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Bande dessinée: La Grande Odalisque et Tokyo

59 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, la Dispute portera sur l'actualité de la bande dessinée en compagnie des critiques suivants:

  • Eric Loret (Libération)- Joseph Ghosn (Obsession)- Frédéric Potet (Le Monde)sur les bandes-dessinées suivantes:

  • La Grande Odalisque , Bastien Vivès, Ruppert & Mulot (Dupuis)

La grande odalisque
La grande odalisque

Frédéric Potet:

Cette « grande odalisque » m’a beaucoup plu. J’ai été bluffé par le côté technique du récit car il y a de l’ellipse en permanence avec des dessins très photographiques.

Il y a beaucoup d’actions sans l’entendre, tout est suggéré de manière intelligente.

Le fait de dérouler l’action au Louvre est un clin d’œil intelligent et cela m’a fait penser au film Bande à part de Jean-Luc Godard.

Joseph Ghosn:

J’adore ce livre. L’association des trois auteurs est bien meilleure que tout ce qu’ils ont fait respectivement auparavant. J’aime la confusion esthétique constante dans le livre.

Il se lit très bien. La narration est très bien construite, le découpage est assez beau. Ce livre est très pop avec un travail important sur les figures féminines.

C’est l’album le plus réussit de la rentrée.

Eric Loret:

Cet album est un vrai tourne-page, il est excellent. Il a été construit comme une série.

Ce trio est obsédé par les figures féminines. Ils critiquent la masculinité agressive dans leurs œuvres respectives. L’humour est au cœur de l’album et il permet de faire grève d’une certaine idée de la BD et de l’art en général.

Antoine Guillot :

Je partage le même enthousiasme. Il y a le même rapport à l’art dans Bande à Part et dans l’album.

Ils confrontent l’esthétique pop et manga à l’art officiel et opèrent un vrai rapt. La mise en scène est fascinante. Ce qui est passionnant, c’est qu’ils nous proposent tout autre chose : ce n'est pas l'addition des trois, c'est quelque chose de nouveau.

Arnaud Laporte : J'ai déjà envie de connaître la suite des aventures de ces jeunes filles ...

  • Tokyo , Joann Sfar (Dargaud)
Tokyo
Tokyo

Joseph Ghosn:

Sfar n’est jamais aussi bon que quand il est tenu par un vrai sujet. Ce livre ne se tient pas. Il est meilleur dans la contrainte. Il y a quelque chose de surévalué. On ne sent pas l’éditeur derrière lui.

Frédéric Potet:

Joann Sfar a fait ce qu’il a voulu, sans éditeur derrière lui pour le cadrer. C’est inintelligible sur le plan de la narration pure. C’est un délire illisible.

Je me suis ennuyé à essayer de comprendre l’histoire.

Eric Loret:

Joann Sfar a inventé un nouveau code visuel. Il cherche à ne pas se copier lui-même, il cherche à s’échapper.

J’ai vu en cet album qu’il cherchait à conjurer la perte de liberté qu’entraîne la célébrité.

Cet album est un cauchemar de Sfar. Il rend ce qu’il doit à Fred, à Forest, à Moebius. J’ai toujours eu une affection pour Sfar mais j’avoue moins le suivre pour cet album. J’y vois une tentative de ne pas se ressembler.

Les coups de coeur :

Joseph Ghosn :

- La Ruche , Charles Burns (Cornelius)

La Ruche
La Ruche

La Ruche est la suite de Toxic. C’est le deuxième volume d’une trilogie qu’il a commencé depuis deux ans. Burns excelle dans la lecture compliquée et le récit déstructuré, mais contrairement à Sfar, il parvient à capter l’attention et à mener son lecteur au du livre. Ce qui est intéressant, c’est qu’il pousse encore plus loin son travail sur William Burroughs.

  • Susceptible , Geneviève Castrée chez la nouvelle maison d'édition Apocalypse, dirigée par Jean-Christophe Menu.

Frédéric Potet :

  • Dessous , Leela Corman (ça et Là)
Dessous
Dessous

Leela Corman est partie sur les traces de ses ancêtres dans le Lower East Side où elle relate le destin de deux jumelles au début du 20ème siècle.

C’est bourré d’humanité.

  • L'enfance d'Alan , Emmanuel Gilbert (L'Association)

L’enfance d’Alan est la suite d’une trilogie. C’est le livre de l’année, c’est bouleversant. Précipitez-vous sur cet album, vous ne serez pas déçu.

Antoine Guillot :

  • Palacinche, Histoire d'une exilée , Caterina Sansone et Alessandro Tota (Olivius)

Bien sûr, la revue de presse d'Antoine Guillot: les auteurs de bande-dessinées victime de la superproduction.

Et la chronique mensuelle d'André Chabin .

Pastille introductive: SEMPE .

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