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En haut : LE BAL (c) Matthieu Samadet. En bas de gauche à droite : (c) Le Cent quatre / Gioventu delusa © Droits réservés Arnoldo Mondadori editore

Arts plastiques : " Il faut absolument aller voir cette exposition et la creuser en profondeur !"

54 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir la photographie est à l'honneur dans La Dispute avec l'exposition "Roman Photo" au MUCEM de Marseille, le festival Circulation(s) dédié à la jeune photographie européenne au 104 et l'exposition "En suspens" au BAL

En haut : LE BAL (c) Matthieu Samadet. En bas de gauche à droite : (c) Le Cent quatre / Gioventu delusa © Droits réservés Arnoldo Mondadori editore
En haut : LE BAL (c) Matthieu Samadet. En bas de gauche à droite : (c) Le Cent quatre / Gioventu delusa © Droits réservés Arnoldo Mondadori editore

"Roman Photo" jusqu'au 23 avril au MUCEM de Marseille

Gioventù Delusa 1967 © Droits réservés Arnoldo Mondadori editore
Gioventù Delusa 1967 © Droits réservés Arnoldo Mondadori editore

Présentation officielle : Le roman-photo a mauvaise presse. Le terme sous-entend tout à la fois la niaiserie sentimentale, la frivolité, ou encore l’ingénuité. À ce jour, il n’a que rarement retenu l’attention des historiens de l’image, et encore moins celle des musées et des centres d’art. Grave erreur ! Car le roman-photo a pourtant bien des choses à nous dire… et pas seulement des mots d’amour.

Né en 1947 en Italie, le roman-photo a constitué le plus gros succès éditorial de l’après-guerre, et restera pendant plus de vingt ans le best-seller de la littérature populaire en Méditerranée. Les lecteurs – en majorité des lectrices – se comptaient par millions ; les revues dans lesquelles ils étaient publiés passaient de main en main et c’est ainsi que dans les années soixante, on estime qu’un Français sur trois lisait des romans-photos.

Reconstituer ces petites mythologies sentimentales permet ainsi d’offrir une relecture originale de l’avènement de la société de consommation et de l’évolution des mœurs, tout autant qu’un regard décalé sur l'émancipation et la libération des femmes dans l’Europe méditerranéenne de la seconde moitié du XXe siècle.

C’est l’enjeu de l’exposition « Roman-Photo », qui réunit plus de 300 objets, films, photographies, documents, et, bien entendu, quelques-unes des plus belles réalisations de cet artisanat devenu en peu de temps une industrie culturelle de masse, dont certaines productions élaborées par des réalisateurs proches du néo-réalisme italien s’avèrent d’une qualité exceptionnelle.   

Jalousies et trahisons, tendres baisers et cœurs brisés, décapotables et micro-ondes, Dolce Vita et lutte des classes : « Roman-Photo », un feuilleton riche en surprises, rebondissements et coups de foudre (esthétiques), à ne manquer sous aucun prétexte !

Certaines images exposées peuvent heurter la sensibilité du jeune public.

Commissaires de l'exposition : Frédérique Deschamps et Marie-Charlotte Calafat

Scénographie : Cécile Degos

Ça me permet de faire mon coming-out photographique : j’ai adoré le roman-photo plus jeune ! Cette exposition est formidable. Frédérique Deschamps et Marie-Charlotte Calafat ont trouvé la bonne distance pour interroger ce sujet. Yasmine Youssi

J’avais peur de trouver beaucoup de désuétude mais pas du tout et j’ai vraiment aimé cette exposition. La scénographie de Cécile Degos est vraiment agréable et fluide. Florian Gaité

On interroge ici vraiment bien le rapport entre la lettre et l’image.  Les espagnols nous font des Romans-Photos d’enfer ! J’avais l’impression de voir Almodóvar avant l’heure ! Corinne Rondeau

atanik extrait 1967 © Cliché Josselin Rocher
atanik extrait 1967 © Cliché Josselin Rocher
Jordi Bover spectacle cie Royal de luxe 1987 © Jordi Bover
Jordi Bover spectacle cie Royal de luxe 1987 © Jordi Bover

"En suspens" jusqu'au 13 mai au BAL

Darek Fortas, Changing Room VI, 2012 (c) Darek Fortas
Darek Fortas, Changing Room VI, 2012 (c) Darek Fortas

Présentation officielle par Diane Dufour : Cette exposition est une tentative poétique, abstraite et fragile, de traduire quelque chose de notre temps. Quelque chose d’indéfinissable, d’intangible mais que nous reconnaissons comme l’état d’un homme, de plusieurs ou de tous : être en suspens.

