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"Clyde Fans", "Révolution", festival d'Angoulême

Bande Dessinée : "Clyde Fans", "Révolution", Le Journal de La Dispute : le rapport Racine

55 min
À retrouver dans l'émission

Au sommaire de La Dispute Littérature : "Clyde Fans", de Seth (Editions Delcourt), "Révolution", de Florent Grouazel et Younn Locard (Acte Sud-L'An 2) et un coup de ♥ de Catherine Robin pour "Les Vermeilles", de Camille Jourdy (Acte Sud), un journal sur la dernière édition du festival d'Angoulême

"Clyde Fans", "Révolution", festival d'Angoulême
"Clyde Fans", "Révolution", festival d'Angoulême

"Clyde Fans", de Seth (Editions Delcourt) 

"Clyde Fans", de Seth (Editions Delcourt)
"Clyde Fans", de Seth (Editions Delcourt)

Présentation : Clyde Fans est une entreprise de ventilateurs électriques en déclin tenue par deux frères que tout oppose. Une histoire familiale et une réflexion sur le sens de la modernité proche de l’autofiction. L’action se déroule dans un immeuble de Toronto, dans les années 1950, et dans les années 1970, au moment où l’entreprise fait faillite. Le récit mélange le parcours familial des frères Matchcard, abandonnés par leur père lorsqu’ils étaient enfants et dont la mère est sur le point de décéder, ainsi que le déclin de leur entreprise de ventilateurs devant l’avènement de l’air conditionné.

L'avis des critiques

« Monumental mais écrasant d’ennui. J’étais gênée, embarrassée, je ne pouvais pas avancer dans ma lecture, le récit est hyper sombre, complètement hors du temps, enfermé et enfermant. Je n’aurais pas pu finir le livre s’il n’y avait pas eu cette Dispute ; c’est peut-être le seul avantage de ce livre : j’ai expérimenté l’ennui qui mène à la colère. » Catherine Robin

« Une œuvre intimidante mais de plus en plus plaisante au fil de mes lectures. Par exemple, la quatrième partie est extraordinaire de construction, la manière dont Seth articule la mémoire, les souvenirs, les réminiscences, les réflexions des deux frères est géniale. C’est finalement une œuvre qui appelle des exégèses : on peut en faire une lecture sur le temps, sur le langage, sur le capitalisme, sur la psychanalytique. » Victor Macé de Lépinay 

« Délicieusement déprimant. Ce livre est extraordinaire. On n’a pas l’habitude de lire en bande dessinée des pages et des pages écrites sur du rien. J’ai été fasciné par cette première séquence complètement déprimante, qui nous montre la vie qui se répète tous les jours de manière identique. Se retrouver confronté à l’idée du délitement, de  la vieillesse, des ratages, des difficultés de se lever le matin, c’est extrêmement bien vu et les dessins de paysages désolés sont magnifiques. » Antoine Guillot 

« Est-on obligé de faire aussi long pour signifier le temps ? La thématique des vies de rien, des vies ratées m’intéresse, mais il me semble qu’avec Clyde Fans, c’est tout-de-même très laborieux. Je n’ai pas pris beaucoup de plaisir à lire cette bande dessinée. » Arnaud Laporte 

"Révolution", de Florent Grouazel et Younn Locard (Acte Sud-L'An 2)

"Révolution", de Florent Grouazel et Younn Locard (Acte Sud-L'An 2)
"Révolution", de Florent Grouazel et Younn Locard (Acte Sud-L'An 2)

Présentation : Premier volume de "Révolution", une trilogie sur la Révolution française, "Liberté" ressuscite 1789 en se promenant dans tous les étages de la société. Une fresque grandiose, brassant de multiples personnages et qui totalisera près de 1000 pages. Un livre-événement, par les auteurs d'"Eloi".

L'avis des critiques

« Œuvre belle, monumentale, magistrale. Le titre de ce premier tome est « Liberté » et je pense qu’il y a aussi cette liberté chez Florent Grouazel et Younn Locard, c’est une déclaration d’intention pour eux parce qu’ils nous disent "On est libre de vous livrer notre vision de la révolution ". Ils ne sont pas du tout intimidés, il n’y a pas d’inhibition face à l’époque monstre qu’ils vont traiter ». Catherine Robin 

« Une réussite totale. Florent Grouazel et Younn Locard ont tout lu sur la révolution et pourtant il n’y a pas de didactisme, pas de volonté de montrer qu’ils ont tout lu, ils arrivent à rester au niveau des personnages et c’est la grande réussite de cette fiction historique. Ils se font les contemporains de leurs personnages, ils ne sont pas téléguidés, ils ont de vrais émotions, ils hésitent, ils ne comprennent pas ce qu’il se passe. » Victor Macé de Lépinay 

