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de gauche à droite : "Requiem pour L." (© Chris Van Der Burght), "At the still point of the turning world - Renaud Herbin" (© Benoit Schupp) et "Furia" (© Sammi Landweer)

Danse : Furia, "c'est un spectacle qui donne une urgence de vivre"

55 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir dans La Dispute, une émission spéciale danse avec "Furia" et "Requiem pour L.", sans oublier "At the still point of the turning world - Renaud Herbin". Le coup de cœur de Philippe Noisette est dévolu à la série documentaire : "Graine d'étoiles, 5 ans après" sur Arte.

de gauche à droite : "Requiem pour L." (© Chris Van Der Burght), "At the still point of the turning world - Renaud Herbin" (© Benoit Schupp) et "Furia" (© Sammi Landweer)
de gauche à droite : "Requiem pour L." (© Chris Van Der Burght), "At the still point of the turning world - Renaud Herbin" (© Benoit Schupp) et "Furia" (© Sammi Landweer)

"Furia", jusqu'au 15 décembre au Centquatre-Paris, puis en tournée

De : Lia Rodrigues

Présentation officielle : Dans la continuité de sa précédente pièce, Para que o céu nao caia (Pour que le ciel ne tombe pas), Lia Rodrigues remet au travail les paradoxes de l’altérité pour les incuber au sein d’un groupe de neuf danseurs. Multitude sauvage ou somme d’individus, ce collectif en mutation invente et traverse des mondes parcourus d’images fulgurantes.

Pour la chorégraphe brésilienne Lia Rodrigues, le groupe est une entité à part entière : une matière malléable capable de traverser différents états, au même titre qu’un élément liquide ou solide. Au fil de pièces comme sa trilogie brésilienne – Pororoca, Piracema et Pindorama –, elle façonne des expériences à la frontière du rite, de la danse, de la performance et de l’installation plastique. Rejoignant le travail d’artistes comme Lygia Clark, la substance collective qu’elle modèle dépasse le simple cadre formel pour toucher à la réinvention d’un corps social renouant avec ses énergies primitives. Après Para que o céu nao caia, elle repose les conditions d’une extase matérielle, allant creuser dans des zones profondément enfouies de la psyché humaine. Qu’est-ce qu’avoir un corps ? Une bouche pour parler, crier, des membres pour saisir, frapper, agripper un autre corps ? En suivant leur « radar délicat » – selon les mots de l’auteure brésilienne Clarice Lispector –, un groupe de neuf danseurs part à l’aventure, transformant la scène en territoire fragile et fluctuant. Tantôt meute, organisme autonome ou somme d’individus livrés à la solitude de leur chair, ils cherchent à créer des mondes : à faire de la scène un univers traversé de paradoxes, soulevé par des images qui déchirent le voile de la réalité familière.

Avec : Leonardo Nunes, Felipe Vian, Clara Cavalcanti, Carolina Repetto, Valentina Fittipaldi, Andrey Silva, Karoll Silva, Larissa Lima, Ricardo Xavier

L'avis des critiques :

C’est une pièce qui m’a vraiment réjoui bien qu’elle évoque un sujet peu réjouissant. Il s’agit d’une réponse politique, chorégraphique, corporelle, à la situation au Brésil. C’est l’allégorie d’un pays paupérisé où les inégalités se creusent, mais qui a encore envie de s’exprimer. On ne nous entraîne pas dans quelque chose de très narratif, mais plutôt dans une succession de tableaux souvent endiablés. Florian Gaité

C’est un spectacle qui laisse des traces, on ne peut pas s’en dépêtrer comme ça. Je trouve que même si on n’a pas les références, le spectacle reste très accessible en parlant de choses très archaïques qu’on partage tous. On a vraiment un cri de rage qui part d’un tas de décombres. Ce qui est absolument magnifique, c’est la fluidité notamment sur les costumes. On ne les voit pas passer d’un état à l’autre. C'est un spectacle qui donne une urgence de vivre. Marie Sorbier

Pour moi c’est l’un des spectacles les plus forts de la saison. C’est à la fois un spectacle monde et un spectacle avec un côté beaucoup plus local, brésilien. Il y a vraiment un travail incroyable de plasticité. Tout fait partie d’anciens spectacles. On a une danse assez minimale, beaucoup de transe, beaucoup de choses répétées. Je conseille à nos auditeurs d’aller voir cette « Furia » et se laisser embarquer. Philippe Noisette

"Requiem pour L." en tournée

D'après : Le Requiem de Mozart De : Fabrizio Cassol Mise en scène : Alain Platel

Présentation officielle : Avec Requiem pour L., le talentueux duo déjà à l’oeuvre sur Coup Fatal réinvente le Requiem de Mozart avec une troupe venue du monde entier. Une messe pour le temps présent.

