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En haut : Play ; en bas à gauche : Unwanted ; à droite : 2017

Danse : "Les images écrasent tout et assènent un discours sans rien raconter"

55 min
À retrouver dans l'émission

Aujourd'hui, danse, avec deux spectacles dans le cadre du festival d'Automne : "Unwanted" qui s'intéresse au corps de la femme en temps de guerre, "Deux Mille Dix Sept" de Maguy Marin et enfin, "Play" d'Alexander Ekman.

En haut : Play ; en bas à gauche : Unwanted ; à droite : 2017
En haut : Play ; en bas à gauche : Unwanted ; à droite : 2017 Crédits : Ann Ray/ OnP, Christophe Raynaud de Lage, David Mambouch

Deux mille dix sept, Maguy Marin (du 6 au 9 décembre à la Maison des Arts de Créteil)

Présentation officielle : Quand un spectacle est éblouissant dans sa forme, c’est déjà une promesse de persistance rétinienne. Quand cette forme existe au service du fond, les images imprimées drainent infailliblement une réminiscence de méditation. Échec et mat.

Le roi n’a qu’à bien se tenir. Chez Maguy Marin, l’art est avant tout politique. L’artiste réunit ici dix interprètes et, de sa plume qui fait parler la danse, échantillonne les visages masqués du néo-libéralisme omnipotent. De l’insidieuse propagande enjoignant les masses à sacrifier leurs vies pour le bien-être de quelque élite, l’artiste fait le noyau dur de ce nouvel opus. La gouvernance de l’ombre n’a rien de nouveau, mais cette officine de soumission aux stratégies d’asservissement est d’autant plus redoutable aujourd’hui que quiconque ne s’adapte pas aux critères de la rentabilité est systématiquement mis au rebut. D’after-works en happy hours, notre société tout sourire dégage l’odeur pestilentielle de l’hypocrisie. Sous une peau liftée de festivité, elle n’est qu’angoisse refoulée et vide existentiel. Mettre en exergue les sensations confuses qui nous hantent devant ce monde absurde et anxiogène, c’est le chantier auquel se frottent Maguy Marin et ses collaborateurs. Telle un de nos bons vieux rois du burlesque qui, au plus fort de la catastrophe, pointent d’un humour implacable son actualité, elle alevine avec espoir la rivière de nos vraies passions, pour assurer la pérennisation de notre espèce de la façon la plus digne possible.

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Ce n'est pas un spectacle évident, ni pour les danseurs ni pour les spectateurs. Philippe Noisette

Le discours politique n'est pas intéressant mais les images sont prenantes. 

Elle veut nous faire croire que le tragi-comique est la seule issue : ce spectacle est fataliste. Florian Gaité

Les images écrasent tout et assènent un discours sans rien raconter. Anna Sigalevitch

Unwanted, Dorothée Munyaneza

Présentation officielle : Comment exprimer les répercussions concrètes du viol élevé au rang d’arme de guerre ? La chorégraphe Dorothée Munyaneza est allée à la rencontre de femmes maltraitées pendant le génocide des Tutsis au Rwanda et se confronte dans Unwanted à une douleur que nombre de conflits continuent à perpétuer.

Entre avril et juillet 1994, alors que les massacres font rage, entre 100 000 et 250 000 Rwandaises sont violées. Cette blessure intime, elles la portent encore : souvent rejetées par leur communauté, certaines ont également eu des enfants – aujourd’hui adultes – de leurs agresseurs. Dorothée Munyaneza, qui a quitté à l’adolescence le Rwanda pour le Royaume-Uni, est retournée dans son pays natal pour y rencontrer à la fois des mères et des enfants. Inspirée par leur vécu et par la permanence de cette violence, l’auteure-interprète et chorégraphe s’est lancée en quête d’un geste artistique capable d’y répondre, ayant pour objet le corps féminin sans distinction de race ou de classe. Interprète de Rachid Ouramdane ou Robyn Orlin, Dorothée Munyaneza, aujourd’hui installée à Marseille, s’était déjà intéressée au génocide des Tutsis dans Samedi Détente. Pour Unwanted, son deuxième spectacle, elle s’associe à l’artiste plasticien d’origine sud-africaine Bruce Clarke ainsi qu’au compositeur Alain Mahé et à la musicienne afro-américaine Holland Andrews. Ces derniers la rejoignent sur scène pour dire sous forme de textes et de chants, mêlés à la danse, les fêlures et la dignité de femmes souvent oubliées.

Retrouvez ici toutes les dates.

Visuel du spectacle.
Visuel du spectacle. Crédits : Christophe Raynaud de Lage

La profondeur de sa voix, de ses gestes lui assure une présence scénique puissante. Anna Sigalevitch

Les vocalises saturées et la scénographie hyper-illustrative m'ont rapidement agacé. Florian Gaité

Play, Alexander Ekman (du 4 au 31 décembre au Palais Garnier)

Présentation officielle : Personnalité bouillonnante de la scène chorégraphique contemporaine, le Suédois Alexander Ekman est invité pour la première fois à travailler avec les danseurs du Ballet de l’Opéra. Formé au Ballet Royal Suédois, il a dansé avec le Nederlands Dans Theater et le Ballet Cullberg avant de se lancer dans la chorégraphie. Son langage, viscéral et teinté d’humour, mélange théâtralité, vocabulaires classique et contemporain. Connu pour ses pièces spectaculaires, aux univers oniriques toujours très imagés, il investit le plateau du Palais Garnier. Structures métalliques, danseurs suspendus, élévations… Un spectacle surprenant, porté par un rythme entraînant et une énergie communicative.

Il y a des moments qui nous transportent ailleurs, dans ces mondes créés par les enfants quand ils jouent. Anna Sigalevitch

C'est une pièce foisonnante qui montre comment le jeu évolue avec le temps, en passant de l'enfance à l'adolescence à l'âge adulte. Philippe Noisette 

Du jeu, il ne retient que quelque chose d'assez convenu. Ce spectacle ressemble à un spectacle jeune public... Florian Gaité

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