« Florent Grouazel et Younn Locard réussissent à raconter la révolution française du côté des gens du peuple ; ils sont à la fois des personnages de la révolution, et à la fois ils ne comprennent pas ce qu’il se passe. On est complètement emporté dans un mouvement qui nous montre la vie de personnes ordinaires, pris elles-mêmes dans le mouvement de la révolution. Cette œuvre n’est pas une illustration de la révolution française mais elle est sa lecture contemporaine. » Antoine Guillot 

« C’est extrêmement dense et touffu, à la fois dans le dessin et dans le texte. Ils ont énormément travaillé et gardé beaucoup d’informations, ce qui est pour moi parfois fastidieux. » Arnaud Laporte 

Le journal de La Dispute : le rapport de Bruno Racine "L'auteur et l'acte de création" et les premières mesures prises par le gouvernement 

Les lecteurs sont au rendez-vous pour rencontrer leurs auteurs préférés au festival de la Bande dessinée à Angoulême du 30 janvier au 2 février 2020
Les lecteurs sont au rendez-vous pour rencontrer leurs auteurs préférés au festival de la Bande dessinée à Angoulême du 30 janvier au 2 février 2020 Crédits : Antoine Guibert

Le rapport Racine a été exhumé il y a quelques semaines par le ministre de la Culture Franck Riester, quelques jours avant l’ouverture du festival de la bande dessinée à Angoulême. Il constituait un véritable espoir de reconnaissance pour les auteurs de bandes dessinées, dont beaucoup d’entre eux rencontrent de rudes situations de précarité. En effet, on estime que la moitié des auteurs de BD gagnent moins que le SMIC et qu’un tiers d’entre eux vivent sous le seuil de pauvreté

Les revenus des auteurs de BD sont principalement constitués des droits d’auteurs, qui n’arrivent pas toujours si l’ouvrage se vend peu, et des avances sur droits, plus rares, concédés par les maisons d’édition, et aujourd’hui de plus en plus faibles

Quant au chômage, aux congés payés, à la retraite, tout cela relève de la science-fiction. 

Le ministre a réuni tous les acteurs du secteur pour entamer des discussions, mais ses déclarations n’ont finalement pas répondu aux attentes des auteurs. Parmi ses propositions, une réglementation plus étroite des rapports entre auteurs et éditeurs, qui supposerait la mise en place d’un seuil de 10% des droits d'auteurs (aujourd’hui c’est 8%) et la signature d’un contrat de commande qui permettrait de rémunérer les auteurs au projet après estimation du temps du travail. Tous les acteurs de la profession ne sont pas d’accord et ces annonces ont révélé de fortes tensions entre les auteurs d’une part et les grandes maisons d’édition qui les publient.

Au-delà de ces tensions, c’est la question de la spécificité du secteur de la bande dessinée qui est posée, et celle aussi de la complexité des réponses à y apporter. 

« Les auteurs ne veulent pas simplement avoir plus de pourcentage sur les droits d’auteurs, ils voudraient aussi être considérés comme des travailleurs, et pas simplement comme des auteurs. Ils souhaitent ainsi savoir si leurs revenus relèvent du droit du patrimoine ou du droit du travail, et donc être payés pour le travail qu'ils font et pas seulement pour le travail qu'ils ont fait s’il a marché. » Victor Macé de Lépinay

« Sur qui doit porter la charge du risque pris quand on lance un album ? C’est une question qui est à la fois technique, sociétale, politique et économique. Je pense que si on prenait dix auteurs et qu’on demandait à chacun de raconter son expérience, on aurait dix histoires différentes. C’est extrêmement compliqué, d’autant plus que les auteurs ne sont pas formés à la dimension juridique de leur statut. » Catherine Robin 

« C’est une question politique, encore faudrait-il qu’il y ait de la politique derrière... La volonté politique serait de défendre la BD française comme on a défendu le cinéma français. Pourquoi ne pas appliquer à toutes les nouvelles BD qui arrivent sur le marché des taxes à la vente pour ensuite faire des aides pour sauver le secteur. Car le secteur est actuellement à ce point de crise qu’il a besoin d’être sauvé. » Antoine Guillot 

♥ Le coup de cœur ♥ de Catherine Robin pour "Les Vermeilles", de Camille Jourdy (Actes Sud) 

"Les Vermeilles", de Camille Jourdy (Actes Sud)
"Les Vermeilles", de Camille Jourdy (Actes Sud)

Présentation : Jo s’ennuie en camping avec sa famille et vagabonde dans la forêt. Elle y rencontre de beaux poneys colorés, les Vermeilles, et un petit peuple merveilleux qui part en guerre contre un matou tyrannique. Avec ses aquarelles subtiles, Camille Jourdy déroule un conte à la fois doux, absurde, inquiétant et lumineux, parsemé de clins d’œil à Alice et Peter Pan.

Intervenants

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