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De gauche à droite, les couvertures de : Pittsburgh de Frank Santoro (Ça et là), Moins qu’hier (plus que demain) de Fabcaro (Glénat) et Lune du matin de Francesco Cattani (Atrabile)

Bande dessinée : "C’est un album que je vais garder dans ma bibliothèque et ils sont rares !"

56 min
À retrouver dans l'émission

La Dispute sera consacrée à la bande-dessinée avec les chroniques acides de la vie de couple par FabCaro, les vingt-quatre heures de la vie de Tommy dessinées par Francesco Cattani et Frank Santoro recolle les morceaux pour tenter de comprendre pourquoi ses parents ne s'adressent plus la parole.

De gauche à droite, les couvertures de : Pittsburgh de Frank Santoro (Ça et là), Moins qu’hier (plus que demain) de Fabcaro (Glénat) et Lune du matin de Francesco Cattani (Atrabile)
De gauche à droite, les couvertures de : Pittsburgh de Frank Santoro (Ça et là), Moins qu’hier (plus que demain) de Fabcaro (Glénat) et Lune du matin de Francesco Cattani (Atrabile)

"Moins qu'hier (plus que demain)" de Fabcaro (Glénat BD)

Extraits de "Moins qu'hier (plus que demain)" de Fabcaro (Glénat BD)
Extraits de "Moins qu'hier (plus que demain)" de Fabcaro (Glénat BD)

Présentation de la maison d'édition : Acceptez-vous d’être débordés par les tâches du quotidien ? D’aller déjeuner chez vos beaux-parents chaque premier dimanche du mois ? De mettre une liste sur le frigo pour savoir qui fait quoi dans la maison ? Et d’avoir des idées divergentes sur l’éducation de vos enfants ? Alors félicitations, vous voici unis par les liens d’un mariage précaire et conflictuel !

Auteur du désormais culte Zaï Zaï Zaï Zaï, Fabcaro nous offre dans ce nouvel ouvrage un portrait acide et décomplexé des relations de couple. Situations cocasses, moments absurdes, incompréhensions, quiproquos, confidences sur l’oreiller... une série de strips qui nous fait autant méditer sur la société que sur nous-même mais qui, surtout, n’oublie jamais de nous faire rire.

L'avis des critiques : 

C'est hilarant. Les dessins un peu figés laissent vraiment raisonner les dialogues mais surtout les chutes dont Fabcaro a le secret ! Catherine Robin

J’ai trouvé cela très drôle et très bien vu. J’aime surtout lorsque Fabcaro dépeint  la déliquescence du couple, le déchirement. Joseph Ghosn 

C’est un livre à déguster morceaux par morceaux. J’aime surtout lorsque cela part dans l’absurde complet. Plus qu'un dessinateur, c’est un grand dialoguiste. Antoine Guillot

J’ai éclaté de rire à toutes les pages. Il y a également une élégance et une beauté formelle auxquelles je suis très sensible. C’est un album que je vais garder dans ma bibliothèque, et ils sont rares! Arnaud Laporte

"Lune du matin" de Francesco Cattani (Atrabile)

Extrait de "Lune du matin" de Francesco Cattani (Atrabile)
Extrait de "Lune du matin" de Francesco Cattani (Atrabile)

Présentation de la maison d'édition : Un jour de canicule extraordinaire, dans une banlieue italienne. Un décor tristement urbain, fait de ronds-points, d’usines, d’entrepôts géants et de décharges sauvages. On y suit vingt-quatre heures de la vie de Tommy et de son entourage, dans un grand chassé-croisé frénétique, une danse un peu folle pleine d’alcool, d’adrénaline, de soleil, et d’hallucination: un grand frère un peu voyou qui tente désespérément de fourguer ses vieux dvd porno; un serveur chinois qui dissimule dans son bar un bordel clandestin; un professeur qui filme un étudiant travesti; des ouvriers qui menacent de faire grève parce que l’on veut les remplacer par des robots – autant de personnages qui convergent dans un final que l’on devine dramatique. Francesco Cattani décrit dans Lune du matin un monde à la dérive comme pris sur le vif, en plein flagrant délit d’une folie aussi ordinaire que contemporaine. Une œuvre rare, forte, belle, essentielle, qui convoque dans un tour de passe passe inédit aussi bien Katsuhiro Otomo, Andrea Pazienza que Paul Thomas Anderson (époque Magnolia).

