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Cinéma: Like Someone in love et Después de Lucia

58 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, la Dispute portera sur l'actualité cinématographique avec les critiques suivants:

  • Antoine Guillot (France Culture)- Alain Spira (Paris Match)- Charlotte Garson (Cahiers du Cinéma)sur les films suivants:

  • Like Someone in love , Abbas Kiarostami (sortie le 10 octobre)

Like someone in love
Like someone in love

Charlotte Garson: Le personnage d'Akiko est élusif, évanescent, comme délibérément vide : l'histoire circule autour de ce prisme. Antoine Guillot:

Je l’ai vu à Cannes avec beaucoup de bonheur , mais avec le sentiment d'un film mineur, d'un simple exercice de style . Ma jubilation était intacte en le revoyant à Paris, mais avec la certitude cette fois que c'est le film d’un très grand cinéaste. J’ai été enchanté.

Il y a dans, l’apparente ténuité du récit, et grâce à sa mise en scène, un film formidable.

Alain Spira: Je n’ai pas du tout adhéré à ce film. J’ai été ennuyé par sa vacuité . Le personnage féminin n’a pas le moindre charisme. Le film s’est évaporé de ma mémoire.

  • Después de Lucia, Michel Franco (sortie le 3 octobre)
Después de Lucia
Después de Lucia

Arnaud Laporte : Despues de Lucia nous met en face d’évènements que l’on ne voudrait voir, et s’offre comme un pendant tragique à la comédie de mœurs de Michel Gondry, « The We and the I », qui s’intéresse, sur un mode mineur, aux relations inter-adolescentes, et à l’usage addictif des nouvelles technologies de communication.Mais le formalisme de la mise en scène m'empêche de comprendre quelle est la position du cinéaste sur ce qu’il filme, au-delà du calvaire de la jeune fille. Qui est coupable ? Qui est victime ? Tout ça n’est pas très clair, et ça me gêne considérablement.

Charlotte Garson: Mise en scène partout... point de vue nulle part.

Alain Spira: Le film commence très fort et devient quelque chose de disproportionné. La comédienne, Tessa Ia, porte tout le film, elle est formidable. Le portrait psychologique que Michel Franco nous fait de cette adolescente ne correspond pas à ce qui va lui arriver. Le personnage du père est mis de côté alors qu’il aurait été intéressant de l’exploiter. La fin est justifiée par l’effet de chute.

Antoine Guillot: C’est un film qui m’a bouleversé. J’admire le talent de mise en scène et la justesse du point de vue. Il filme l’abjection sans jamais tomber dedans par l’utilisation constante de l’ellipse, du hors-champ et de la profondeur de champ. Le dispositif est passionnant.

La vraie nature du film est dans la relation entre ce père et sa fille et leur capacité, ou non, à affronter la violence du monde.

Les coups de coeurs :

Antoine Guillot :

  • Underworld USA , Samuel Füller (Dvd Wild Side)

C’est un film noir où la violence est extrême , sans être montrée. Il arrive après l’âge d’or du film noir. Les personnages sont définis par leurs actions, c'est du pur « behaviorisme ».

  • Le personnage principal est uniquement défini par son moteur : la vengeance. *

  • La fin du film est comme un prêté pour un rendu au Jean-Luc Godard d' A bout de souffle, par un Samuel Fuller marqué par la Nouvelle Vague.*

Alain Spira :

  • The Swimmer , de Frank Perry

Ce film est très surprenant. Le personnage que joue Burt Lancaster traverse le rêve américain en se baladant de maison en maison. On progresse de piscine en piscine. Avec pour seul vêtement, un maillot de bain, Burt Lancaster est presque --------- une figure christique. Son passé va nous être peu à peu révélé. Il traverse la trajectoire de la mort du rêve américain. Ce film est sorti en 1968, juste avant l’avènement du Nouvel-Hollywood. C’est un film à découvrir.

Bien sûr, la revue de presse cinéma d'Antoine Guillot: L'impossible satisfaction du désir bondien.

Et le coup de fil de Seham Boutata au producteur Jacques Bidou, qui sera présent au Festival du film documentaire de Montreuil du 4 au 14 octobre.

Pastille introductive: Noémie LVOVSKY.

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