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Cinéma: Saudade et Skyfall

58 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, la Dispute traitera de l'actualité cinématographique avec les critiques suivants:

  • Corinne Rondeau (France Culture)- Charlotte Garson (Cahiers du cinéma)- Antoine Guillot (France Culture)sur les films suivants:- Saudade , Katsuya Tomita (sorti le 31 octobre)
Saudade
Saudade

Charlotte Garson :

Une redéfinition énergique du terme galvaudé de "cinéma indépendant" : d'abord déroutante, l'écriture se cherche, le récit se révèle kaléidoscope plutôt que film choral.

Antoine Guillot:

On est d'abord captivé par la dimension documentaire du film, ce qu'il montre des communautés étrangères sur le sol japonais, une réalité jusque là jamais vue en France. On est pris ensuite par la chronique d'un monde populaire, celui d'un prolétariat urbain englué dans la crise, qui ne voit comme exutoire que de se tromper d'ennemi, en se retournant contre plus misérable que soi. Et c'est pourtant réjouissant, avec de très beaux et longs plans sur cette ville décatie dont on appréhenderait presque la typologie. On a envie d'y revenir !

  • Skyfall , Sam Mendes (sorti le 26 octobre)
Skyfall
Skyfall

Corinne Rondeau :

J’ai été violemment secouée par l’introduction alors que la fin est le contrepoint absolu de ce que l’on pouvait imaginer. Ce James Bond est à contre-courant. Il se fonde sur une origine.

Le film tourne autour d’une seule question : Comment peut-on se ré-inventer ? J’ai été pris dans une torsion entre un film d’action qui fonctionne et un film post-moderniste.

Charlotte Garson :

Malgré une réussite indéniable de cette opération "table rase" de James Bond, on peut se demander en vue de quoi elle a lieu : si l'espion peut toujours être trahi par la raison d'Etat, pourquoi Bond reprend-il du service au MI-6, sinon parce que qu'il porte toujours allégeance à la reine ? A quand un Bond révolutionnaire?

Antoine Guillot: Le film raconte sa propre histoire : comment faire revivre aujourd'hui un héros mort, essoré. En revenant aux fondamentaux, notamment à la lecture psychanalytique éculée de la saga, il fait feu de tout bois, dit tout et son contraire, fait table-rase de son histoire comme on reboote un ordinateur en le redémarrant. On est donc surtout curieux de voir ce que donnera la suite...

Arnaud Laporte: Le résultat est assez déroutant car Sam Mendes a essayé de concilier des contraires, ce qui par conséquent donne un statut particulier au film. On y retrouve tous les ingrédients de la saga et en même temps, il s’interroge sur son propre statut, son obsolescence et sa pertinence dans un monde qui change. C’est un James Bond revu et corrigé.

Les coups de coeurs:

Charlotte Garson :

- Le Carosse d'Or , Jean Renoir, 1953 (ressortie en salle)

L'héroïne apprend non pas à renoncer à son désir mais à une sorte de volonté de puissance (conquête amoureuse, gloire sur scène, richesse). En choisissant le théâtre, elle remet tout chaque soir sur le métier.

Corinne Rondeau:

  • Le Quai des brûmes , Marcel Carné, 1938 (ressortie en salle)

Bien sûr, la revue de presse culturelle d'Antoine Guillot: les mystères de la censure chinoise.

Et le coup de fil de Seham Boutata au réalisateur Costa-Gavras dans le cadre du Festival du cinéma méditerranéen à Montpellier qui lui rend hommage jusqu'au 3 novembre.

Pastille introductive: Kristin SCOTT-THOMAS.

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