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en haut : "Wildlife" (© Sony Pictures Entertainment Deutschland GmbH), au milieu : "L'Homme Fidèle" (© Shanna Besson), en bas : "Mary Poppins" (© 2018 Disney Enterprises, Inc. All Rights Reserved. Jay Maidment)

Cinéma : Le retour de Mary Poppins, "c’est une grosse meringue"

55 min
À retrouver dans l'émission

Quatre films sont au programme de cette Dispute : "L'Homme Fidèle" de Louis Garrel avec Laetitia Casta, "Le retour de Mary Poppins" après 54 ans d'absence et "Wildlife - une saison ardente" de Paul Dano. Sans oublier le coup de cœur de Lucile Commeaux pour "Roma" d'Alfonso Cuaron.

en haut : "Wildlife" (© Sony Pictures Entertainment Deutschland GmbH), au milieu : "L'Homme Fidèle" (© Shanna Besson), en bas : "Mary Poppins" (© 2018 Disney Enterprises, Inc. All Rights Reserved. Jay Maidment)
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"L'Homme Fidèle" de Louis Garrel (en salles)

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Synopsis : Abel et Marianne sont séparés depuis 10 ans.
Alors qu’ils se retrouvent, Abel décide de reconquérir Marianne.
Mais les choses ont changé : Marianne a un fils, Joseph, et sa tante, la jeune Ève, a grandi.
Et ils ont des secrets à révéler….

L'avis des critiques :

C'est un film qui joue à fond le jeu d'un entre-soi. On est dans un film d'héritier qui s'assume à plein. On a affaire à un jeu cérébral, assez froid et totalement dénué de sensualisme ce qui me paraît assez intéressant. La mise en scène supporte assez bien la circulation des désirs, notamment par la voix-off. J'ai beaucoup aimé ce film, avec un art du dialogue rare dans les films français. Lucile Commeaux

J'aime beaucoup Louis Garrel acteur. Il est pour moi un grand acteur qui arrive à se rendre aimable dans toutes les situations. L'entre-soi ne me dérange absolument pas. J'ai toutefois l'impression de voir un acteur qui joue ses plus grands tubes. Le film a beaucoup plus de tenue que le précédent. Il y a de très belles choses et notamment cette absence d'obstacles, de drame. Murielle Joudet

Le marketing vend ce film comme un nouveau triangle amoureux. Or, ce n'est pas tant un triangle, mais presque un quatuor, voire un quintette. Le scénario est très marqué par la patte de Jean-Claude Carrière. L'absence de conflit donne une forme d'élan aux acteurs que je trouve très bons et dirigés dans le sens de ce scénario, avec une absurdité légère. Julien Gester

C'est une bonne surprise qui déjoue pas mal les pièges des films sous influence. Il ne reste pas du tout collé à cet effet marketing. Je vois un vrai cousinage avec Emmanuel Mouret dans ce marivaudage contemporain. Je n'ai jamais vu Laetitia Casta aussi incarnée. Lily-Rose Depp est très bien utilisée. Louis Garrel comme personnage passif, manipulé, me paraît avoir un talent comique indéniable. Le charme a opéré sur moi. Arnaud Laporte

"Le retour de Mary Poppins" de Rob Marshall (en salles)

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Synopsis : Michael Banks travaille à la banque où son père était employé, et il vit toujours au 17 allée des Cerisiers avec ses trois enfants, Annabel, Georgie et John, et leur gouvernante Ellen. Comme sa mère avant elle, Jane Banks se bat pour les droits des ouvriers et apporte son aide à la famille de Michael. Lorsque la famille subit une perte tragique, Mary Poppins réapparaît magiquement dans la vie de la famille. Avec l’aide de Jack, l’allumeur de réverbères toujours optimiste, Mary va tout faire pour que la joie et l’émerveillement reviennent dans leur existence… Elle leur fera aussi découvrir de tout nouveaux personnages plein de fantaisie, dont sa cousine, l’excentrique Topsy.

