intitule « Autour du Monde » et chaque fois qu’il va dans un pays, il rencontre les artisans et crée des œuvres avec eux.

Une rétrospective Autour du monde serait magnifique.

Frédéric Bonnet :

Petit dessert I, 1970-71
Petit dessert I, 1970-71 Crédits : Photo by Thomas Mueller

C’est une consécration pour une artiste redécouverte depuis une décennie. Elle meurt à l’âge de 37 ans en 1973. A partir de ces années françaises, elle rentre dans une œuvre viscérale, traumatisée par la déportation. Elle a fait du camp, le centre de ses investigations, entre une certaine fraicheur et une mort existentielle. On est plongée dans une nouvelle forme de figuration, hybride, singulière, très organique. Le corps devient périssable, fragmenté. C’est très puissant, déstabilisant et à la fois expérimental. Cette consécration est un évènement.

Bien sûr, la revue de presse d'Antoine Guillot: Frilosité fiscale chez les collectionneurs.

Et le coup de fil de Seham Boutata avec le photographe Reza pour son exposition Entre Guerres et Paix , dans les rues de Toulouse du 12 septembre au 11 novembre.

Pastille introductive: Joël SHAPIRO .

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