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Cinéma: Amour et Into the abyss (A Tale of Life)

59 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, la Dispute porte sur l'actualité cinématographique avec les critiques suivants:

  • Florence Ben Sadoun (Elle)- Antoine Guillot (France Culture)- Jean-Baptiste Thoret (Charlie-Hebdo) sur les films suivants: - Amour , Michael Haneke (sorti le 24 octobre)
Amour
Amour

Jean-Baptiste Thoret:

C’est un scénario lourd, pompeux et didactique. L’idée d’Haneke nous impose une prise d’otage. La puissance des deux acteurs parasite notre rapport au film.

Il y a un manque d’empathie chez ce cinéaste très sérieux, trop scolaire. La complexité et la puissance de la mort n’est pas abordée par Haneke. On est dans une impasse, sans que l’on puisse voir en dehors. Il nous manque un souffle et une dimension onirique. Il est obsédé par la faute, par conséquent, il l’a créé.

Florence Ben Sadoun:

J’aime beaucoup ce film mais étrangement je n’arrive pas à le recommander. On voit ce qu’on ne veut pas voir, la vieillesse et la mort. C’est peut-être la seule perversité de ce film.

J’ai apprécié sa façon de représenter la quotidienneté, son saisissement de la vie.

Arnaud Laporte:

J’apprécie Haneke depuis une vingtaine d’années, c’est un cinéaste qui divise.

Dans Amour, Michael Haneke déroule son programme et son dispositif habituel. C’est un cinéma anesthésié, dévitalisé, sans effet sur moi. A ma grande surprise, il ne m’a provoqué aucune émotion. Il y a un chantage au sentimentalisme que j’ai trouvé déplacé et contre productif. L’empathie et Haneke ne font pas bon ménage.

Antoine Guillot:

Le ton volontairement froid, distancié, parfois hautain pour les personnages secondaires, qu'a adopté Haneke, s'il fonctionne en général dans ses films, échoue ici à provoquer une véritable émotion, d'où un certain ennui, voire un désintérêt face à ce calvaire programmatique.

- Into the abyss (A Tale of Life) , Werner Herzog (sorti le 24 octobre)

Into the abyss
Into the abyss

Jean-Baptiste Thoret: C’est du grand Herzog. Ce n’est pas un film contre la peine de mort. On passe progressivement du conte de mort au conte de vie. Il a cette façon si singulière de poser un regard sur ses sujets. Le grand sujet d’Herzog, c’est la vie et son mystère. On retient l’arc-en-ciel, l’onirisme. La vie pénètre en Herzog et non l'inverse.

Florence Ben Sadoun:

La question de ce film porte sur comment la vie quitte le corps. Il y a quelque chose de ça dans ce film. Les histoires personnelles de chacun sont délirantes et Werner Herzog nous laisse libre arbitre dans le jugement que l’on peut avoir sur la peine de mort.

Arnaud Laporte:

J’ai trouvé le début embarrassant ainsi que certains moments qui cherchaient la larme. C’est assez contre productif. Malgré la forme relativement classique du film, il a deux atouts qui le rendent très fort: Werner Herzog qui mène magistralement les entretiens en mettant ses affects de côté , et les vidéos tournées par la police sur les scènes de crime. Le réel est injecté directement dans le film.

  • C’est un film qui m’a impressionné.*

Antoine Guillot: Un grand film, où il ne s'agit pas de dénoncer la peine de mort parce des innocents risquent d'être tués, mais bien parce que les bourreaux, comme leurs victimes, sont avant tout des êtres humains. C'est cette humanité, terrible, qu'excelle à peindre Werner Herzog, au bord du gouffre.

Les coups de coeurs:

Florence Ben Sadoun

  • Une histoire de cinéma , Coffret DVD Mark Cousins (Studiocanal) (sorti le 30 octobre).

C’est une sorte de Bible avec quinze DVD d’une heure. Ce réalisateur est un fou furieux : six ans de tournage, trois ans de montage. C’est un film encyclopédique qui mélange toutes les connaissances. Il ouvre toutes les frontières.

Le discours est intelligent avec un montage qui fait correspondre les choses entre elles, de façon très rythmées.

Antoine Guillot:

  • Traviata et nous , Philippe Béziat (sorti le 24 octobre)

Un film d'une grande intelligence et d'une émouvante beauté sur la création et le travail.

Bien sûr, la revue de presse culturelle d'Antoine Guillot

Et le coup de fil de Seham Boutata au réalisateur Florent Emilio-Siri , dans le cadre du Festival du film italien à Villerupt du 25 au 28 octobre.

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