De Vsprs à Pitié!, sans oublier le triomphe de Coup Fatal, on peut dire qu’Alain Platel et Fabrizio Cassol connaissent la musique. Requiem pour L., sous la férule des ballets C de la B, marque leurs retrouvailles. Le Requiem de Mozart, ici déconstruit, se frotte aux influences jazz, lyrique ou africaine chères au tandem Platel-Cassol pour devenir une fresque visuelle et physique. À Fabrizio Cassol, la partition musicale servie par une quinzaine de musiciens d’horizons divers, à Alain Platel la mise en mouvement pour donner corps aux notes. À eux deux, forts de ce métissage des époques et des talents, ils donnent à voir autant qu’à entendre l’un des plus grands chefs-d’oeuvre de la musique occidentale. Ils inventent au passage une forme de représentation qui va bien au-delà du simple concert. Mozart, qui connut tous les honneurs avant de finir abandonné, est ici célébré à la juste valeur de son génie. Requiem pour L. lui rend hommage à sa façon tout en l’inscrivant dans le présent.

Prochaines dates :

  • 19 et 20 décembre : Théâtre National de Nice
  • 11 et 12 janvier : Le Quai (Angers)
  • 16 janvier : STUK Kunstencentrum (Louvain, Belgique)
  • 19 janvier : Le Channel, scène nationale de Calais
  • 25 et 26 janvier : Teatro Central (Séville, Espagne)
  • 29 et 30 janvier : L'Apostrophe (Cergy-Pontoise)
  • 1er et 2 février : L'Arsenal (Metz)
  • 5 et 6 février : Scène Nationale du Sud-Aquitain (Bayonne)
  • 8 février : Le Parvis (Tarbes)
  • 14 et 15 février : Clermont-Ferrand
  • (...)

De et avec : Rodriguez Vangama (guitare et basse électrique), Boule Mpanya, Fredy Massamba, Russell Tshiebua (chant), Nobulumko Mngxekeza, Owen Metsileng, Stephen Diaz/Rodrigo Ferreira (chant lyrique), Joao Barradas (accordéon), Kojack Kossakamvwe (guitare électrique), Niels Van Heertum (euphonium), Bouton Kalanda, Erick Ngoya, Silva Makengo (likembe), Michel Seba (percussions)

L'avis des critiques :

Il est question d’une personne en fin de vie à travers une vidéo projetée en fond de scène. C’est un requiem à la fois très vivant et qui traite à sa façon de la dignité, de la mort, de la volonté. C’est un spectacle perturbant, mais que j’aime beaucoup néanmoins. On est vraiment dans l’intériorité, on chante pour soi. Il interroge notre regard, musicalement c'est magnifique. Philippe Noisette

Ce n’est pas un concert, pas un spectacle de danse, mais un hommage mis en scène. Il est difficile durant la représentation de ne pas se laisser prendre dans quelque chose de très fort, de très intime. On a en fond de scène cette vidéo au ralenti. On a quelque chose d’extrêmement vivant malgré le requiem. J’ai été toutefois énervée d’avoir peut-être été prise en otage par quelque chose d’un peu facile. Marie Sorbier

On est entre la complainte et la célébration de la vie. Alain Platel opère ce déplacement, un décentrement qui me paraît très intéressant. La vidéo est particulière, elle ne laisse pas indifférent, mais peut être mise de côté. Elle demeure dans la distance. Les interprètes sont rayonnants, d’une intensité folle. J’ai trouvé cette approche nuancée, je n’ai pas eu le sentiment d’être pris au piège. Il y a quelque chose de l’ordre de la joie tragique. Florian Gaité

"At the still point of the turning world - Renaud Herbin"

De : Renaud Herbin En collaboration avec : Julie Nioche, Sir Alice et Aitor Sanz Juanes

Présentation officielle : At the still point of the turning world est un spectacle à la croisée de la marionnette et de la danse. Son point de départ est la rencontre de Renaud Herbin avec la danseuse - chorégraphe Julie Nioche, autour de leur intérêt commun pour le corps suspendu. Pour ce projet, ils s’entourent de l’auteure – compositeure Sir Alice et du marionnettiste Aïtor Sanz Juanes. At the still point of the turning world se présente comme un quatuor.