L'avis des critiques :

Déjà enfant je trouvais ça horrible, c’est une grosse meringue. On est quand même à Londres pendant la Grande Dépression, ce qui n’a aucune résonance avec l’époque actuelle et est suranné. Il y a une sorte de pyrotechnie qui va dans tous les sens, on mise avant tout sur les effets spéciaux. Ce film n’appartient absolument pas à son réalisateur qui est par ailleurs très mauvais. Disney s’encroûte dans les vieux pots de confiture. Murielle Joudet.

Ce film m’a profondément ennuyée. J’ai un rapport particulier avec Mary Poppins qui me fait complètement flipper. Je trouve assez intéressant que le film se déroule 20 ans après. Il n’y a toutefois qu’une seule figure féminine possible : Mary Poppins qui vient remplacer la mère qui est morte. Du point de vue de la pure comédie musicale, les chorégraphies sont assez terribles, mais la musique a du style bien qu’extrêmement classique. Lucile Commeaux

Souvent, ce type de production fait que ce n’est plus le film de personne. Ce qu’on peut projeter sur ce type de film, c’est une attente vis-à-vis de ce que serait le génie du système. Rob Marshall a la candeur de dire les choses comme elles sont. Ce qu’on peut attendre d’un film de cette nature-là, c’est qu’il sécrète quelques images qu’il est impossible de voir ailleurs. Julien Gester

"Wildlife - une saison ardente" de Paul Dano (en salles)

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Synopsis : Dans les années 60, Joe, un adolescent de 14 ans regarde, impuissant, ses parents s’éloigner l’un de l’autre. Leur séparation marquera la fin de son enfance.

L'avis des critiques :

Je me suis approché de ce film avec une certaine méfiance qui tient principalement au matériau. Cela tape dans le mille d'un certain imaginaire contemporain. Mais j'avais l'impression qu'on avait un peu épuisé cette matière-là, qui campe quelque chose d'une norme. Cela aurait pu être un objet un peu académique et décoratif. Le film n'est que ça, mais avec une grâce absolue. Julien Gester

J'ai trouvé ce film extrêmement lourd, ce qui tient beaucoup au portrait avec des personnages non-convaincants. Le fils est totalement inconsistant, c'est une pure surface sans cohérence affective, sans élan. C'est notre accès au couple des parents, mais il n'existe pas. On a un niveau de caricatural très lesté d'un million de références du cinéma américain des années 70. Il n'y a rien d'authentique. Lucile Commeaux

Le film nous assène le fait que toutes les scènes sont vues depuis le regard de Joe, le fils. J'ai l'impression que faire un film dans les années 60, c'est évidemment faire un film sur les années 60 et leur imaginaire. "Wildlife" échappe en partie au côté imagerie figée, mais a quand même le côté "panoplie", un certain nombre de clichés rattachés à cette décennie. J'ai l'impression d'avoir déjà vu 10 000 fois ce film. Murielle Joudet

>> LE COUP DE CŒUR DE LUCILE COMMEAUX : "Roma" d'Alfonso Cuaron, sur Netflix

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Synopsis : Ce film fait la chronique d'une année tumultueuse dans la vie d'une famille de la classe moyenne à Mexico au début des années 1970.

Le film n'est pas distribué au cinéma en France. C'est donc un coup de coeur qui commence par un regret : il est dommage de le voir sur un petit écran. On suit Cleo, une jeune femme d'origine indienne qui s'occupe à la fois du ménage et des enfants. C'est le premier film de cette actrice qui campe un personnage infiniment doux. C'est davantage un coup de coeur pour ce personnage qui contient, presque malgré le film, une épaisseur politique. Lucile Commeaux

Vos commentaires :

Avant et pendant l'émission, réagissez et donnez votre avis sur le compte Twitter et la page Facebook de la Dispute.

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

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