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en haut : "The Idiot" (© Akihito Abe), "Gaugemancy" (© Florian Schmitt), "Maguy Marin -ligne de crête" (© Scèneweb), en bas : "Rosas danst Rosas" (© Anne Van Aerschot)

Danse : "On a l’impression d’une calligraphie"

55 min
À retrouver dans l'émission

Cette Dispute spectacle vivant sera consacrée à la danse. L’occasion d’aborder : « Portrait Anne Teresa de Keersmaeker", mais aussi « The idiot » de Saburo Teshigawara, « Maguy Marin – ligne de crête » et enfin « Gaugemancy » d’Ali Moini.

en haut : "The Idiot" (© Akihito Abe), "Gaugemancy" (© Florian Schmitt), "Maguy Marin -ligne de crête" (© Scèneweb), en bas : "Rosas danst Rosas" (© Anne Van Aerschot)
en haut : "The Idiot" (© Akihito Abe), "Gaugemancy" (© Florian Schmitt), "Maguy Marin -ligne de crête" (© Scèneweb), en bas : "Rosas danst Rosas" (© Anne Van Aerschot)

"Portrait Anne Teresa de Keersmaeker" en tournée jusqu'au 13 octobre

De : Anne Teresa de Keersmaeker

Présentation officielle : Onze pièces différentes, auxquelles s’ajoutent un Slow Walk en plein cœur de Paris et des programmes avec d’anciens et actuels étudiants de l’école P.A.R.T.S. (Performing Arts Research and Training Studios) qu’elle a fondée à Bruxelles : s’il est juste reconnaissance d’une œuvre majeure, le Portrait dédié par le Festival d’Automne à Anne Teresa De Keersmaeker frappe par son ampleur. Rares sont les chorégraphes susceptibles d’offrir un tel éventail, dont le spectre embrasse trente-cinq ans de créations, à partir des premiers jalons que furent Fase, Four Movements to the Music of Steve Reich (1982) et Rosas danst Rosas (1983). Assurément, cette large palette n’aurait été possible sans la persistance sans faille d’un travail de compagnie, mené ostinato depuis qu’Anne Teresa De Keersmaeker, tout juste sortie de l’école Mudra dirigée à Bruxelles par Maurice Béjart, a entamé au début des années 1980 son « propre chemin, hors des chemins, sûr(e) de son chemin » (Henri Michaux). Pistil et pétales : la compagnie fut baptisée Rosas. Une enseigne qui, secrètement, renvoie tout autant à Gertrude Stein (« A rose is a rose is a rose ») qu’aux rosaces des façades gothiques. Ou, plus directement, à la structure même de la rose : « il y a chez moi », confie la chorégraphe, « un étonnement et une fascination pour les formes et les procédés issus de la nature, dont les plus frappants sont les spirales. » (...)

Prochaines dates :

  • 2 octobre : Théâtre-Sénart, Scène nationale
  • 4 octobre : !POC!
  • 6 > 7 octobre : Théâtre du Fil de l'eau, Ville de Pantin
  • 10 > 13 octobre : Le CENTQUATRE-PARIS
"Rosas danst Rosas" de Anne Teresa de Keersmaeker (© Anne Van Aerschot)
"Rosas danst Rosas" de Anne Teresa de Keersmaeker (© Anne Van Aerschot)

L'avis des critiques :

« Fase » et « Rosas » sont des œuvres fondatrices de tout son langage. C’est vraiment la chorégraphe qui a un rapport à la musique des plus passionnant. Dans le choix de pièces effectuées [par le Festival d'Automne] tout me va. Anna Sigalevitch 

Il faut évidemment passer par Bach, puisque c’est peut-être le compositeur avec lequel elle a le plus un dialogue mouvant et fécond. Il est intéressant de voir l’interaction entre la troupe et le musicien. Voir un spectacle d’Anne Teresa de Keersmaeker demande une vraie écoute. On en sort vraiment transformé. Ça vous porte très très haut, c’est un moment un peu particulier. Philippe Noisette

« Vortex Temporum » est une pièce très ambitieuse, qu’elle dit spectrale. On a une alliance intime entre corps du musicien et corps du spectateur. Les interprètes sur scène ont pour chorégraphie la trame des gestes des musiciens. C’est une œuvre musicale absolument prodigieuse. On a des envolées, des emportements. Une pièce qui renouvelle en partie son vocabulaire de base, qu’elle n’a pas finit d’épuiser. Florian Gaité

