LE DIRECT
Léopold Chauveau, Monstre "Grincheux", vers 1909 / Raoul Hausmann, Tête mécanique, 1919 / Magdalena Wiecek, Detachment II, 1967

Expositions : "Au pays des monstres. Léopold Chauveau (1870-1940)", "Neurones, les Intelligences simulées", "Dimensions of reality : Female minimal"

55 min
À retrouver dans l'émission

Au sommaire de cette Dispute Expositions : "Au Pays des monstres. Léopold Chauveau (1870-1940)", au Musée d'Orsay, "Neurones, les Intelligences simulées", au Centre Pompidou, "Dimensions of Reality : Female minimal", à la Galerie Thaddaueus Ropac et le coup ♥ de Sally Bonn

Léopold Chauveau, Monstre "Grincheux", vers 1909 / Raoul Hausmann, Tête mécanique, 1919 / Magdalena Wiecek, Detachment II, 1967
Léopold Chauveau, Monstre "Grincheux", vers 1909 / Raoul Hausmann, Tête mécanique, 1919 / Magdalena Wiecek, Detachment II, 1967 Crédits : Musée d'Orsay / Adagp Centre Pompidou / Estate of Magdalena Więcek

"Au Pays des monstres. Léopold Chaveau (1870-1940)", au Musée d'Orsay : au pays du docteur sculpteur

Cette étude des monstres m’a touché parce que j’y ai vu la marque d’un exutoire : ces monstres sont une façon pour Léopold Chauveau de rendre la vie plus supportable qu’elle ne l’est. Florian Gaité

Présentation : Parallèlement à son activité de médecin, embrassée par obligation familiale mais qu'il n'appréciait guère, Léopold Chauveau s'est réfugié en autodidacte dans un univers artistique étrange, aussi singulier qu'original. A la fois sculpteur, illustrateur et auteur de livres pour adultes et enfants, il est longtemps resté oublié de l'histoire de l'art, avant qu'une donation de son petit-fils au musée d'Orsay en 2017 (18 sculptures et 100 dessins) ne remette son nom en lumière.

L'avis des critiques : ♥♥♥♡

► « La particularité de l'œuvre de Léopold Chauveau, c'est sa manière de mêler enfantin et fantastique, monstrueux et tragique. La dimension très enfantine et simple du dessin n’est, dans le fond, pas si simple. » Sally Bonn

► « Mes réticences ne portent pas tant sur le travail de Léopold Chauveau, qui m’a fait découvrir des choses absolument épatantes et extrêmement singulières, que sur la manière dont l’exposition le présente. Cette exposition est présentée au Musée d’Orsay, nous sommes donc dans le contexte du XIXème siècle alors que toute l’œuvre de Léopold Chauveau a été élaborée au XXème. Le contexte influe de fait énormément l’exposition. » Stéphane Corréard

► « Cette étude des monstres m’a touché parce que j’y ai vu la marque d’un exutoire : ces monstres sont une façon pour Léopold Chauveau de rendre la vie plus supportable qu’elle ne l’est. Il parvient à rendre inoffensif ce qui, normalement, devrait être hostile. Ce sont donc des monstres vulnérables, ils ne nous font pas peur, nous avons ici la solitude de l’être humain, sans doute celle de Léopold Chauveau, qui s’exprime à travers ces monstres. » Florian Gaité

► « J’ai été très surpris de voir ces grosses têtes avec ces petites jambes, c’est dans ce sillage d’humour très noir, très acide que Roland Topor s’est inscrit. C’est d’ailleurs, et heureusement, indiqué dans l’exposition, que Roland Topor a été l’un des rares à continuer à apprécier et à connaître l’œuvre de Léopold Chauveau. » Arnaud Laporte

Plus d'informations : "Au Pays des monstres. Léopold Chaveau (1870-1940)" // jusqu'au 28 juin au Musée d'Orsay

"Neurones, les Intelligences simulées", au Centre Pompidou : nos cerveaux ont du talent

C’est une exposition dense et foisonnante sur un sujet passionnant mais qui perd le spectateur. Sally Bonn

  Refik Anadol, Engram : Data Sculpture, 2018
Refik Anadol, Engram : Data Sculpture, 2018 Crédits : Refik Anadol

Présentation : Alors que l’intelligence artificielle semble avoir envahi tous les domaines industriels du monde contemporain, de la finance au domaine médical, des jeux aux objets à comportement, de l’architecture au militaire, cette situation n’a jamais été véritablement mise en relation avec l’histoire des neurosciences et de la neuro-computation. L’exposition « Neurones, les intelligences simulées » souligne la continuité des recherches d’artistes, d’architectes, de designers et de musiciens avec celle développées par les grands laboratoires scientifiques ou ceux du monde industriel. 

L'avis des critiques : ♥♡♡♡

► « Tout se mêle : travaux d’artistes, d’architectes, de scientifiques, de laboratoires de recherche, de musiciens et mis sur le même niveau, les neurones miroirs, les classifications, l’augmentation des capacités du cerveau et de ses possibilités. Ce mélange des genres pose problème, est mis sur le même plan ce qui relève d’une recherche expérimentale, scientifique et dont la forme ne vise aucune préoccupation esthétique et des œuvres produites par des artistes. C’est de fait une exposition dense et foisonnante sur un sujet passionnant mais qui perd le spectateur. » Sally Bonn

