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de haut en bas : "Fix Me" (© Agathe Poupeney), "Aujourd'hui Sauvage" (© Jean-Louis Fernandez) et "aSH" (© Aglae Bory)

Danse : Fix Me, "Arnaud Rebotini est un effet spécial à lui tout seul"

55 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, La Dispute se consacre spécialement à la danse avec "aSh" interprété par Shantala Shivalingappa, "Aujourd'hui, Sauvage" de Fabrice Lambert et "Fix Me" avec la musique live d'Arnaud Rebotini. Sans oublier un focus sur Alexandre Roccoli à l'occasion de la Biennale de danse du Val-de-Marne.

de haut en bas : "Fix Me" (© Agathe Poupeney), "Aujourd'hui Sauvage" (© Jean-Louis Fernandez) et "aSH" (© Aglae Bory)
de haut en bas : "Fix Me" (© Agathe Poupeney), "Aujourd'hui Sauvage" (© Jean-Louis Fernandez) et "aSH" (© Aglae Bory)

"aSH", jusqu'au 1er mars à La Scala Paris, puis en tournée jusqu'au 29 mai

Conception, scénographie et mise en scène : Aurélien Bory Avec et pour : Shantala Shivalingappa

Présentation officielle : aSH, créé à Montpellier Danse en juin 2018, a été accueilli par une longue ovation debout. Shantala Shivalingappa y incarne la symbiose parfaite entre un art ancestral, le « kuchipudi » dont elle est la meilleure interprète aujourd’hui, et la danse contemporaine qu’elle sert avec passion depuis ses débuts avec Maurice Béjart. Inspirés par sa beauté, la perfection de sa gestuelle et l’évidence, la charge émotionnelle de sa présence en scène, les plus grands chorégraphes ont écrit pour elle, comme Pina Bausch ou Sidi Larbi Cherkaoui, tandis que les metteurs en scène – Peter Brook, Bartabas, Giorgio Barberio Corsetti- faisaient appel à elles pour hanter leurs spectacles d’une force solaire. aSH est une nouvelle étape dans son travail et le dernier de trois portraits de femme dessinés par Aurélien Bory. aSH comme évidemment la cendre qui va bientôt couvrir son corps et son visage, aSH comme la présence rémanente de la mort qui donne à la vie toute son intensité, aSH comme un chemin à parcourir entre le « kuchipudi » et l’art le plus radical, le plus engagé de la danse d’aujourd’hui. Comme toujours chez Aurélien Bory, le dispositif scénique – ici un océan de papier qui ouvre grand l’imagination du spectateur-, la musique, essentiellement jouée en « live » par le percussionniste et compositeur Loïc Schild, et les sons qui surgissent mystérieusement du dispositif lui-même et des mouvements de Shantala Shivalingappa, forment une œuvre plastique, théâtrale et chorégraphique sans équivalent sur les scènes. (...)

Prochaines dates :

  • 24 mai : Théâtre de l’Olivier - Istres
  • 28 et 29 mai : Théâtre de Caen

L'avis des critiques :

C’est un espace plein de mystères. La scénographie est très importante, comme souvent dans les pièces d’Aurélien Bory. Ce qui pourrait être léger, très volatile, va être amplifié par la structure derrière. Cela donne une pièce extrêmement envoûtante, une sorte de rituel sacré. De cette ambiance émerge la figure de Shiva. C’est une pièce qui fait l’aller-retour en permanence entre la lumière et l’obscurité. Florian Gaité

C’est une pièce qui a beaucoup de densité et de profondeur. C’est toujours un grand moment de voir Shantala Shivalingappa sur scène. C’est une silhouette avec beaucoup de souplesse, féline et en même temps ancrée dans le sol. Aurélien Bory a pour projet de faire des portraits de danseuses, c’est la troisième et elle exerce vraiment un pouvoir de fascination. Elle est nourrie par les éléments. Anna Sigalevitch

Loïc Schild est vraiment à l’écoute de sa danse. Aurélien Bory nous donne à voir des choses qu’on n’a jamais vues avant. Il y a quelque chose du merveilleux. On a quand même le risque que le public soit tellement fasciné par le dispositif, qu’il en vienne à oublier la danseuse. Par ailleurs, les images sont tellement fortes qu’elles font qu’on attend la suite, sans savourer autant le moment présent. Arnaud Laporte

On parlait de cette trilogie de portraits féminins. Shantala Shivalingappa a cette culture par sa mère de la danse traditionnelle indienne et effectue un travail sur le contemporain. Ce spectacle est un bel autoportrait puisqu’elle est toujours sur cette ligne entre ce qu’elle est et ce qu’elle est devenue. C’est un « kuchipudi » fait simplement d’une présence et d’un dialogue avec le musicien. Philippe Noisette

"Aujourd'hui, Sauvage", en tournée jusqu'au 13 avril

De : Fabrice Lambert

Présentation officielle : Dans les spectacles de Fabrice Lambert, l’espace est vibratile : il palpite au gré des lumières mouvantes de Philippe Gladieux, se dilate ou se condense en variations atmosphériques dans les lignes de flux délicates. Il y a, dans la dernière création du chorégraphe, l’empreinte d’une transe douce, qui se tient à la lisière du débordement sans jamais s’y confondre. « Soif jamais étanchée » à laquelle il conviendrait de « donner un corps », ainsi que l’écrivait Henri Michaux. Paysage tout juste à l’orée de turbulences, dans une trajectoire surgie en éclosions des profondeurs et élans de chacun, que vient scander, avec des intensités modulées, le frappé de batterie de Benjamin Colin, mêlé aux nappes électro-acoustiques de Marek Havlicek. Pour Aujourd’hui sauvage, le plasticien- scénographe Shahalladyn Khatir a conçu un magnifique monolithe gazeux, constitué de voiles ocres – translucides. Parfois suspendu au-dessus de l’aire de jeu, astre bienveillant. Parfois flottant au sol. Et aussi écran de projection de géographies de corps. Au nomadisme du mouvement, cette sculpture-yourte offre alors un refuge, même si sa semi-transparence invente des jeux d’ombres. Une matrice / coulisse d’où s’exfiltre la danse, dans le déploiement sensible de présences aux aguets. Jean-Marc Adolphe

