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Cinéma : A perdre la raison et Dark Horse

58 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir La Dispute portera sur l'actualité du cinéma avec les critiques suivants :

  • Charlotte Garson (Cahiers du Cinéma)

  • Antoine Guillot (France Culture)

  • Alain Spira (Paris Match)

pour parler des films suivants :

  • A perdre la raison de Joachim Lafosse (sortie 22 août):
A Perdre la raison
A Perdre la raison Crédits : Kris Dewitte

Charlotte Garson :

Joachim Lafosse continue son exploration du lien pervers. Mais le sadisme s'exerce en fait sur son personnage et sur nous spectateurs...

Antoine Guillot :

J’aime beaucoup ce film, je le trouve très impressionnant. Le propos n’est pas de faire du sensationnalisme ni de montrer des horreurs. J’ai le sentiment qu’il filme un processus, c’est-à-dire qu'il montre comment on en est arrivé là. Et pour autant la part de mystère demeure. Le malaise qu’il fait passer est fort.

Alain Spira :

J ’en attendais beaucoup mais j’ai eu du mal. C’est le genre que je n’ai pas envie de voir. La seule qualité du film est de provoquer un malaise. Le film de faits-divers devient un genre. C’est merveilleusement interprété pas Emilie Dequenne. J’ai quelques doutes pour Tahar Rahim.

Arnaud Laporte :

Ce sont des caricatures de personnages, dans un scénario lui-même sans finesse, et je n'ai vu aucune ambiguïté, si ce n'est chez Niels Arestrup, qui est le seul à sortir son épingle du jeu. Pourtant Joachim Lafosse est un réalisateur que je trouvais passionnant, jusqu'à ce film.

  • Dark Horse de Todd Solondz (sortie 29 août):
Dark Horse, Todd Solondz
Dark Horse, Todd Solondz

Charlotte Garson :

Todd Solondz est un cinéaste de la caricature, ici celle du « loser » du New Jersey, empreinte d'une certaine condescendance, même si elle relève de sa part de la haine de soi.

Antoine Guillot :

J’ai beaucoup de tendresse pour ce film. Todd Solondz nous raconte une certaine vérité de la société américaine. Il me à mal l’idéologie dominante de la comédie américaine, du loser qui se révélera un winner. Ce film est intéressant par le constat de la stagnation de ce personnage. L’interprétation de Jordan Gelberg est formidable. Le film est sans espoir et c’est ce qui fait son intérêt.

Alain Spira :

Ce film est duel : il est entre la comédie avec un coulis de drame et un drame avec coulis de comédie. Il y a des choses drôles mais c’est surtout le mal-être, le mal naître du personnage qui transparaît, d’où la teneur tragique du film. Le film manque cruellement de relief émotionnel. On en sort avec une certaine neutralité. Il reflète davantage la réalité que les comédies de Judd Apatow.

Arnaud Laporte :

Dark Horse pourrait être le très bon pilote d'une série, avec la présentation des différents personnages qui ne demanderaient qu'à être développés par la suite.

Les coups de coeur de nos critiques :

  • Antoine Guillot : L'étrange pouvoir de Norman de Chris Butler et Sam Fell.

  • Charlotte Garson : Rétrospective Otto Preminger à la Cinémathèque française du 30 août au 8 octobre.

Et bien sûr la revue de presse Cinéma d'Antoine Guillot: Woody Allen, coïncidence et Terre Promise .

Et le coup de fil de Seham Boutata à Bruno Barde, directeur du Festival de Deauville qui se tiendra du 31 août au 9 septembre.

Pastille introductive: Otto Preminger.

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