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Laquelle de ces trois expositions irez-vous voir ?

Expositions : "Van Eyck - Une Révolution optique", "Ulla Von Brandenburg - Le Milieu est bleu", "Nina Childress - Lobody Noves me"

54 min
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Au sommaire de cette Dispute Arts plastiques, 3 expositions : "Van Eyck - Une Révolution optique", au Musée des Beaux-arts de Gand, "Ulla Von Brandenburg - Le Milieu est bleu", au Palais de Tokyo, "Nina Childress - Lobody Noves me", à la Fondation Ricard et le coup de ♥ de Stéphane Correard

Laquelle de ces trois expositions irez-vous voir ?
Laquelle de ces trois expositions irez-vous voir ? Crédits : Van eyck, Beaux arts Gand, Ulla Von Brandenbourg, Nina Childress

"Van Eyck - Une Révolution optique" à Gand

Une beauté à couper le souffle ! Stéphane Corréard

Jan Van Eyck, Saint François recevant les stigmates, 1440
Jan Van Eyck, Saint François recevant les stigmates, 1440

Présentation : En 2020, le Musée des Beaux-Arts de Gand (MSK Gent) organise la plus grande exposition jamais consacrée à Jan van Eyck. Seule une vingtaine d’œuvres du maître flamand sont conservées dans le monde. Au moins la moitié d’entre elles feront le voyage jusqu’à Gand. Elles y côtoieront des œuvres de l’atelier de Van Eyck et des copies de tableaux aujourd’hui disparus, mais aussi plus de 100 chefs-d’œuvre du bas Moyen Âge. Non moins de 13 salles du musée sont réaménagées à cet effet. 

L'avis des critiques : ♥♥♥♡

► « La salle des grisailles, où l’on voit des simulacres de sculptures est la salle summum de l’exposition, c’est un bonheur absolu, si j’avais pu, j’y serais restée 24 heures. Je trouve que c’est ce qu’il y a de plus beau dans le retable, les grisailles sont d’une merveilleuse beauté. » Corinne Rondeau - 

► « Entre savoirs et savoir-faire, la peinture de Van Eyck est une splendeur de précision : chaque toile aussi petite soit-elle est d’une richesse étonnante, d’un luxe de détails absolu. Tout relève d’un incroyable pouvoir d’observation et contraste avec les contemporains de Van Eyck, notamment les Italiens dont les tableaux paraissent très épurés et naïfs. » Sally Bonn - 

► « Une beauté à couper le souffle. Van Eyck a peint le reflet de la lumière sur toutes les matières possibles, c’est un art absolument incroyable. Et je cite Panofsky en 1934 à propos de Van Eyck : "On a l'impression d'être admis à partager la vision de celui qui voit toutes choses du haut du ciel, mais peut cependant dénombrerait les cheveux de nos têtes". C’est exactement ce que l’on sent dans l’exposition, c’est saisissant. » Stéphane Corréard 

"Ulla Von Brandenburg - Le Milieu est bleu" au Palais de Tokyo

J’ai eu l’impression d’être nulle part. Sally Bonn

Ulla Von Brandenburg, Curtains, 2016
Ulla Von Brandenburg, Curtains, 2016 Crédits : Stefan Altenburger / Haus Konstruktiv

Présentation : Pour cette nouvelle exposition au Palais de Tokyo, Ulla von Brandenburg (née en 1974 à Karlsruhe, vit et travaille à Paris) a imaginé un projet total et évolutif, inspiré du théâtre, de son imaginaire et de ses conventions. L’artiste invite le public à prendre part à une expérience immersive et renouvelée des thèmes, des formes et des motifs qui irriguent son œuvre : le mouvement, la scène, la couleur, la musique, le textile... 

Installations, sculptures, performances et films spécialement conçus pour l’exposition se répondent et s’enchevêtrent dans un récit ouvert, entre authenticité et artifice, monde naturel et activités humaines, intérieur et extérieur, fiction et réalité. 