"The Idiot" jusqu'au 5 octobre au Théâtre national de la Danse de Chaillot

"The Idiot" de Saburo Teshigawara (© Akihito Abe)
"The Idiot" de Saburo Teshigawara (© Akihito Abe)

De : Saburo Teshigawara

Présentation officielle : Signature incontournable de la danse contemporaine, Saburo Teshigawara s’inspire du roman de Dostoïevski pour créer une pièce exclusivement dansée, sans aucune utilisation du texte. Cette mise en corps du mouvement intrinsèque aux phrases affirme le chorégraphe japonais comme le sculpteur unique d’une danse de l’âme, épurée et épique.

Du défi de réaliser une pièce chorégraphiée à partir du sublime roman de Dostoïevski, Saburo Teshigawara fait la clé de voûte d’une approche neuve de la danse. Sur scène, un homme, une femme et un rat évoluent sous une lumière tremblante qui transforme le plateau en labyrinthe et brouille notre vision des figures. L’atmosphère électrique suggère des chemins tortueux vers un conflit intérieur, la question du double, de l’autre – jumeau et opposé à la fois. Les idées chorégraphiques de Teshigawara apparaissent comme un phénomène tout droit surgi des profondeurs de son imagination, qui dicte aux nerfs autant qu’aux muscles une captivante calligraphie dansée. Dans son ardeur, la danse n’en est pas moins parfaitement réglée, ciselée, fluide. Incarnés par des corps silencieux et bruyants, sans réponse face au flux incessant de la vie, mots et mystères, cris et gémissements, murmures et soupirs deviennent mouvements physiques. La texture du geste dans l’espace fait écho à la structure des images qui compose le roman. Ce spectacle hypnotisant loue l’univers contrasté de Dostoïevski, aussi incandescent que glacé, frénétique qu’introspectif, et esquisse dans son sillon un regard pur sur le monde. Deux maîtres de leur art, à redécouvrir en miroir.

Avec : Saburo Teshigawara et Rihoko Sato

L'avis des critiques :

J’ai aimé cette naïveté, cette simplicité. C’est extrêmement premier degré et poétique en même temps. Il y a au départ un halo de lumière doux, et j’ai aimé cette douceur. On a l’impression d’une calligraphie, que la danseuse fend l’air de ses bras en laissant derrière elle un parfum un peu enivrant. Il est vrai que c’est très simple et parfois un peu littéral. Mais cette littéralité ne me gêne pas du tout, puisqu’il y a l’émotion et la musique. Anna Sigalevitch

Ça peut faire un peu peur au départ. Je trouve que c’est intéressant, une danse avec des états. Le côté surligné de la musique est un peu trop présent. Il y a quand même un grand plaisir, celui de voir un interprète aussi incroyable. Peut-être que ce duo vraiment remarquable a fait que l’idiot à mes yeux, était plus réussi qu’il ne l’était au départ. Même si la progression n’était pas là et la fin un peu annoncée. Philippe Noisette

Emballé sur le début, j’ai trouvé que cela s’essoufflait un peu. Je suis embêté parce qu’en même temps j’ai trouvé ça très touchant, notamment ce couple de danseurs qui maîtrisent très bien leur art. Il n’y a pratiquement pas de progression, ma lassitude s’est posée à peu près à la moitié du spectacle. C’est agréable à voir mais ça m’a laissé un petit peu froid. Florian Gaité

"Maguy Marin - Ligne de crête", jusqu'au 6 octobre au Théâtre des Abbesses

"Maguy Marin - ligne de crête" (© Scèneweb)
"Maguy Marin - ligne de crête" (© Scèneweb)

De : Maguy Marin

Présentation officielle : La chorégraphe Maguy Marin, figure du monde de la danse contemporaine, humaniste, sensible et engagée, poursuit depuis plus de quarante ans un travail artistique et militant qui combine la force des images et du sens. Au fil des créations, dont certaines restent fameuses et s’inscrivent dans un répertoire offert à plusieurs générations, elle construit une écriture chorégraphique élaborée et pure, où les autres arts s’invitent en toute liberté et reconnaissance mutuelle. Elle fait participer à son travail des compagnons de longue route, dans un esprit de partage, mettant chacun en situation active.