Prochaines dates :

  • 11 > 13 décembre : Maison de la Culture d’Amiens
  • 16 janvier : Le Granit, Scène Nationale (Belfort)
  • 29 et 30 janvier : Espace Malraux – Scène Nationale de Chambéry et de la Savoie (Chambéry)
  • 6 et 7 février : Théâtre de Sartrouville et des Yvelines – Centre Dramatique National (Sartrouville)
  • 21 et 22 mars : Centre Culturel André Malraux – Scène Nationale (Vandoeuvre-lès-Nancy)
  • 3 > 5 mai : Biennale Internationale des Arts de la Marionnette / Carreau du Temple (Paris)

L'avis des critiques :

C’est une proposition singulière, dont je suis très heureuse de parler. Je trouve que ce spectacle est une très belle réalisation parce qu’on a beaucoup de mal à le qualifier. Ce que j’aime dans le travail de Renaud Herbin, c’est qu’il questionne toujours dans ses spectacles, l’espace laissé aux choses. Je me rends compte a posteriori que j’ai surtout regardé la périphérie de ce spectacle et pas le centre. Marie Sorbier

C’est un spectacle très plastique. La structure centrale est modulable et permet de simuler des mouvements. La danseuse va interagir avec cette matière, sans qu’on sache pour autant de quoi il s’agit. Les corps habituellement absents des marionnettistes, sont ici bien présents. Sur la danse à proprement parler, elle n’est à aucun moment adressée au public. Ma réserve se situe au niveau d’une fin un peu pathos, qui se mariait moins avec l’ambiance musicale. Florian Gaité

Je trouve que c’est un petit peu long et qu’on reste en dehors. Cela m’a un peu échappé. Une vraie tension dramatique m’a manqué. Il y a des visions superbes, c’est un très bel objet qui nous montre quand même que la marionnette est un art avec des créateurs d’origines diverses et aux propositions étonnantes. On a une volonté d’aller vers autre chose et la marionnette en sort grandie. Philippe Noisette

>> LE COUP DE CŒUR DE PHILIPPE NOISETTE : "Graine d'étoiles, 5 ans après", série documentaire diffusée sur Arte et disponible en replay pendant 7 jours

De : Françoise Marie

Présentation officielle : Que sont devenus les petits rats de l’Opéra de Paris ? 

Il y a cinq ans, nous avions suivi, pas à pas, pendant une année des élèves de l’Ecole de danse de l’Opéra de Paris, entre discipline exigeante, espoirs fous et émotions contrastées. Aujourd’hui, les petits rats ont grandi. La plupart passe le concours d’entrée du corps de ballet, ou l’ont déjà intégré, et sont confrontés aux défis d’excellence de l’Opéra. Certains se produisent dans des compagnies à l’étranger, d’autres encore ont renoncé à faire de la danse leur métier. Cette nouvelle série nous fait découvrir les difficultés et les plaisirs de leur vie de jeunes artistes, leurs espoirs et leurs doutes, ainsi que le regard porté rétrospectivement sur leurs années d’école.

Dates de diffusion :

  • 23 décembre à 19h
  • 30 décembre à 19h
  • 6 janvier à 19h
  • 13 janvier à 19h
  • 20 janvier à 19h

C’est vraiment une série addictive, on a envie de savoir ce que sera le prochain épisode. On les voit évoluer, changer, avec de petits inserts sur leur passé. Chaque épisode est centré sur un événement. Il y a une vraie liberté de parole. Il est agréable de voir des jeunes évoquer les stéréotypes du ballet.  Philippe Noisette

Vos commentaires :

Avant et pendant l'émission, réagissez et donnez votre avis sur le compte Twitter et la page Facebook de la Dispute.

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

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