► « J’ai eu l’impression que c’était une exposition totalement autarcique qui excluait le visiteur ; en tout cas moi, je ne suis jamais rentré dedans. Il y a une obsession pour la planéité de la surface, dans chaque salle il y a trois grands écrans plats suspendus, qui mélange toutes sortes de vidéos, des vidéos promotionnelles, des vidéos de programmes scientifiques ou industriels… Tout est mis sur le même plan et dans une forme qui est inventée par les commissaires et les scénographes au mépris de toue réalité artistique. » Stéphane Corréard

► « Dès que l’on est dans des présentations d’œuvres qui font appel aux nouvelles technologies, on est automatiquement dans un grand fourre-tout, comme si on pouvait tout mettre ensemble. C’est spectaculaire certes, mais les œuvres pourraient exister en tant que telles, elles pourraient avoir chacune des espaces où le visiteur pourrait réellement avoir une expérience. » Arnaud Laporte

► « Cette exposition manque de dimension critique sur les relations entre art et industrie. Par exemple, à la fin du parcours, il y une œuvre qui se pose comme une critique des caméras de surveillance et elle m’a posé problème car pour aller voir la pièce, il faut aller voir le cartel et donc être filmés par les caméras de surveillance, je me suis senti pris au piège de la critique. Et je trouve honteux d’avoir présenté un robot d’Amazon et de l’avoir présenté comme une œuvre dans le catalogue de l’exposition, quand on sait ce que fait Amazon à la culture et à l’emploi. » Florian Gaité

Plus d'informations : "Neurones, les Intelligences simulées" // jusqu'au 20 avril au Centre Pompidou

"Dimensions of Reality : Female minimal", à la Galerie Thaddaueus Ropac : l'art minimal au féminin

C’est une exposition qui ne réécrit pas l’histoire de l’art minimal mais qui l’élargit un petit peu. Stéphane Corréard

Rosemarie Castoro Forest of Threes , 1977-1978
Rosemarie Castoro Forest of Threes , 1977-1978 Crédits : Estate of Rosemarie Castoro - Charles Duprat

Présentation : "Dimensions of Reality: Female Minimal" réunit quatorze femmes artistes pionnières d’Europe et d'Amérique qui ont chacune contribué de manière singulière et intransigeante, à élargir la portée de l'esthétique minimale au-delà du strict champ de l'art minimal. À travers une vaste sélection de sculptures, d'installations, de peintures, de photographies et d'œuvres sur papier datant des années 1920 au début des années 1980, cette exposition explore de nouvelles perspectives et généalogies dans l’histoire de l'abstraction géométrique, soulignant les relations complexes et souvent subtiles à l’oeuvre entre formalisme et politiques identitaires.

L'avis des critiques : ♥♥♥♡

► « Il y a des œuvres extraordinaires, par exemple il y a d’incroyables grillages métalliques suspendus dans l’espace, qui ont l’apparence de formes minimales et objectives, et qui jouent finalement sur de très beaux effets de perception optiques et sensoriels. » Sally Bonn

► « Cette exposition m’a donné envie de me documenter, parce qu'on est vraiment dans une exposition de formes totalement décontextualisées. La mise en espace est impeccable, elle est très visible, mais je trouve que ça aseptise ces œuvres qu’on nous présente et que l’on a envie de plus découvrir. » Florian Gaité 

► « C’est une exposition qui ne réécrit pas l’histoire de l’art minimal mais qui l’élargit un petit peu. L’ambition de cette exposition n’est pas de relire le mouvement minimal, mais et je cite les commissaires « d’élargir les signes, d’apporter une esthétique minimale au-delà du strict champ de l’art minimal, notamment en soulignant les relations complexes et souvent subtiles à l’œuvre entre formalisme et politiques identitaires ».  C’est passionnant et l’exposition y parvient en partie, certaines œuvres sont trop en porte-à-faux avec cette ambition noble et intéressante. » Stéphane Corréard 

Plus d'informations : "Dimensions of Reality : Female Minimal" // jusqu'au 20 juin à la Galerie Thaddaueus Ropac

♥ Le coup de coeur ♥ de Sally Bonn pour « J’ai réarrangé la collection » aux Laboratoires d'Aubervilliers

« J'ai réarrangé la collection » un cabinet d'amateur aux Laboratoires d'Aubervilliers
« J'ai réarrangé la collection » un cabinet d'amateur aux Laboratoires d'Aubervilliers

Présentation : un cabinet d’amateur aux Laboratoires d’Aubervilliers à partir des collections du cneai.Les collections du cneai = s’exposent aux Laboratoires d’Aubervilliers et aux emprunts des habitants, sous la forme d’un mur de curiosité à partir duquel chaque visiteur peut piocher pour organiser une exposition à domicile, à l’école ou au travail. 

Avec des œuvres de Leonor Antunes, Glen Baxter, Philippe Cazal, Claude Closky, Gérard Collin-Thiebault, Koenraad Dedobbeleer, Anne Frémy, Yona Friedman, Jef Geys, John Giorno, Thomas Hirschhorn, Esther Hoareau, Michel Journiac, Vera Molnár, Michael Morley, Yoshitomo Nara, Robert Morris, Antoine Poncet, Kateřina Šedá, Leah Singer, Maya Spasova, Samon Takahashi, Taroop & Glabel … 

Plus d'informations : « J’ai réarrangé la collection » // jusqu'au 18 décembre aux Laboratoires d'Aubervilliers

Intervenants
  • Auteure, critique et Maître de conférence en esthétique à l'Université d'Amiens
  • Docteur en philosophie, enseignant à l'Université Paris 1
  • Critique d'art, directeur du salon Galeristes, participe à La Dispute sur France Culture, signataire de la Tribune “Non au «cadeau» de Jeff Koons” dans Libération

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......