L'avis des critiques : 

Francesco Cattani s’inscrit dans un courant de la revue italienne "frigidaire". Toute l’Italie d’aujourd’hui est là, et les passages oniriques sont inspirés du japon. J’ai été emporté par ce récit un peu dingue très représentatif de ce qu’il se passe aujourd’hui dans le monde. C’est tellement frénétique qu’on peut avoir l’impression d’étouffer, mais tout va vraiment vite et dans tous les sens qu’il rend très bien compte de cette ambiance. Antoine Guillot

Il y a un côté fourre-tout qu’on dépasse assez vite. On entre dans une dimension fantastique, surnaturelle. Il y a de très beaux passages sur l’adolescence, une naïveté, une pureté et c’est un album très touchant. Je trouve cela très audacieux d’avoir enchâssé toutes ces scènes et ces problématiques. Il faut dire que je me suis vraiment attachée à ce petit garçon. Catherine Robin

Ce n’est pas tant que les personnages me touchent mais j’ai l’impression d’avoir une très vaste catalogue de tout ce qu’il se passe. C’est très rapide et j’avais parfois envie d’en savoir plus. Le dessin a un côté un peu punk et jeté, mais limité. Joseph Ghosn

Il y a effectivement beaucoup de choses, pour moi trop et ça en est devenu indigeste. Le récit ne m’a pas arrêté mais la profusion a fait écran. Arnaud Laporte

"Pittsburgh" de Frank Santoro (Ça et là)

Extrait de "Pittsburgh" de Frank Santoro (Ça et là)
Extrait de "Pittsburgh" de Frank Santoro (Ça et là)

Traduction de : Martin Richet

Présentation de la maison d'édition : Originaire de la ville de Pittsburgh (Pennsylvanie) où il habite toujours, Frank Santoro tente avec ce nouveau livre de comprendre comment ses parents, divorcés depuis près de 30 ans, en sont arrivés à ne plus s’adresser la parole alors qu’ils travaillent dans le même endroit. Il retrace l’histoire compliquée de sa famille, irlandaise du côté de sa mère et italo-écossaise du côté de son père en remontant aux prémices de la relation de ses parents, mariés très jeunes en pleine guerre du Vietnam. La vie de cette famille aux relations très conflictuelles tournait autour de la petite boutique du grand-père, dans cette ancienne ville industrielle dont la population est passée de près de 700 000 habitants dans les années 1950 à tout juste 300 000 habitants de nos jours, une ville ruinée par les différentes crises économiques qui ont frappé la rust belt américaine,

Narration poétique, effets de collage, mélange des registres graphiques et des techniques de dessin Frank Santoro continue d’expérimenter avec la grammaire de la bande dessinée, explosant les procédés narratifs et visuels habituels de l’autobiographie en bande dessinée, pour raconter l’histoire de ce divorce qui a bouleversé sa vie. Inédit, même aux États-Unis, Pittsburgh est une nouvelle œuvre marquante de cette figure incontournable de la scène indépendante américaine.

