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"L'Epoque" © BAC Films, "La Camarista" © Alpha Violet, "Seule à mon mariage" © Destiny Films

Cinéma : La Camarista, "un bon équilibre entre le film cérébral et la chronique sociale"

55 min
À retrouver dans l'émission

Au sommaire de cette Dispute : "L'Epoque" de Matthieu Bareyre, "Seule à mon mariage" de Marta Bergman et "La camarista" de Lila Avilés. Enfin, un coup de coeur de Charlotte Garson pour "Rencontres", un ensemble de textes réunis par Emile Breton (Yellow Now).

"L'Epoque" © BAC Films, "La Camarista" © Alpha Violet, "Seule à mon mariage" © Destiny Films
"L'Epoque" © BAC Films, "La Camarista" © Alpha Violet, "Seule à mon mariage" © Destiny Films

"La camarista" de Lila Avilés (en salles)

"La camarista" de Lila Avilés © Alpha Violet
"La camarista" de Lila Avilés © Alpha Violet

Synopsis : Eve, une jeune femme de chambre travaille dans un luxueux hôtel de la ville de Mexico. Pour trouver la force et le courage nécessaires d'affronter sa monotonie quotidienne, elle s'évade à diverses fantaisies à travers les objets personnels laissés par les invités de l'hôtel.

L'avis des critiques : 

C'est un film qui m’a plutôt intéressée et qui tient un bon équilibre entre le film cérébral et la chronique sociale plus charnelle et engagée. Lucile Commeaux

D’un point de vue social, on est déçu car nous n’assistons pas au vrai rythme infernal de celui qui doit faire un certain nombre de chambres en un certain temps. On a cette femme qui arrive à tordre la durée à tel point qu’on sort de tout réalisme. On n’est ni véritablement dans l’expérience artistique radicale ni dans un propos social qui serait fort. Charlotte Garson

J'ai été très sensible à la retenue, à la pudeur assez extrême de ce film. Arnaud Laporte

Cette mise en scène un peu aseptisée, vitrifiée est un peu systématique et déjà vue. (…) A force de pudeur, le film devient fade. Murielle Joudet

"L'Epoque" de Matthieu Bareyre (en salles)

Synopsis : Du Paris de l’après-Charlie aux élections présidentielles, une traversée nocturne aux côtés de jeunes qui ne dorment pas : leurs rêves, leurs cauchemars, l’ivresse, la douceur, l’ennui, les larmes, la teuf, le taf, les terrasses, les vitrines, les pavés, les parents, le désir, l’avenir, l’amnésie, 2015, 2016, 2017 : l’époque.

L'avis des critiques : 

Le film est très travaillé au niveau du montage. Plastiquement, c’est une jubilation qui compense parfois l’excès de paroles ou la tentation que le discours se fige en discours militant. Charlotte Garson 

Ce film me laisse une impression durable et grandissante. Au début de la projection, j’ai craint le film branché et superficiel. De fait, j’ai été saisi par cette pulsation qu’il y a entre des monologues assez denses et ces respirations musicales où les corps se délivrent de l’époque dans laquelle on vit. Cette alternance est assez juste sur le rythme de la pensée même de la jeunesse. Arnaud Laporte

Je préfère quand Matthieu Bareyre filme des jeunes alcoolisés voire drogués qui disent des choses insignifiantes dans lesquelles quelque chose de véritable et d'authentique va surgir. Cela m’intéresse plus que la phase militante un peu molle. Murielle Joudet

Je suis assez partagée sur le film que je trouve à la fois assez efficace dans son côté documentaire, son efficacité politique, et pas très loin de la catégorie « film branché » dont je me méfie. Lucile Commeaux

"Seule à mon mariage" de Marta Bergman (en salles)

Synopsis : Pamela, jeune Rom insolente, spontanée et drôle, s’embarque vers l’inconnu, rompant avec les traditions qui l’étouffent. Elle arrive en Belgique avec trois mots de français et l’espoir d’un mariage pour changer son destin et celui de sa fille.

L'avis des critiques : 

On peut dire qu’il y a un discours politique sur la Belgique par rapport aux communautés Roms. Mais je préfère voir la dimension fictionnelle, la confrontation entre un corps pialatien avec un corps complètement fermé. Ce choc est ce qui m’a le plus passionnée dans le film parce qu’il revient après dans les clous du portrait de femme. Murielle Joudet

En tant que spectatrice, j’ai eu l’impression de voir Marta Bergman tiraillée entre le portrait et le récit à suspense. J’ai eu l’impression qu’elle appliquait à chaque fois une technique de désamorçage. C’est plutôt réjouissant quand on a été nourri par les Frères Dardenne mais à force, on peut se demander ce qu'il reste d’intéressant. Charlotte Garson

Je suis assez fascinée par Alina Serban. Son corps en soi est un objet de cinéma assez impressionnant. Où qu’elle soit, elle est une sorte de force absolue qui emporte un peu tout. Lucile Commeaux

>> LE COUP DE COEUR DE CHARLOTTE GARSON : "Rencontres", entretiens avec Luce Vigo (Editions Yellow Now)

En relisant après sa mort tous les textes (critiques, entretiens) écrits par Luce Vigo pour diverses publications (essentiellement Les Lettres françaises, Jeune Cinéma, Révolution), émile Breton a été particulièrement frappé par la singularité de ses entretiens, leur ton amical ou parfois impertinent, grâce auquel elle parvenait à créer des échanges particulièrement directs et intimes. Dans sa longue carrière de journaliste, Luce Vigo a pu s'entretenir avec de nombreux cinéastes, et certains des plus grands (Resnais, Truffaut, Rivette, Rozier, Garrel, Oliveira...), non sans être très attentive à leurs héritiers, ceux qu'elle a pu découvrir chaque année, notamment au Prix Jean-Vigo dont elle assuma la présidence jusqu'à sa mort. 

Je n’ai jamais vu autant d’entretiens où de très grands cinéastes évoquent de manière assez détendue leurs ratages. On est dans l’anti-promotion totale et je pense que c’est dû à Luce Vigo qui crée cette intimité-là. Elle recueille aussi l’étincelle de désir qui a donné envie à un cinéaste de faire tel ou tel film. Charlotte Garson 

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

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