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Cinéma: Piazza Fontana et Les Invisibles

59 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, la Dispute portera sur l'actualité cinématographique avec les critiques suivants:

  • Corinne Rondeau (France Culture)- Antoine Guillot (France Culture)- Alain Spira (Paris-Match)sur les films suivants:- Piazza Fontana , de Marco Tullio Giordana (sorti le 28 novembre)
Piazza Fontana
Piazza Fontana

Corinne Rondeau:

Entre les écarts politiques et les extrêmes, il y a un réalisateur qui cherche une vérité historique. Le problème, c’est que cette vérité ne s’atteint pas. Il y a un effet positif avec cette leçon d’histoire grâce à une certaine mise à distance mais j’ai été déçu par la platitude.

Les personnages sont embrumés par quelque chose qui dépasse la leçon d’histoire.

Antoine Guillot: Formellement, le film souffre de la comparaison avec ses prédécesseurs italiens (on pense au Marco Bellocchio de BUONGIORNO NOTTE ou aux films de Francesco Rosi qui parlaient dans les années 70 de la politique italienne, presque en temps réels), de grands cinéastes qui avaient su transcender leur sujet en faisant du cinéma.

PIAZZA FONTANA est avant tout un film de scénaristes, Sandro Petraglia et Stefano Rulli, déjà auteurs de NOS MEILLEURES ANNEES, qui, comme pour ce film, ont la capacité de rendre lisible une histoire compliquée, de la romancer pour la rendre compréhensible. Marco Tullio Giordana a la modestie de se mettre au service de cette histoire pour nous entraîner dans un thriller politique haletant, où on ne s'ennuie jamais.

Alain Spira: Il rentre dans une grande tradition de film politique et historique. Mais Giordana filme différemment avec une lumière un peu blafarde qui m’a fait penser à une morgue. On a le sentiment de suivre une autopsie. Il y a un certain académisme qui donne un côté retro très adapté au contexte. Il a réussi à être clair et limpide. On arrive sans manichéisme à se forger une opinion sur cette affaire complexe.

Arnaud Laporte: L’objectif de Marco Tullio Giordana est à mon sens atteint, à savoir d’imprimer dans la mémoire du spectateur cette histoire complexe, alors que les jeunes italiens de 2012 ne savent rien de cette époque, et de cet attentat, même si le film est romancé au détriment de la stricte vérité historique.

Les Invisibles
Les Invisibles

Corinne Rondeau:

Ce film est un bonheur absolu. Il ne représente aucun prosélytisme. C’est un regard rétrospectif sur des êtres sont engagés dans leur désir. Il y a du présent en permanence. Ils ne sont pas écrasés dans leur discours. Le montage les laisse à leur nature .

Antoine Guillot: Sébastien Lifshitz, lui, transcende son sujet par le cinéma. Il a une grande capacité à faire exister immédiatement ses personnages, et à nous faire presque oublier le sujet de départ pour nous parler de désir, de plaisir et de vieillesse. Un très beau film.

Alain Spira: Ce documentaire, c’est du soleil et de l’humanité. Ces invisibles rendront surement la vue aux obtus. Il va au-delà de l’homosexualité. C’est une petite merveille avec une galerie de portraits tous aussi incroyables les uns que les autres.

Arnaud Laporte: Il y a une empathie évidente avec ces personnes qui se racontent, mais il ne s’agit pas que de ça. Il y a de l’intime ET de la pudeur en même temps, et c’est évidemment tout le prix de ce documentaire, qui en fait une sorte d’opposé absolu des émissions télévisées qui se prétendent des enquêtes d’investigations.

Les coups de cœurs:Alain Spira: - Music Lover , de Ken Russel (DVD Aventi)

Music Lovers
Music Lovers

Ken Russel était le cinéaste culte dans mon adolescence. La flamboyance de la mise en scène et la musique de Tchaïkovski m’ont frappé. Il y a une véracité incroyable. Ken Russel s’appuie sur un cinéma classique en prenant des virages subversifs pour apporter une dimension surréaliste et transcendante.

Arnaud Laporte: - Coffret DVD Peter Sellers (Tamasa)3 films complément livret 16 pages

Coffret Peter Sellers
Coffret Peter Sellers

Dans ce triple DVD, on assiste au début de la reconnaissance de l'immense et génial Peter Sellers.

Bien sûr, la revue de presse culturelle d'Antoine Guillot : Larry Clark se fait voir sur Internet. Le coup de fil de Seham Boutata à la cinéaste Claire Simon à l'occasion de sa leçon de cinéma au Festival du film documentaire Traces de Vie à Clermont-Ferrand/ Vic-le-Comte du 26 novembre au 2 décembre.

Pastille introductive: BEN AFFLECK

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