L'avis des critiques : 

Frank Santoro a connu l’indépendance et le succès populaire. Avec Pittsburgh on est au cœur du dessin en train de se faire, le récit se construit de manière douce et subtile. On est vraiment dans un journal de souvenir, tout en transparence. Jospeh Ghosn

Frank Santoro voudrait recoller l’histoire de ses parents et les faubourgs ouvriers de Pittsburgh. L’aspect graphique est troublant, on a le sentiment d’un croquis au feutre remis au propre, cela donne une vibration très belle aux personnages. On sent qu’il ne veut pas se livrer et ne va pas au fond, il essaie de recoller tout cela pour faire comme si ça allait mieux. C'est dommage. Antoine Guillot

Il y a un hiatus entre la forme qui expérimente plein de matières avec des couleurs puissante, mais j’ai un réel problème avec le récit, je trouve cela très lourd dans le propos. Catherine Robin

Il y a l’épaisseur de la construction graphique qui est très belle. Mais surtout, un grand sens du rythme, il agence de grandes pages plus contemplatives, puis des accélérations. Arnaud Laporte

Les conseils de lecture : 

  • Antoine Guillot : "Cahier de Tif & Tondu" par  Blutch et Robber (Dupuis)
"Cahier de Tif & Tondu" par  Blutch et Robber (Dupuis)
"Cahier de Tif & Tondu" par Blutch et Robber (Dupuis)

Présentation : Ici sont compilées les vingt-deux premières planches en noir et blanc du futur album, accompagnées de nombreuses illustrations extraites des carnets de croquis de Blutch.
Sous le haut patronage de Rosy et Tillieux, créateurs de la série originelle, Blutch et Robber dévoilent les coulisses de leur travail, où l'on trouve pour l'occasion le roman complet présenté par Tif et Tondu - "Les mystères de l'antiquaire" - et rédigé par Robber. Une mise en abyme littéraire et ludique, illustrée de cabochons de Blutch.

Un objet collector, au tirage limité et à la fabrication originale. Plus d'informations ici.

  • Catherine Robin : "Zaï Zaï Zaï Zaï " du 23 janvier au 9 février 2019 au Monfort Théâtre

D'après : la bande dessinée de Fabcaro. Mis en scène par : Paul Moulin

Présentation : Ce théâtre radiophonique à l’humour corrosif raconte la fuite d’un auteur de bande dessinée car, sacrilège ! Il a oublié sa carte de fidélité en caisse d’un magasin. Au micro, les comédien(ne)s retracent le road-trip de ce nouvel ennemi public n°1.

« Fabrice est à la caisse d’un supermarché lorsqu’on lui demande sa carte du magasin. Il l’a oublié dans son autre pantalon. La caissière appelle la sécurité. Fabrice prend la fuite. En quelques heures, il devient l’ennemi public n°1. »

Entre farce burlesque et satire puissante, cet auteur de BD est largué dans une société absurde. Huit comédien(ne)s irrésistibles, issus du théâtre, du cinéma ou du one-wo·manshow, relatent avec leur voix et des bruitages ce feuilleton surréaliste et cinglant.

  • Joseph Ghosn : "Valhardi" intégrale tome 4, par Jijé (Dupuis) 

Présentation : Ce quatrième volume de l'intégrale Valhardi marque le retour du grand Jijé aux commandes de sa série mythique, dix ans après l'avoir confiée à Eddy Paape. Jijé adjoint à Jean Valhardi le personnage de Gégène, un jeune reporter-photographe. Il ajoute ainsi une touche de modernité à cette série créée pendant l'Occupation, au point de faire du personnage un aventurier de son époque, quelque part entre Jean Marais et Jean-Paul Belmondo au cinéma. Nous retrouvons ici des épisodes aussi remarquables que "Soleil noir", "L'affaire Barnes", "Le mauvais oeil" et "Le gang du diamant". En bonus, l'ajout de la conclusion inédite du "Gang du diamant", présentée pour la première fois au lecteur. Plus d'informations ici.

Vos commentaires :

Avant et pendant l'émission, réagissez et donnez votre avis sur le compte Twitter et la page Facebook de la Dispute.

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

Intervenants
  • journaliste au magazine Elle
  • journaliste, critique de cinéma et de bandes dessinées, producteur de l'émission "Plan large" sur France Culture
  • directeur de la rédaction de Vanity Fair

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