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"La Fille au bracelet" (Mathieu Ponchel), "Toutes les vies de Kojin (Rouge Distribution), "Deux" (Sophie Dulac Distribution)

Cinéma : "La Fille au bracelet", "Toutes les vies de Kojin", "Deux"

54 min
À retrouver dans l'émission

Au sommaire de La Dispute Cinéma : un point d'actualité autour de l'Académie des Césars, "La Fille au bracelet", de Stéphane Demoustier, "Toutes les vies de Kojin", de Diako Yazdani, "Deux", de Filippo Meneghetti

"La Fille au bracelet" (Mathieu Ponchel), "Toutes les vies de Kojin (Rouge Distribution), "Deux" (Sophie Dulac Distribution)
"La Fille au bracelet" (Mathieu Ponchel), "Toutes les vies de Kojin (Rouge Distribution), "Deux" (Sophie Dulac Distribution)

Point d'actualité : la direction de l'Académie des Césars annonce sa démission collective 

Jeudi 13 février, en début de soirée, l'Académie des Césars annonce via un communiqué le « renouvellement complet » de sa direction. Cela faisait déjà un mois que l'organisation était secouée par un enchaînement de faux-pas et de controverses. En effet, des dysfonctionnements dans le processus de validation des marraines et parrains, l'opacité de la gouvernance, les douze nominations pour le film « J'accuse » de Roman Polanski alors même que ce dernier est accusé de viol par plusieurs femmes ont   énormément fait réagir, y compris la profession. 

Plus de quatre-cents professionnels du cinéma et membres de l'Académie ont fait paraître une pétition dans Le Monde le 10 février pour demander de profonds changements quant aux« modes de gouvernance de l’Association et [de] fonctionnements démocratiquesqui les encadrent ». Alain Terzian, désormais ex-président des Césars, a donc décidé de mettre fin à cette crise en annonçant la démission de son conseil d'administration. Une décision qui aura, sans nulle doute, d'importantes conséquences quant à l'avenir de l'Académie. 

La 45ème cérémonie des Césars doit avoir lieu le vendredi 28 février, à la salle Pleyel à Paris, avec Florence Foresti comme maîtresse de cérémonie. 

Les critiques cinéma Charlotte Garson, Julien Gester et Thierry Chèze ont eux aussi réagi suite à cette annonce de l'Académie des Césars :

« Je pense qu'on regardera cette cérémonie avec un peu plus d'intérêt que les précédentes éditions. Aussi, on peut penser que la chute de la gouvernance actuelle des Césars, à savoir celle d'Alain Terzian mais aussi du bureau qui l'entourait – constitué essentiellement de membres cooptés à vie ou oscarisés – étant enclenchée, beaucoup de langues vont se délier. » Julien Gester

« On a toujours l'impression que c'est au moment où ceux qui sont à la tête de systèmes structurellement mauvais, qui en abusent, mais qui en profitent, deviennent faibles, qu'il se passe quelque chose. C'est politiquement candide, mais c'est toujours comme ça que ça fonctionne » Charlotte Garson

« La seule bonne chose que je trouve là-dedans, c'est que la profession s'intéresse aux Césars. Parce que je pense que la chute de la maison Terzian vient aussi du fait que, finalement, bon an, mal an, la profession s'en accommodait. Là, il y a d'un seul coup une volonté de reprise en main par ceux qui devraient être les Césars, c'est-à-dire les professionnels. » Thierry Chèze

"La Fille au bracelet", de Stéphane Demoustier (en salles)

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Présentation : Lise a 18 ans, elle vit dans un quartier résidentiel sans histoire et vient d’avoir son bac. Mais depuis deux ans, Lise porte un bracelet électronique car elle est accusée d’avoir assassiné sa meilleure amie. 

L'avis des critiques :

« La place du spectateur, très clairement, c'est la place des jurés, mais nous sommes des jurés très lointains, très abstraits. Stéphane Demoustier fait un effort extrême pour nous dire que les gens sont retenus : le père est très pudique et la mère est fuyante. Ce film est la traduction psychologique de la distance et par conséquent, les liens ne sont pas faits, il n'y a pas d'affect ni de sentiments. » Charlotte Garson

« C'est un film de procès et petit-à-petit, il va se recentrer sur le personnage féminin, interprété par Melissa Guers. Les parents sont là, les gens vont témoigner, commenter, douter mais la caméra se concentre sur ce visage là, un visage qui ne cherche pas à attirer la sympathie, qui ne cherche à rien prouver et en ce sens je trouve que Melissa Guers a une véritable présence. Plus qu'un film de procès c'est le portrait de cette fille au bracelet. » Thierry Chèze

