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Cinéma: La Poussière du temps et That cold day in the park

59 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, La Dispute se penche sur l’actualité cinématographique avec les critiques suivants :

- Lisa Nesselson (Screen et France 24)

  • Jean-Baptiste Thoret (Charlie Hebdo)

  • Antoine Guillot (France Culture)

A propos des films suivants :

  • La Poussière du temps , Theo Angelopoulos
La Poussière du temps
La Poussière du temps

Arnaud Laporte: Je ne vois pas ce qu'il y a à sauver de ce film malgré une distribution de très haute qualité !

Antoine Guillot: Le film, dans le fond comme dans la forme, est un adieu au XXe siècle, et donc aussi au cinéma monumental, et parfois pesant, qu'on rencontrait alors dans les grands festivals de cinéma, et dont cet ultime opus est un des derniers représentants. On saura cependant gré au réalisateur d'avoir, plus que dans ces derniers films, voulu se rapprocher de ses personnages.

Lisa Nesselson: Avec des répliques faussement poétiques et surtout agaçantes, ce film est interminable et indigeste !

Jean-Baptiste Thoret:

Angelopoulos se regarde filmer. Le film est plein de certitudes et d’académisme avec une structure éclatée incompréhensible. Il y a une dimension involontairement comique et grossière.

Je ne comprend pas l’idée même du film !

Recto jaquette
Recto jaquette

Arnaud Laporte: Ce qui est intéressant, ici, c’est comment les corps disent autre chose que les mots, comment cette bourgeoise, Frances, jouée par Sandy Dennis, est une cousine par anticipation, 7 ou 8 ans avant, de la Jeanne Dielman de Chantal Akerman.Le film est par ailleurs passionnant en terme de mise en scène, notamment sur la question de l’enfermement, et de l’enfermement dans l’enfermement, avec l’utilisation des miroirs, motif récurrent du film, et la question du dedans et du dehors, l’appartement étant l’intériorité absolue, l’inconscient domestiqué, avec la chambre d’amis fermée à clé, et la véritable maison du jeune homme étant l’extériorité totale, l’étranger, l’autre.

Antoine Guillot:

La picturalité étonnante ainsi que la dimension bergmanienne rend le film passionnant.

Entre le travail formidable du chef-opérateur Laslo Kovaks et la maîtrise formelle de Robert Altman : Un grand film à découvrir !

Lisa Nesselson: Altman nous propose une atmosphère intime et formelle.Ce film est délicieusement bizarre avec un suspense soutenu, qui révèle déjà toute la maîtrise de ce réalisateur.

Jean-Baptiste Thoret:

"That Cold day in the Park" dialogue avec trois films : Escalier interdit (1967) de Robert Mulligan; Repulsion (1965) de Roman Polanski et Théorème (1968) de Pier Paolo Pasolini.

Robert Altman aborde des « tics » européens formels avec un jeu narratif et une certaine mise en scène et en lumière.

Très intéressant !

Les coups de cœurs :

Antoine Guillot:

  • Compte-rendu de la Berlinale

Depuis deux ans, la Berlinale cherche à échapper à son image de rampe de lancement de grosses machines hollywoodiennes et de films à gros sujets. Les premiers jours du festival n'y échappent pas complètement, même si, dans le genre, Gus Van Sant réussit admirablement l'exercice, on en reparlera. Déception en revanche du côté de Wong Kar Wai, qui faisait l'ouverture, ou de Thomas Arslan, dont le GOLD se réduit à son pitch, certes excitant (Nina Hoss sur un cheval dans de magnifiques paysages). Comme souvent, c'est donc dans les marges qu'il faut aller chercher, et c'est au Panorama qu'on a pu voir deux films américains qui interrogent assez finement les images pornographiques: ce que cachent leur mythe et comment elles nous agissent :

- Lovelace, de Jeffrey Friedman et Rob Epstein, biopic de Linda Lovelace

- Don Jon’s Addiction, du comédien Joseph Gordon-Lewitt

Lisa Nesselson: - Flight , Robert Zemeckis

Flight, c’est deux films en un : Un film d’action et un film de suspense !

Bien sûr, la revue de presse culturelle d’Antoine Guillot

Et le coup de fil de Seham Boutata passé à Martine Kahane , commissaire de l'exposition "Costumer le pouvoir: Opéra et Cinéma" du 26 janvier au 20 mai 2013 à Moulins dans l'Allier au Centre National de costume de scène.

Pastille introductive : Yves BOISSET

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