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Cinéma: Zero Dark Thirty et Un week-end en famille

59 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, La Dispute se penche sur l’actualité cinématographique avec les critiques suivants :

- Charlotte Garson (Cahiers du Cinéma)

  • Antoine Guillot (France Culture)

  • Alain Spira (Paris-Match)

Sur les films suivants :

  • Zero Dark Thirty , Kathryn Bigelow (sortie le 22 janvier)
Zero Dark Thirty
Zero Dark Thirty

Arnaud Laporte: Kathryn Bigelow prend son temps, parce qu’il faut prendre le temps, parce que le temps est une durée essentielle de cette histoire. Il s’agit surtout, pour la cinéaste, de montrer que dans le même moment, la mission est remplie et la mission est évidemment vouée à l’échec, car la mort d’un homme ne change rien, et l’actualité nous le montre hélas de façon éclatante.10 ans d’enquête pour ça ! Et si le film de KB était en fait le constat de l’impuissance de celle qui se proclame première puissance mondiale ?

Charlotte Garson: Un film "de pro" (l'expression qui revient souvent entre agents de la CIA) : des scènes d'action bien menées, très documentées. Mais à jouer sur les deux tableaux -- journalistique et fictionnel -- il aboutit à un réalisme stérile, qui échoue à donner à penser.

Antoine Guillot: Zero Dark Thirty donne à penser en permanence car Kathryn Bigelow ne prend pas parti à notre place. On est dans un entre-deux inconfortable. C'est un film de vengeance, et non de justice , et donc forcément, et volontairement, insatisfaisant . En cela, le dernier plan du film est saisissant.

Alain Spira: La durée des scènes de torture est un peu complaisante. Bigelow démontre que la fin justifie les moyens. C'est une formidable technicienne et tacticienne. Mais la froideur de cette Guerre moderne me met mal à l'aise. La vie de Ben Laden m’aurait davantage intéressé. Néanmoins, l’aspect formel du film est impressionnant de par l’utilisation très réaliste et très habile du montage et du son.

  • Un week-end en famille , Hans-Christian Schmid
Un week-end en famille
Un week-end en famille

Arnaud Laporte: « Un week-end en famille » est un film dont le succès ou l’échec tient à très peu de choses, mais qui m’est apparu comme un succès.Schmid et ses comédiens traversent sans accroc les obstacles, pour arriver ensuite à une bifurcation inattendue du récit, un flottement, une étrangeté, qui rappelle le meilleur du cinéma allemand des années 70, dans cette façon de créer des séquences hors de la linéarité du récit.

Charlotte Garson:

Ténu mais tenu, un film lui aussi dans la maîtrise, mais au service d'une observation juste : maniaco-dépressive, la mère de famille qui décide d'arrêter son traitement désorganise tout un système de protection, de "déminage" affectif que son mari et ses enfants ont chacun cru bon de lui apporter.

Antoine Guillot:

Malgré la distribution formidable, Hans-Christian Schmid ne fait qu’illustrer son scénario , sans aucune idée de mise en scène. C’est une histoire balisée, vue et revue.

Alain Spira: Délicat, élégant et fragile, mais un peu froid !

Les coups de cœurs :

Alain Spira:

  • La tête en l'air , Ignacio Ferreras
La tête en l'air
La tête en l'air

Employer le média du dessin animé qui, généralement s'adresse à un jeune public, pour parler aux adultes de la vieillesse et de la maladie d'Alzheimer, c'est la bonne idée de ce film espagnol plein d'humour qui évite le pathos. Une belle surprise !

Arnaud Laporte:

- La Mort en direct , Bertrand Tavernier, 1980 (ressortie en salle le 30 janvier)

La Mort en direct
La Mort en direct

La version restaurée de La Mort en direct rend d'abord hommage au travail du chef-opérateur Pierre William Glenn, qui a supervisé lui-même la restauration. Le sujet du film annonce, 20 ans avant, l’invention de la télé-réalité, l’intrusion des caméras dans l’intimité, jusqu’à l’obscène, avec une interprétation de très haut niveau, et Bertrand Tavernier a eu la belle idée d’inscrire cette fable d’anticipation dans le décor à la fois victorien et dickensien de la ville de Glasgow,et d’y faire s’y mouvoir sa caméra presque comme un animal qui traque les personnages.Pour résumer, le film est en fait à découvrir, véritablement, dès demain sur grand écran !

Bien sûr, la revue de presse culturelle d’Antoine Guillot: "Le mot a été lâché".

Et le coup de fil de Seham Boutata passé à Antoine Lopez , organisateur du Festival du court-métrage de Clermont-Ferrand, du 1er au 9 février.

Pastille introductive : Frank CAPRA.

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