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Cinéma: Vous n'avez encore rien vu et Gebo et l'ombre

59 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, la Dispute portera sur l'actualité cinématographique avec les critiques suivants:

  • Lisa Nesselson (Screen et France 24)- Antoine Guillot (France Culture)- Charlotte Garson (Cahiers du cinéma) sur les films suivants:

  • Vous n'avez encore rien vu , d'Alain Resnais (sortie le 26 septembre)

Affiche: Vous n'avez encore rien vu
Affiche: Vous n'avez encore rien vu

Lisa Nesselson:

Je trouve le film figé et libre à la fois. J’ai eu l’impression de voir une pièce de théâtre dans une salle de cinéma. Il arrive à mélanger ces deux choses à la fois.

J’ai encore un plaisir énorme à entendre un dialogue du duo Azema/ Arditi. Il y a un plaisir qui plane sur ce projet.

Antoine Guillot: Le film est très fluide, raffiné, élégant et intelligent dans son dispositif. Mais le problème quand on casse le mythe d'Orphée, c'est le risque de redite et de bégaiement. C'est risqué d'appeler son film "Vous n'avez encore rien vu", quand on a au contraire le sentiment d'avoir déjà vu ça, et en mieux, chez un cinéaste qu'on admire.

Arnaud Laporte : Orphée et Eurydice est une idée de départ intéressante, qui ne peut qu’émouvoir toutes celles et tous ceux qui, un jour, ont aimé, follement aimé. Mais exhumer des pièces d'Anouilh est hélas un choix beaucoup moins heureux (...) Le dispositif est de l'ordre de la mécanique qui tourne non pas à vide mais en vain .

  • Gebo et l'ombre , Manoel de Oliveira (sortie le 26 septembre)
Gebo et l'ombre
Gebo et l'ombre

Lisa Nesselson:

J’ai toujours des frissons à l’idée d’aller voir un film d’Oliveira qui connaît le cinéma depuis le temps du muet. Michael Lonsdale est formidable, comme toujours, mais à part la beauté plastique de l'image, pas grand chose se passe.

Antoine Guillot: Le film commence formidablement par un plan de cargo sur un concerto pour violon de Sibelius. Puis une main qui agrippe un homme dans l'ombre : au départ, on est plongé dans le cinéma muet. La lumière de Renato Berta est sublime, dans ce caveau verdâtre qu'est la maison. Tout est très beau, mais à force de se laisser bercer par la voix douce de Michael Lonsdale, par ailleurs toujours fascinant, on court le risque de s'assoupir... Du danger du confort au cinéma !

Arnaud Laporte: C'est un film presque entièrement en huit-clos, sauvé d'un certain ennui par la prestation exceptionnelle de Michael Lonsdale. On est au-delà du théâtre filmé,ou alors un théâtre minimal, statique et frontal, avec de longs plans séquences qui permettent aux bons comédiens de proposer de très beaux moments de jeu, et aux moins bons de montrer leurs défauts.

Les coups de coeurs :

Lisa Nesselson :

- Le Magasin des suicides , Patrice Leconte (sortie le 26 septembre)

Le Magasin des suicides
Le Magasin des suicides

C’est un dessin animé et film musical qui concerne une entreprise familiale qui vend 200 moyens de se suicider. La famille a honte quand leur fils Alan nait car il est heureux, joyeux, souriant et positive.

C’est glauque, c’est bien dessiné, c’est fabuleux à regarder. L’entreprise familiale est drôle, ça m’a beaucoup plu.

Charlotte Garson :

- Kurdish Lover , Clarisse Hahn (sortie le 12 septembre)

Bien sûr, la revue de presse cinéma d'Antoine Guillot: La Cité de l'incroyable patriote.

Et le coup de fil de Seham Boutata à Michel Ciment, à l'occasion des 60 ans de la revue Positif au Forum des Images à Paris.

Pastille introductive: Kim KI DUK .

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