Ni transition vers un futur possible, ni étape intermédiaire, cet état est relatif au blocage ou à la répétition d’un même cycle à l’infini : ne plus savoir où se diriger, ne pas trouver sa place, avoir un statut indistinct, flou, précaire, répéter des gestes dénués de sens, de finalité, en sont autant de manifestations visibles.

Souvent assimilé à la paralysie ou à la sidération, le suspens force au contraire, à s’adapter constamment, sans trêve, une menace se précise, le temps paraît compté. Ce n’est pas une lutte pour s’affranchir de la temporalité mais une lutte pour s’y inscrire.

Insaisissable, protéiforme, le suspens est aussi ce contre quoi l’image vient buter. Comment en exprimer la matière, la réalité ? Comment représenter l’homme en suspens qui tend à disparaître dans une prolifération et une obsolescence immédiate des images, des discours, des lois, des technologies, indifférentes à son sort ?

Pour les artistes, le suspens n’est pas un « sujet ». Il opère là, quelque part, presque malgré eux. Et si leurs images frappent par une intensité brutale, concrète, immédiate, elles nous touchent aussi par leur simplicité, une forme de neutralité, de laconisme. Comme si le langage devait s’appauvrir pour se tenir au plus près du sens.

Est montré ici le suspens d’hommes relégués hors de l’histoire, hors du paysage, en situation de survie dans un no man’s land politique : des territoires désertés, des corps en arrêt, isolés ou happés, sans ancrage. L’espace s’est refermé. Les visages ont disparu, la connivence des regards aussi.

Constellation hétérogène de lieux et de problématiques, l’exposition tisse un large réseau de correspondances, suggérant un lieu commun du suspens. Quand prend fin le mythe d’une histoire linéaire du progrès, quand l’idée d’une communauté de destin fait défaut, le suspens se déploie à une autre échelle. Il en vient à désigner un état du monde. 

Les œuvres sont moins en suspens que l’exposition, qui elle, m’a suspendue. Corinne Rondeau

Je me suis sentie très ancrée dans le monde au contraire. C’est une exposition très âpre qui dit pas mal de chose sur le monde d’aujourd’hui et sur la place de l’image dans l’art contemporain. Yasmine Youssi

Il y a de très belles pièces, mais l’articulation entre elles est assez dure à percevoir. A force de mettre des points de suspension, on a du mal à cerner vers quoi cela tend et d’où ça part. Mais le fait de suspendre le temps, fait qu’on y attache plus d’importance. La suspension du temps devient la suspension de l’existence. Florian Gaité

Sebastian Stumpf, still from Puddles, 2013  (c) Sebastian Stumpf, Gallery Thomas Fischer, Berlin
Sebastian Stumpf, still from Puddles, 2013 (c) Sebastian Stumpf, Gallery Thomas Fischer, Berlin

"Circulation(s) - Festival de la jeune photographie européenne" jusqu'au 6 mai au Cent quatre Paris.

Sequences of truth and deception © Vanja Bucan
Sequences of truth and deception © Vanja Bucan

Présentation officielle : Quoi de neuf chez les jeunes photographes européens ? Comme chaque année, le festival Circulation(s) réunit une sélection d'artistes émergents et de structures invitées. Venus de France et de toute l'Europe, ils reflètent les tendances de la photographie d'aujourd'hui. À découvrir, une quarantaine de séries photos et autant d'histoires réelles ou inventées, mais aussi la galerie Little Circulation(s), les studios photos et d'autres événements pour petits et grands. 

Pour le coup c’est à nouveau en suspens. Il y a beaucoup de redites et un grand manque de plasticité !  En revanche j’ai beaucoup aimé les photographes Russes et la Russie photographiée ! Corinne Rondeau

Il y a toutes les qualités et tous les défauts de ce genre de manifestation. Cela donne de la visibilité à la jeune génération, mais c’est inégal et déjà vu. Yasmine Youssi

Nevermind Sovietland © Tomeu Coll
Nevermind Sovietland © Tomeu Coll
Shahre Farang ©Farhad Berahman
Shahre Farang ©Farhad Berahman

Vos commentaires :

Avant et pendant l'émission, réagissez et donnez votre avis sur le compte Twitter et la page Facebook de la Dispute.

Programmation musicale : 

Ainsi la nuit du temps suspendu - Dutilleux

Polaroid Roman-Photo - Ruth

A photograph - Superpoze

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

Intervenants
  • Journaliste à Télérama
  • Maître de conférences en esthétique et sciences de l’art à l’Université de Nîmes et critique d'art
  • Docteur en philosophie, enseignant à l'Université Paris 1
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