« Le film peut être assez séduisant au début, mais il est finalement dans une telle réserve, une telle économie qui retranche toute existence propre des personnage en dehors de leur rôle de rouage dans cette affaire, qu'il n'en ressort absolument rien d'eux, y compris de la jeune fille. » Julien Gester 

« C'est un film qui repose sur beaucoup d'ambivalences. La grande absente, c'est l'enquête ! Il n'y a pas d'enquête dans ce film de procès et c'est quand même très curieux, intriguant. Au début, il y avait pas mal de signaux qui me séduisaient, mais finalement, ce que je pensais être le sujet du film, à savoir l'opacité de l'accusé, est esquivé. J'ai été finalement déçu. »  Arnaud Laporte

"Toutes les vies de Kojin", de Diako Yazdani (en salles)

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Présentation : Dans un documentaire à la première personne, Diako Yazdani, réfugié politique en France, retourne voir sa famille au Kurdistan irakien et leur présente Kojin un jeune homosexuel de 23 ans qui cherche à exister au sein d’une société où il semble ne pas pouvoir trouver sa place. Avec humour et poésie, le réalisateur livre un portrait émouvant où les rencontres des uns et des autres invitent à une réflexion universelle sur la différence.

L'avis des critiques : 

« L'émotion naît du dispositif. Ce qui est réjouissant, c'est que le réalisateur vient avec un dispositif, des idées pour que le documentaire ne soit ni complètement à charge et donc un exercice rhétorique, ni simplement un portrait, ce qu'il est aussi parce qu'il y a une admiration pour le courage de Kojin. Il y a vraiment la volonté de réfléchir à des situations de paroles ludiques et dont on peut espérer qu'elles produisent un changement dans les consciences. » Charlotte Garson  

« C'est un portrait à deux. En effet Kojin prend énormément de risques, mais par la présence du réalisateur Diako Yazdani à ses côtés, présence cinéaste mais aussi amicale, il y a la volonté de faire ce film à deux, l'idée de compagnonnage qui me touche et cela rajoute une strate à la formidable impression que le film m'a laissé. » Thierry Chèze

« Ce qu'il y a de très fort dans ce film, c'est qu'il amalgame plusieurs manières et registres documentaires. S'ils avaient été tous distingués les uns des autres, ils auraient traités ce sujet de manière beaucoup plus académique, alors qu'ici c'est le fait d'imbriquer la forme autobiographique, le portrait d'un parcours, le portrait d'une figure aussi émouvante et singulière de celle de Kojin qui rend ce film beau. » Julien Gester

« Ça m'a été extrêmement pénible de subir pendant une heure et demi des propos d'une telle violence, des situations dont on se dit que les risques encourus sont des risques de vie ou de mort. C'est effroyablement violent quand même. » Arnaud Laporte

"Deux", de Filippo Meneghetti (en salles)

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Présentation : Nina et Madeleine sont profondément amoureuses l’une de l’autre. Aux yeux de tous, elles ne sont que de simples voisines vivant au dernier étage de leur immeuble. Au quotidien, elles vont et viennent entre leurs deux appartements et partagent leurs vies ensemble. Personne ne les connaît vraiment, pas même Anne, la fille attentionnée de Madeleine. Jusqu’au jour où un événement tragique fait tout basculer…

L'avis des critiques : 

« Je trouve que les références au film de genre, qui passent beaucoup par la musique, par certains cadrages, par une sous-exposition des plans de nuit, restent toutefois superficielles. Elles sont utilisées faute de mieux, faute d'une autre idée. » Charlotte Garson

« J'ai aimé la manière dont Filippo Meneghetti traite l'obsession de cette femme qui veut à tout prix retrouver sa compagne, qui veut absolument retourner dans cet appartement pour passer du temps à ses côtés et que son amour soit reconnu. Il y a quelque chose du film de genre que je n'attendais pas surgir à ce moment là et qui m'a plu. » Thierry Chèze

« Le film porte l'idée qu'avec la vieillesse, on perd notre capacité à marcher, s'assumer, se laver, se nourrir, mais aussi à vivre sa vie selon ses propres termes, sa propre éthique. Sur cette idée, le film m'a plutôt charmé au début, mais très vite je trouve que ça vire à un systématisme qui relève plus de la sensiblerie que de la sensibilité. Le film s'enferme dans une sophistication un peu toc, qui m'évoque du vieux cinéma plutôt qu'un portrait sensible actuel de cet âge et de cette situation dans un monde qui serait nôtre. » Julien Gester

« Je crois que ce film a un problème de colorimétrie, il y a quelque chose de très confit qui surjoue l'enfermement, au bout d'un moment cela m'a ennuyé. Alors que Barbara Sukowa est très intéressante, je m'attendais à ce que ça aille plus dans le film de genre, il y a pleins de pistes possibles et finalement je n'y ai pas trouvé mon compte. » Arnaud Laporte

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