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De gauche à droite : Benjamin Marra, l'autoportrait de Yarô Abe et Joff Winterhart

Bande dessinée : "Il s’agit ici presque d’anthropologie culinaire"

55 min
À retrouver dans l'émission

A l'occasion du Festival Pulp dédié à la bande dessinée, La Dispute consacre son émission au 9ème art avec : "Night Business" de Benjamin Marra, "La cantine de minuit - Tome 3" de Yarô Abe et "Courtes Distances" de Joff Winterhart.

De gauche à droite : Benjamin Marra, l'autoportrait de Yarô Abe et Joff Winterhart
De gauche à droite : Benjamin Marra, l'autoportrait de Yarô Abe et Joff Winterhart

"Night Business" de Benjamin Marra (Les Requins Marteaux)

"Night Business"
"Night Business" Crédits : Editions Les Requins Marteaux

Résumé :
Johnny est un gars des rues. Il est aussi agent de stripteaseuses. Ses « filles » , il les respecte, les admire, et y tient comme à la prunelle de ses yeux, surtout quand un immonde tueur les élimine une à une. Johnny part alors à la recherche de l’identité de ce serial killer qui rôde dans les rues à la sortie des strips clubs. Fait-il partie de la mafia ? Est-il un sbire du lâche mais dangereux Donny ? Et qui est cette amazone casquée dont l’attitude vengeresse émoustille notre sombre héros ? Tant de secrets à découvrir dans cette ville, où il semblerait que la nuit, tout le monde ait quelque chose à cacher.

J’ai abordé cet album sans trop d’aprioris, mais la playlist m’a mise dans une certaine ambiance ! C’est au final une bande dessinée d’adolescent. C’est un peu Barbie et Ken dans la rigidité du dessin. Catherine Robin

Ce livre est un peu la limite du système Marra. Il y a un côté répétitif dans les jeux et les obsessions de l’auteur. C’est comme si vous preniez un grand musicien qui veut faire du Punk en se limitant à 3 accords… Antoine Guillot

J’ai été frappé par la grossièreté de l’histoire, par ces éléments de mauvais goût, j’ai aimé cette idée de pousser la violence jusqu’au bout. Je suis séduit par Marra car cela m’interroge sur les raisons que j’ai de l’aimer. Joseph Ghosn

"Courtes Distances" de Joff Winterhart  (çà et là)

"Courtes Distances"
"Courtes Distances" Crédits : Editions çà et là

Présentation de la maison d'édition :
Sam, jeune anglais désœuvré de 27 ans, se remet d’une dépression chez sa mère quand, par un curieux concours de circonstances, il se retrouve engagé comme assistant d’un certain Keith Nutt. Quinquagénaire bedonnant que la mère de Sam ne laisse pas indifférent, Keith a une mini entreprise, KLN Ltd, spécialisée dans « la distribution et le transport  », mais son travail semble consister uniquement à faire la tournée de petites entreprises des zones d’activité économique locales pour faire signer des papiers à des interlocuteurs que Sam ne voit jamais. Coincé dans la voiture de Keith la plus grande partie de la journée, Sam s’attarde sur les petits détails du quotidien de la ville et des habitants qu’il croise chaque jour. Dans un premier temps très distante, la relation de Sam et Keith évolue progressivement et les problèmes de communication cèdent le pas à une certaine forme de connivence.

Talentueux portraitiste, Joff Winterhart s’attarde avec tendresse sur les détail des corps et des visages pour brosser le portrait de ces deux âmes esseulées. Poignant, drôle et brillamment dialogué, Courtes Distances confirme la singularité du travail de cet auteur.

Il ne se passe pas grand-chose dans ce livre, ce que je trouve passionnant, il prend le temps de détailler ses personnages et les textures. C’est très triste et très beau, avec une aquarelle bleue ciel et une touche de marron parfois. Et finalement en ne nous racontant rien, il se passe beaucoup de choses. Antoine Guillot

C’est ici la rencontre de deux solitudes. C'est un album sur la dépression larvée, on n’est pas dans une description d’état d’âme mais dans une routine qui raccroche ce jeune homme à la vie. A travers les détails, on sent le regard du dessinateur.. Catherine Robin

J’ai commencé par m’ennuyer, mais cette idée de capter le rien en bande dessinée est assez passionnante. Je ne suis pas emballé par le dessin qui me laisse un peu de marbre. Joseph Ghosn

"La cantine de minuit - Tome 3" de Yarô Abe (Le Lézard Noir)

"La cantine de minuit"  Volume 3
"La cantine de minuit" Volume 3 Crédits : Editions Le Lézard Noir

Traduction de : Miyako Slocombe

Présentation de la maison d'édition :
Dans ce petit restaurant situé au fond d’une ruelle du quartier de Shinjuku, le patron vous accueille de minuit à sept heures du matin. La carte ne propose que du tonjiru, soupe de miso au porc, ainsi que du saké, mais selon vos envies, on vous préparera à la demande tout ce qu’on est en mesure de vous servir.
Saucisses en forme de poulpe, curry qui a reposé toute une nuit, concombres marinés dans du son de riz… Des petits plats typiques du Japon qui réveilleront les papilles et les souvenirs du temps passé. Car ici, chaque plat est lié aux souvenirs d’un personnage : yakuza, stripteaseuse, boxer… Les habitués et clients d’un soir qui se rassemblent ici ont chacun leurs raisons, et le patron bienveillant est toujours à leur écoute, derrière son comptoir.

Avec son trait fin et épuré, son style très personnel qui se distingue des jeunes auteurs d’aujourd’hui, Yarô Abe, qui cite parmi ses références Yoshiharu Tsuge, brosse des portraits drôles et émouvants de personnages touchants, chacun à leur manière, dans un manga qui a quelque chose d’apaisant et de réconfortant. La Cantine de minuit, c’est un petit restaurant qui vous remplit le cœur et l’estomac, et une agréable manière de découvrir que la cuisine japonaise est loin de se limiter aux sushis.

Il s’agit ici presque d’anthropologie culinaire, puisque à chaque plat sont liés des personnages. Ce sont des récits de hasards et de coïncidences, de rencontres dans l’anonymat de la société japonaise et c’est très beau. Catherine Robin

Les histoires tombent dans des récits assez crus mais toujours avec de la distance, figurée par le personnage principal. Le dessin minimal va à l’essentiel. Il y a vraiment quelque chose qui nous happe et nous met en appétit. Joseph Ghosn

Ce qui est formidable c’est que ces plats formulent des histoires, il y a ici toute une humanité qui trouve un havre de paix. Le lecteur se projette vraiment dans ce dessin. Tous les genres de mangas sont présents ici et nous accueillent. Antoine Guillot

C’est la comédie humaine, on rentre à chaque fois en très peu de planches dans l’intimité des personnages. Il y a un effet addictif similaire à celui de la nourriture ! Arnaud Laporte

Vos commentaires :

Avant et pendant l'émission, réagissez et donnez votre avis sur le compte Twitter et la page Facebook de la Dispute.

Programmation musicale : 

Hinano loves - Jean-Pierre Limosin

Old town girl - Extrait du film Sin City

Pack like sardines in a crushd tin box - Radiohead

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

Intervenants
  • journaliste, critique de cinéma et de bandes dessinées, producteur de l'émission "Plan large" sur France Culture
  • journaliste au magazine Elle
  • directeur de la rédaction de Vanity Fair

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