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"Cold War" (© Diaphana Distribution), "Halloween" (© Universal Pictures International France) et "L'envers d'une histoire" (© Survivance)

Cinéma : Halloween, "l’horreur a besoin d’une chair jeune et innocente"

55 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir dans La Dispute cinéma, nous évoquons "Cold War" de Pawel Pawlikowski, "Halloween" de David Gordon Green et "L'envers d'une histoire" de Mila Turajilic.

"Cold War" (© Diaphana Distribution), "Halloween" (© Universal Pictures International France) et "L'envers d'une histoire" (© Survivance)
"Cold War" (© Diaphana Distribution), "Halloween" (© Universal Pictures International France) et "L'envers d'une histoire" (© Survivance)

"Cold War" de Pawel Pawlikowski (en salles)

"Cold War" (© Diaphana Distribution)
"Cold War" (© Diaphana Distribution)

Synopsis : Pendant la guerre froide, entre la Pologne stalinienne et le Paris bohème des années 1950, un musicien épris de liberté et une jeune chanteuse passionnée vivent un amour impossible dans une époque impossible.

L'avis des critiques :

Je trouve que c’est un très beau film. Quand on le résume, on a l’impression que ça va être une fresque interminable. En fait, c’est un film très court, très resserré. Les personnages sont très attachants parce que singuliers. Pawel Pawlikowski s’est inspiré de ses propres parents. Ils ont une voix, une existence romanesque incroyable. C’est un film qui nous livre beaucoup de strates. Florence Colombani

Le film a une sorte d’empressement très beau dans le montage. Le noir et blanc est d’une beauté terrible qui pourrait nous plonger dans une ère de glaciation. Ce n’est pas le cas grâce au galop du montage. Pawlikowski a pris conscience de ce qui menaçait « Ida », ce côté un peu réfrigéré. Le récit de cet amour est beaucoup plus urgent, se réchauffe. Philippe Azoury

Le film est une très bonne surprise. Le problème de Pawlikowski c’est qu’il veut faire des films parfaits avec une image léchée, jusqu’à l’image presque publicitaire. Ici, le film déborde sans arrêt, notamment grâce aux comédiens. On a la question de l’exil qui peut menacer la virilité d’un homme. Dans les moments musicaux, la caméra recule en plans fixes presque à la MGM des années 50, c’est très beau. Antoine Guillot 

"Halloween" de David Gordon Green (en salles)

"Halloween" (© Universal Pictures International France)
"Halloween" (© Universal Pictures International France)

Synopsis : Laurie Strode est de retour pour un affrontement final avec Michael Myers, le personnage masqué qui la hante depuis qu’elle a échappé de justesse à sa folie meurtrière le soir d’Halloween 40 ans plus tôt.

L'avis des critiques :

En principe je suis plutôt cynique. Ici ça devient quand même assez flippant, le film opère. Il y a sans arrêt des caméos, une continuité par rapport au film de Carpenter qui est une bonne idée sur le papier. Le film est véritablement flippant quand il s’intéresse à des gens jeunes, l’horreur a besoin d’une chair jeune et innocente. Il se débat toutefois avec des choses un peu usées en termes de suspens et est plutôt bien filmé. Je ne suis toutefois pas certain que tous les clins d’œil soient une bonne idée. Philippe Azoury

Dans sa volonté de revenir à l’original, le film est très cynique. On va avoir des citations qui sont des caméos, mais le film reprend aussi des plans qui sont inversés. On a une succession de pistes toutes contradictoires les unes avec les autres. Des personnages ne sont créés que pour aboutir au retour du tueur, comme des pantins. C’est finalement un grand gloubi-boulga d’un peu tout qui revient en permanence. Antoine Guillot

Je pense que le problème de ce film est le fondement même du "slasher movie". On a juste un tueur, un corps. On a un masque, donc jamais un visage qui communique quoi que ce soit. Or, David Gordon Green essaye de donner une épaisseur pour remplir. Il introduit la question du traumatisme, avec des questions intéressantes, mais traitées de manière grossière. La présence physique de Jamie Lee Curtis en gros plans est peut être la seule innovation de ce film-là. Florence Colombani

Ce que je préfère reste la musique. J’avais envie d’avoir peur et c’est quand même l’ennui qui gagne beaucoup. Je préfère cette mauvaise série qu’est Stranger Things et qui se nourrit du décalque. Ici, j’ai vu beaucoup de sueur, de brain-storming. Arnaud Laporte

"L'envers d'une histoire" de Mila Turajilic (en salles)

"L'envers d'une histoire" (© Survivance)
"L'envers d'une histoire" (© Survivance)

Synopsis : Une porte condamnée dans un appartement de Belgrade révèle l’histoire d’une famille et d’un pays dans la tourmente. Tandis que la réalisatrice entame une conversation avec sa mère, le portrait intime cède la place à son parcours de révolutionnaire, à son combat contre les fantômes qui hantent la Serbie, dix ans après la révolution démocratique et la chute de Slobodan Milošević.

L'avis des critiques :

Ce film m’a passionné, il est très étonnant. Cet appartement est un lieu métaphorique. Plus le film avance et plus les couches s’accumulent jusqu’à devenir ce dialogue entre une fille et sa mère. Celle qui est au centre de cela, c’est la mère qui va transmettre un combat politique tragique. Là où le filme devient très troublant, c’est qu’on apprend énormément de choses sur la Serbie. Antoine Guillot

Je suis très friand d’images historiques, d’archives. La mère de la réalisatrice dit bien qu’elle en a assez d’évoquer le passé, de remonter toute l’histoire de la Serbie. C’est un film fantastique, mais au niveau de la mise en scène, il y a un peu de gras. Elle a besoin de faire des plans larges et des travellings, mais c'est ensuite l’archive qui importe le plus. Ce qui est glaçant et passionnant c’est qu’elle est née en 1978 où 1979. Que fait-on de cet héritage-là ? Philippe Azoury

J’ai trouvé le film passionnant et extrêmement riche. Dans ces archives qu’on découvre, il y a une scène saisissante où on voit les partisans. Cet appartement rempli de souvenirs donne quelque chose de très saisissant. On a une femme assez massive physiquement, avec une éloquence incroyable, que la fille réussit à faire vaciller. On a vraiment de grands moments de cinéma. Florence Colombani

>> LE COUP DE CŒUR DE FLORENCE COLOMBANI : "Rétrospective Jean-Paul Rappeneau" à La Cinémathèque française jusqu'au 3 novembre

Présentation officielle : Scénariste remarqué, devenu réalisateur au milieu des années 1960, Jean-Paul Rappeneau a depuis mis en scène huit longs métrages, comédies d'aventures, historiques, adaptations littéraires, autant de films épiques et élégants, rythmés et précis, peuplés de stars, où domine le sentiment d'une enfance jamais disparue.

Il y a quelque chose dans le cinéma de Jean-Paul Rappeneau qui a malheureusement disparu du cinéma français. Il a goût du film bien fait, un sens de l’image, du scénario et un goût absolument irrésistible. C’est une carrière en peu de films, mais avec des films qui restent, à l’identité très particulière. Il y a de très beaux rôles. Cyrano pour moi incarne cette capacité à insuffler du romanesque. Florence Colombani

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Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records)

Intervenants
  • Critique de cinéma, écrivaine et réalisatrice
  • Critique de cinéma, journaliste et auteur
  • journaliste, critique de cinéma et de bandes dessinées, producteur de l'émission "Plan large" sur France Culture
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