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Cinéma: Après mai et Argo

58 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, la Dispute portera sur l'actualité cinématographique avec les critiques suivants:

  • Charlotte Garson (Cahiers du cinéma)- Corinne Rondeau (France Culture)- Florence Ben Sadoun (Elle)

sur les films suivants:- Après mai , Olivier Assayas

Après mai
Après mai

Charlotte Garson: L'intérêt de cette époque (juste après 68) et l'ambition du projet (questionner le rapport art/politique/amour) retombent devant une forme qui ne parle de radicalité que pour l'éviter.

Corinne Rondeau:

Ce film est d’une mollesse infinie. Il nous présente la nonchalance d’une jeunesse actuelle. Le jeune garçon est dehors et dedans à la fois. Le message de fin est plat. J’ai vécu l’ennui et presque l’exaspération.

Florence Ben Sadoun:

C’est une leçon de politique illustrée, sous le joug de la fresque historique. J’ai été gênée par le jeu des acteurs et par la longueur.

Cependant, j’ai aimé les costumes dessinés par Jürgen Doering.

Antoine Guillot: Le sentiment d'évanescence, l'aspect diaphane du film est certainement ce que cherche Olivier Assayas, sans que cela le rende pour autant satisfaisant. De même, la confrontation entre les jeunes d'hier, dont l'inanité politique est très bien décrite, et ceux d'aujourd'hui, en mal de politique et d'adversaire identifié à qui s'opposer, s'avère malheureusement inopérante. Comme si ce film arrivait trop tard dans la filmographie d'Assayas, qu'on sent étrangement détaché de ce qu'il raconte.

  • Argo , Ben Affleck (sorti le 7 novembre)
Argo
Argo

Charlotte Garson: Autant pendant toute la partie où les personnages attendent, le film tient, autant le "climax" dramatique et la fin sont bâclés, plein de clichés.

Corinne Rondeau:

J’ai trouvé ce film formidable.

Ben Affleck arrive à rentrer dans la fiction avec les grosses ficelles hollywoodiennes que l’on connaît bien. Il fonctionne sans grands effets spectaculaires. C’est divertissant, efficace et drôle.

Florence Ben Sadoun: Ce film est un leurre. J’ai l’impression de m’être faite avoir. On ne voit que Ben Affleck. Pourtant le postulat de départ m’enjouait.

Arnaud Laporte: On est dans un récit très manichéen, sans nuance , qui nous montre de gentils américains innocents et des très méchants iraniens fanatiques et un peu stupides, évidemment fascinés par Hollywood, malgré tout. Sur le fond, Argo est digne des Tintin les plus racistes.

Antoine Guillot: Comme souvent dans les grands ratages, il y avait potentiellement un film intéressant, confrontant en images le réel et la fiction. Mais Ben Affleck n'en fait rien, n'a rien à dire sur l'histoire qu'il raconte. Il manque un cinéaste à ce cinéaste.

Les coups de cœurs:

Arnaud Laporte:

  • Le cinéma de Max Linder , coffret DVD aux éditions Montparnasse

Ce coffret permet de sortir de l’oubli la première star mondial e du cinéma.

  • Max Linder a été loué par tous les plus grands de son temps, à commencer par Chaplin, qui le considérait comme son maître. Le coup de génie de Max Linder, c’est en effet l’invention de son propre personnage (ce que Chaplin et tant d’autres imiteront), ce Max, donc, dandy à la mise toujours impeccable, même dans les situations les plus invraisemblables. *

Florence Ben Sadoun:

  • La Chasse , Thomas Vinterberg
La Chasse
La Chasse

Charlotte Garson:

  • Rengaine , Rachid Djaïdani
Rengaine
Rengaine

Ce conte urbain -- Sabrina et ses quarantes frères-- quitte le naturalisme pour une traversee des discours (sociologisant, artsy, raciste...) souvent drôle et politiquement incorrecte.

Bien sûr, la revue de presse cinéma d'Antoine Guillot: Cinéma casher.

Et le coup de fil de Seham Boutata passé au réalisateur et producteur haïtien, Raoul Peck à l'occasion du Festival International du film d'Amiens qui lui rend hommage du 16 au 24 novembre.

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