Avec Ligne de crête, la chorégraphe reprend une question de l’économiste et philosophe Frédéric Lordon posée lors d’une conférence intitulée Au-delà du capitalisme : « Où en est le désir des gens ? »
Étouffée dans le nœud des tourments de notre époque (violences sociales, déchaînements du désir marchand, structures économiques et politiques opaques, injustices criantes, repli sur soi et « corps dorlotés »), cette simple question invite à une réflexion profonde sur ce qui, pour chacun, présente un intérêt essentiel, fait écran à nos désirs collectifs de transformation sociale. Se tenir debout, pas à pas, et cheminer sur une ligne de crête entre deux dangereux versants, violence des dysfonctionnements institutionnels et violence des passions des hommes, voilà l'effort à mettre en œuvre pour nous refaire un régime de désir autre que celui qu’a instauré patiemment le capitalisme. Un processus de libération.

Avec : Ulises Alvarez, Françoise Leick, Louise Mariotte, Cathy Polo, Ennio Sammarco et marcelo Sepulveda

Prochaines dates :

  • 12 > 14 octobre : TGP - CDN de Saint-Denis

L'avis des critiques :

J’étais très réservée l’année dernière sur « 2017 ». Elle nous écrasait et il y avait quelque chose de binaire dans la mise en place du lien de cause à effet. Cette création est très simple, avec une succession de personnages qui entrent en scène et accumulent des choses. Bizarrement, le fait de mettre les choses à plat nous permet de nous raconter beaucoup plus d’histoires. On a l’idée de se créer soi-même sa propre prison. Anna Sigalevitch

On avait parlé de « 2017 » en 2017. Je disais vouloir attendre la pièce suivante. On comprend où elle veut en venir et les moyens mis en œuvre, mais il y a pourtant un petit dérèglement. Je l’ai vue à la biennale de Lyon et le public était saisi. J’ai été assez emballé par cette création de Maguy Marin, toujours révoltée, emballée. Il n’est pas nouveau qu’elle se nourrisse de textes, mais je trouve que ce qu’elle digère et délivre m’emballe vraiment. Philippe Noisette

J’ai trouvé la radicalité du geste très intéressante, cela donnait de la lisibilité. On se focalise sur une situation d’ensemble, en venant regarder des signes qu’elle accumule devant nous. Il y a quelque chose de très festif dans cette représentation sociale. L’absence de progression est intéressante puisqu’elle vient créer une forme d’ennui et de saturation, à la mesure de la société qu’elle décrit. J’ai encore eu le sentiment que ce constat de la surconsommation est un petit peu dépassé. Florian Gaité

>> LE COUP DE CŒUR DE FLORIAN GAITE : "Gaugemancy" d'Ali Moini, en tournée jusqu'au 16 novembre

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Présentation officielle : Après le fascinant solo « My paradoxical knives » où il  revisitait les danses sacrées des derviches en faisant graviter autour de lui des couteaux, Ali Moini est revenu à La Passerelle avec l’impressionnant  « Man anam ke rostam … » où dans un vêtement-machinerie qui actionnait un pantin métallique, il semblait dialoguer avec son double.

Le chorégraphe-danseur iranien revient avec, cette fois-ci une proposition pour quatre interprètes. Pour cette pièce de groupe,  il a observé des activités diverses liées à la Force et la Pression. Son champ de recherche est très large : « de la pratique des sourciers à celle du lutteur, dans la confection de pâtisserie ou de feutrage, incluant différents ingrédients, qu’ils soient sonores, charnels, ou autres…»  Ainsi, de la France à l’Iran, il a sélectionné des rituels, cérémonies, professions, activités sociales pour en révéler les éléments chorégraphiques.

Avec : Emi Sri Hartati Combet, Clément Courgeon, Miguel Garcia Llorens, Chandra Grangean, Ali Moini

Prochaines dates :

  • 2 octobre : première à La Passerelle SN, Saint Brieuc
  • 6 novembre : Le Manège de Reims SN
  • 9 > 11 novembre : Centre Pompidou, Paris
  • 15 > 16 novembre : Bruxelles

Je l’ai découvert il y a peu et je m’en veux. Il a été très productif ces dernières années et a le plus souvent un travail solo dans lequel il éprouve ce que c’est que danser sous la contrainte. Pour ce nouveau spectacle, il a décidé d’appliquer ce principe au collectif. Il y a aussi un travail du son, d’une musique du collectif. Florian Gaité

Vos commentaires :

Avant et pendant l'émission, réagissez et donnez votre avis sur le compte Twitter et la page Facebook de la Dispute.

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records)

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