Prochaines dates :

  • 7 mars : CCM Scène Conventionnée Danse de Limoges
  • 29 mars : Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines
  • 13 avril : Théâtre des 2 Rives de Charenton-le-Pont avec la Biennale du Val-de-Marne

Avec : Aina Alegre, Jérôme Andrieu, Mathieu Burner, Benjamin Colin, Vincent Delétang, Corinne Garcia, Hanna Hedman, Yannick Hugron

L'avis des critiques :

Je trouve qu’il y a une vraie liberté dans la façon de jouer avec tout ça, d’enrouler le décor. Fabrice Lambert est plutôt un discret de la danse contemporaine, cette chorégraphie pourrait être non-datée. J’aime beaucoup le fait d’essayer d’aller vers un lâcher prise. Par moments cela fonctionne très bien. Le spectacle a un vrai charme, sans pour autant être explosif, mémorable. Philippe Noisette

La structure est très sophistiquée, c’est assez beau et mystérieux. Une batterie est installée en bas des gradins à cour. On a une sorte d’espace spatio-temporel étrange dans ce début, avec une énergie qui se dégage. La mise en route du spectacle m’a plutôt plu, mais je me suis vite lassée de tout ça. Les interprètes ont une belle énergie, une synergie entre eux, mais pour moi rien ne se raconte. Anna Sigalevitch

Ce sont des partitions assez individuelles, l’état sauvage étant l’état qui précède la société. J’ai trouvé cela un peu policé. La gestuelle est vive, on les voit souvent brasser de l’air. Cela m’a laissé une vision un peu romancée. J’ai trouvé le travail de lumière très riche et il a, avec la musique, le mérite de retenir mon attention, malgré les redondances. Je n’ai pas réussi à en retirer quelque chose. Florian Gaité

"Fix me", en tournée jusqu'au 14 juin

De : Alban Richard Musique originale et interprétation live : Arnaud Rebotini

Présentation officielle : Changement total de registre pour Alban Richard.

Après les ballades médiévales de Nombrer les étoiles, voilà qu’avec Fix Me le chorégraphe à la tête du CCN de Caen en Normandie s’intéresse à une tout autre énergie sonore, celle de prêches d’évangélistes américaines, de discours politiques et de chansons de hip hop féministes. Construite sur la structure d’une symphonie classique, cette création pour quatre danseurs interroge à nouveau les rapports structurels entre musique et danse mais cette fois en dialogue avec les synthés vibrants et les boites à rythme énergiques d’Arnaud Rebotini, figure emblématique de la scène électro française. Le corps a-t-il le pouvoir, à l’égal de la parole, de haranguer ? De fasciner les foules ? (...)

Prochaines dates :

  • 26 mars : Opéra de Rouen Normandie
  • 2 avril : Le Volcan, scène nationale du Havre
  • 6 avril : Théâtre Louis Aragon, scène conventionnée danse (Tremblay-en-France)
  • 18 avril : Maison de la Musique de Nanterre
  • 14 juin : Le Quai, CNDC (Angers)

Créé et interprété par : Aina Alegre, Mélanie Cholet, Catherine Dénécy, Max Fossati

L'avis des critiques :

Le rapport frontal des danseurs face aux spectateurs me paraît extrêmement important. Cela me paraît très intéressant de voir comment un discours vidé de ses mots se raconte physiquement. C’est comme un grand trip, un mélange d’ironie, de provocation, de défiance, de séduction. Tout est dans l’adresse. Ils ont l’air très habités et ce qui me semble intelligent, c’est que le sens est très ouvert. Anna Sigalevitch

Arnaud Rebotini est présent, c’est un effet spécial à lui tout seul, entouré de ses machines. On a visuellement une danse assez disparate puisque chacun reçoit des informations différentes. Chorégraphiquement, ce n’est pas toujours extrêmement intéressant, puisque les danseurs sont très souvent face au public. Il y a beaucoup de choses accumulées qui ne servent pas vraiment le propos. Philippe Noisette

L’idée n’est pas mauvaise de rapprocher la musique techno et le prêche évangélique, qui allient un côté très autoritaire et une possible libération. C’est une forme de révolution à paillettes et c’est là pour moi que cela pêche un peu. On a une forme d’esthétisation de la lutte, y compris de la lutte physique des danseurs. L’énergie contestataire est un peu brimée, ce qu’on voit dans la scénographie. Florian Gaité

>> LE COUP DE CŒUR DE FLORIAN GAITE : focus sur Alexandre Roccoli, à l’occasion de la Biennale de danse du Val-de-Marne, du 21 mars au 19 avril

Prochaines dates :

  • "HADRA" : le 22 mars au Musée national de l’histoire de l’immigration (Paris)
  • "Weaver Quintet" : le 26 mars au Théâtre de Vanves

C’est un ardent défenseur de la classe ouvrière, des prolétaires, des déclassés. Il mène toujours un travail de recherches extrêmement approfondi. Il en ressort deux pièces données à l’occasion du Festival du Val-de-Marne. On trouve beaucoup de densité, de motifs circulaires qui accompagnent le désir de danser. Florian Gaité

Vos commentaires :

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Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

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