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Cinéma: Rêve et Silence et Savages

58 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, la Dispute portera sur l'actualité cinématographique avec les critiques suivants:

  • Corinne Rondeau (France Culture)- Jean-Baptiste Thoret (Charlie Hebdo) - Lisa Nesselson (Screen et France 24) sur les films suivants:

  • Rêve et Silence , Jaime Rosales (sortie le 3 octobre)

Rêve et Silence
Rêve et Silence

Jean-Baptiste Thoret:

J’ai apprécié le sentiment profond de vérité. Derrière ces images, on voit du Antonioni et même du Robert Bresson.

Cependant, je ne comprends pas le dispositif formel qui s’ajoute au sujet pompeux. On connaît déjà toutes les figures de style utilisées.

Antoine Guillot : Le film donne une impression générale de mollesse : on est frappé par la nonchalance, voire le dilettantisme avec lesquels Olivier Stone met en scène son film, notamment dans les scènes de violence. Comme s'il n'y était pas complètement, manquait de désir, d'envie. Il y a en outre une grande lourdeur didactique dans le propos politique, dans sa façon de tout souligner.

Corinne Rondeau :

Le film commence sur l’idée d’un quotidien en travaillant sur le fragment. Le dispositif formel est très réussi.

Cependant, j'étais dans une certaine exaspération car le réalisateur ne nous intègre pas à son film, son histoire.

Malgré de beaux moments d'émotions, il nous met dans la distance et dans l’épuisement.

Lisa Nesselson:

Je suis toujours enjouée face à un film tourné en pellicule 35mm et en noir et blanc.

Il y a des bribes d’émotions très fortes mais je ne suis pas emballée. C’est plus une expérience au sens scientifique qu’un film.

  • Savages , Oliver Stone (sortie le 26 septembre)
Savages
Savages

Jean-Baptiste Thoret:

J’ai toujours été sensible au cinéma d’Oliver Stone et par ailleurs sa position m’intéresse.

Il a voulu faire avec Savages ce qu’il a raté sur Wall Street 2. Ce que j’ai apprécié, c’est l’idée qu’il revient à quelque chose. Il propose un état des lieux des images américaines. Il est relativement bon sur ce film.

Le sujet de Savages, ce sont les images, ce qu’on consomme et la violence brute. Il allie la vulgarité et le raffinement. C’est l’esprit américain incarné avec un esprit badasse que j’apprécie. C’est à la fois passionnant et énervant.

Lisa Nesselson:

J’aime ce film car c’est une histoire d’amour drôle et effrayante à la fois. J’ai trouvé la distribution alléchante, surtout Salma Hayek. C’est une histoire sur la lutte contre la drogue, le War On Drugs qui dure depuis 42 ans maintenant. Les résultats sont d’ailleurs mitigés.

C’est sur les valeurs de famille et donc valeurs américaines. C’est un film profondément américain.

Corinne Rondeau :

Oliver Stone nous propose 2h10 de violence gratuite absolue et grotesque. C’est absolument ennuyeux. Ce film s’apparente à une parodie de Quentin Tarantino. C’est un cinéma moralisateur avec un surplux d'effets indigestes. Finalement, ce film ne nous dit rien ...

Les coups de coeurs:

Jean-Baptiste Thoret :

Corinne Rondeau :

  • Damsels in Distress , Whit Stillman (Sortie le 3 octobre)
Affiche du film
Affiche du film

Après avoir réalisé trois films dans les années 1990, il revient avec ce film réjouissant et "réjouissif". C’est le film ovni de la semaine. J’ai pris un plaisir absolu. Ce film est le plus absurde de Whit Stillman et le plus juste dans sa jubilation. Il est dans l’exagération élégante.

Bien sûr, la revue de presse cinéma d'Antoine Guillot: Sale temps pour le cinéma en Espagne.

Et le coup de fil de Seham Boutata à Léo Soesanto , Directeur Artistique du 1er Festival du Film Indépendant de Bordeaux, qui se déroule du 2 au 7 octobre.

Pastille introductive: Lisa AZUELOS .

À venir dans ... secondes ...par......