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 de haut en bas : "Les Eternels (Ash is purest white)" (© Ad Vitam), "Santiago, Italia" (© Le Pacte) et "Casting" (© Arne Höhne Presse, Piffl)

Cinéma : Casting, "le film rate tout ce qu’il essaye d’entreprendre"

56 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, La Dispute revient sur les cérémonies des Oscars et des Césars. Nous abordons également "Les Eternels" qui faisait partie de la sélection officielle du Festival de Cannes 2018 et "Casting" de Nicolas Wackerbarth, avant un coup de cœur pour le dernier documentaire de Nanni Moretti.

 de haut en bas : "Les Eternels (Ash is purest white)" (© Ad Vitam), "Santiago, Italia" (© Le Pacte) et "Casting" (© Arne Höhne Presse, Piffl)
de haut en bas : "Les Eternels (Ash is purest white)" (© Ad Vitam), "Santiago, Italia" (© Le Pacte) et "Casting" (© Arne Höhne Presse, Piffl)

Le Petit Salon : bilan sur les Oscars et les Césars

L'avis des critiques :

Le César du public est tout jeune, intronisé l'année dernière pour récompenser le plus grand succès du public en salles. Le film populaire s'est invité en bonne place dans la compétition. Mais que doivent récompenser les Césars ? Les Césars populaires voulus par l’Académie font pschitt et les audiences se plantent. Qu'est-ce qui complexe tant les grands-messes du cinéma ? Boris Pineau

Quitte à faire des Césars du public, pourquoi ne pas choisir les 20 plus gros succès et faire voter les gens comme on fait avec Les Victoires de la musique ? La chute pour les Oscars est continuelle depuis des années. La performance de Kad Merad est à commenter, mais je trouve qu’il manquait un suspens qui fait qu’on a moins envie de rester. Thierry Chèze

Si la cérémonie n’arrive pas à être drôle, je pense que c’est parce que Kad Merad était entre cette servilité au monde du cinéma devant lui et la beauferie. Les prix du public me paraissent être une sorte de mascarade. Il s’agit de faire primer la force du sujet. Je pense que cette industrie du cinéma elle-même trouve cette cérémonie d’un ennui abyssale. Murielle Joudet

On peut au bout de quelques prix prédire ce qui sortira de l’enveloppe. Ce qui est un peu désarmant, c’est qu’il y a une vraie crise d’identité. On ne sait pas vraiment à qui ces cérémonies s’adressent. Ces nominations étaient particulièrement désolantes cette année. A quoi peuvent servir les Césars au-delà du divertissement offert au public ? Julien Gester

"Les Eternels (ash is purest white)" de Jia Zhang-ke (en salles)

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Synopsis : En 2001, la jeune Qiao est amoureuse de Bin, petit chef de la pègre locale de Datong.

Alors que Bin est attaqué par une bande rivale, Qiao prend sa défense et tire plusieurs coups de feu. Elle est condamnée à cinq ans de prison.

A sa sortie, Qiao part à la recherche de Bin et tente de renouer avec lui.  Mais il refuse de la suivre.

Dix ans plus tard, à Datong, Qiao est célibataire, elle a réussi sa vie en restant fidèle aux valeurs de la pègre.

Bin, usé par les épreuves, revient pour retrouver Qiao, la seule personne qu’il ait jamais aimée…

L'avis des critiques :

C’est un film qui est à la fois trop fait et pas assez pour le temps effréné des festivals. Ce film peut ressembler à un travail d’auto compilation du cinéma de Jia Zhiang-ke. On y trouve des fragments de films précédents qu’il va ré exploiter. Je pense que c’est un film qui travaille énormément après la projection. Julien Gester

C’est vrai que j’ai eu grand plaisir à revoir ce film. Cette actrice n’est pas simplement une muse, c’est une vraie collaboratrice. Il donne un portrait de lui-même qui m’a ému. J’ai l’impression d’une lettre d’amour en morceaux et tout ce travail sur cette histoire m'a plu. Ce qui est formidable avec ce film, ce sont les strates différentes. Thierry Chèze

Jia Zhang-ke est tellement maître de son art que le mélodrame n’advient jamais. J’ai été complètement insensible au film. La chose plus ample qui consiste à créer une sorte de souffle romanesque et mélodramatique me paraît un peu empruntée. J’ai été presque frustrée et honteuse de ne rien ressentir. Murielle Joudet 

Il me reste des éclats de ce film, qui correspondent au genre noir, mais je ne vois pas vraiment l’intérêt de cette grande histoire d’amour qu’on nous vend. Sur la longueur, la totalité, il ne reste pas grand chose de ce que peut-être la continuité de ce récit. Lucile Commeaux

"Casting" de Nicolas Wackerbarth (en salles)

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Synopsis : Pour son premier téléfilm - un remake des Larmes amères de Petra von Kant - Vera, réalisatrice, veut le casting parfait. Mais le premier jour de tournage approche rapidement et les nombreuses séances de casting n'ont pas encore permis de trouver une actrice convenable pour jouer le rôle principal...

L'avis des critiques :

Je trouve cela très scolaire. Que ce soit le patron de chaîne, la réalisatrice, la maquilleuse, il y a quelque chose d’un jeu avec des évidences, des clichés dont le film s'est mal départi. Je trouve que ça reste toujours en dessous et ramène le film à quelque chose de commun. Je me suis senti empêché par le film. Thierry Chèze

Le film conscientise ce rapport à Fassbinder, ce qui est un running gag du film. Pour un jeune cinéaste, il y a une manière de retomber un peu à la source du cinéma allemand et de s’y confronter. J’ai trouvé cela très finement incarné. On est dans une affaire de remake. Le film a été vastement improvisé, mais cela passe par des nuisances, des déclinaisons. Julien Gester

C’est un film qui a beaucoup de prétention, comme tout film qui essayent de filmer des coulisses avec une dimension théorique. Tout le propos du film de Fassbinder se transporte sur les rapports entre cette troupe de théâtre. Je pense que le film rate tout ce qu’il essaye d’entreprendre. Il n’arrive pas à progresser et repose sur des clichés. Murielle Joudet

>> LE COUP DE CŒUR DE LUCILE COMMEAUX : "Santiago, Italia" de Nanni Moretti (en salles)

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Synopsis : Après le coup d'État militaire du général Pinochet de septembre 1973, l'ambassade d'Italie à Santiago (Chili) a accueilli des centaines de demandeurs d'asile. À travers des témoignages, le documentaire de Nanni Moretti raconte cette période durant laquelle de nombreuses vies ont pu être sauvées grâce à quelques diplomates italiens.

Pendant très longtemps le titre reste une énigme jusqu’à ce qu’on comprenne le dispositif politique du film. Cette deuxième partie est passionnante et c’est là que la forme témoignage comporte tout son intérêt. Lucile Commeaux 

Vos commentaires :

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Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

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