L'avis des critiques : ♥♥♡♡

► « J’ai trouvé l’exposition de Ulla Von Brandenburg d’une ringardise absolue, nous sommes au bord de la secte. Je me suis profondément ennuyée, j’étais dans l’errance totale, je me suis sentie exclue de cette exposition. » Corinne Rondeau

► « La réussite de cette exposition est qu’elle nous transporte ailleurs qu'au Palais de Tokyo. Ulla Von Brandenburg retourne le palais sur lui-même avec ces jeux de voiles et cette odeur de foin. » Stéphane Corréard

► « Les questions du retournement, de la théâtralité ou d’un effet de théâtralisation m’ont parue intéressantes. En tant que spectateur, ça ne nous laisse pas en dehors du spectacle, il y a une incorporation dans le spectacle. J’ai eu l’impression d’être nulle part, Ulla Von Brandenburg nous invite à traverser une fiction, une utopie. » Sally Bonn

► « C’est le degré zéro de la réflexion du vivre ensemble. Le film diffusé est ringard, les costumes sont hideux, les objets n’ont aucun sens. L’hybridité ne fonctionne pas, Ulla Von Brandenburg fait des propositions plastiques, du cinéma, du théâtre : tout est mal fait, c’est ratés. » Arnaud Laporte

"Nina Childress - Lobody Noves me" à la Fondation Ricard

Joyeuse, mordante, grinçante barbouille : c’est vraiment un plaisir que de regarder cette exposition. Sally Bon

L’enterrement, 2011 - Nina Childress
L’enterrement, 2011 - Nina Childress Crédits : Philippe Chancel / ©ADAGP, Paris, 2020

Présentation : Nina Childress, que les évidences ennuient manifestement, ne tarde en effet jamais à expliquer : « En ce qui me concerne, je n’ai pas vocation à faire une peinture universelle, sublime, essentielle, intelligente, donc il ne me reste que la liberté de faire ce dont j’ai envie : cela veut dire parfois peindre n’importe quoi n’importe comment. » et « On peut peindre n’importe quoi et j’aurais même tendance à penser qu’il vaut mieux peindre n’importe quoi si l’on veut que la peinture reste un peu excitante.» 

L'avis des critiques : ♥♥♥♡

► « Nina Childress est formidable car avec elle, la bonne et la mauvaise peinture sont ensemble. Il y a en effet la bonne peinture qui serait mimétique, réaliste voire hyperréaliste, et la mauvaise peinture qui serait plus de l’ordre de l’expressionnisme. La signature de Nina Childress est entre les deux, elle est dans la contradiction et le paradoxe : c’est ni bon ni mauvais, ou c’est bon et mauvais à la fois. Elle nous dit « moi je peins et je vous emmerde », et c’est génial. » Corinne Rondeau

► « Joyeuse, mordante, grinçante barbouille : c’est vraiment un plaisir que de regarder cette exposition. Nina Childress se moque de la peinture, elle se moque de nous et c’est totalement réjouissant, on y prend plaisir. Mais elle se moque sérieusement car tout au long de l’exposition on est conduit à des références historiques de l’art, comme Bernard Buffet, Gustave Courbet ou Francis Bacon. » Sally Bonn

► « Véritable leçon de peinture, irrévérencieuse comme on aime. Nina Childress revendique une peinture à la fois conceptuelle et idiote. Il faut avoir une suspicion à l’égard de ce genre de peinture, mais il ne faut pas oublier que la bêtise est inhérente à la peinture, et surtout à toute pratique artistique. » Stéphane Corréard

♥ Le coup de coeur ♥ de Stéphane Corréard pour "Ni Tanjung, la Reine du volcan Agung" à la Galerie Patricia Dorfmann

Sans titre, 2016, Dessin au crayon et craie de couleurs sur des feuilles de papier découpées fixées sur tiges de bambou, ficelle
Sans titre, 2016, Dessin au crayon et craie de couleurs sur des feuilles de papier découpées fixées sur tiges de bambou, ficelle

Présentation : Patricia Dorfmann et Lucas Djaou sont heureux d’accueillir une exposition de l’artiste indonésienne Ni Tanjung (Ni Nyoman Tanjung). Cette exposition réunit un ensemble d’oeuvres exceptionnelles anciennes et récentes. Née vers 1930 dans le village de Saren Kauh, partie orientale de l’île de Bali en Indonésie, Ni Tanjung est une artiste autodidacte. Enfant de paysans, elle ne sait ni lire ni écrire. Elle perd la raison après avoir vécu des évènements traumatiques comme l’occupation japonaise des Indes néerlandaises de mars 1942 à 1945, la perte de trois de ses enfants, l’éruption du Mont Agung dans les années 1960, les massacres anti-communistes de 1965 et 1966 puis la perte de son mari. Ce serait à la fin des années 1990 ou au début des années 2000, qu’elle commence à créer. 

Intervenants
  • Maître de conférences en esthétique et sciences de l’art à l’Université de Nîmes et critique d'art
  • Critique d'art, directeur du salon Galeristes, participe à La Dispute sur France Culture, signataire de la Tribune “Non au «cadeau» de Jeff Koons” dans Libération
  • Auteure, critique et Maître de conférence en esthétique à l'Université d'Amiens

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