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La Dispute : 24 heures France Allemagne "je t'aime... moi non plus"

59 min
À retrouver dans l'émission

La Dispute réunit ce soir des critiques de différentes disciplines artistiques pour revenir sur les relations culturelles franco-allemandes à l'occasion des 50 ans de la signature du Traité de l'Elysée.

Exceptionnellement, quatre critiques seront réunis pour ce tour d'horizon franco-allemand :

  • Joëlle Gayot (France Culture)

  • Vincent Huguet (Marianne)

  • Éric Loret (Libération)

  • Charlotte Garson (Cahiers du Cinéma)

En spectacle vivant, Joëlle Gayot vous propose un tour des metteurs en scène allemands inspirant fortement les metteurs en scène français (Thomas Ostermeier, Franck Castorf, René Pollesh, Sacha Waltz...)

- Extrait du spectacle : La Dame aux camélias , Frank Castorf au Théâtre de l'Odéon (janvier-février 2012)

Frank Castorf
Frank Castorf Crédits : Goethe Institut

Depuis Brecht dans les années 50, la France accueille volontiers les metteurs en scènes allemands, l'inverse est moins sur.... Cependant, on ne peut pas parler d’influences.

Il y a une production d’artistes indéniable en Allemagne avec une absence notoire de femmes À l'exception de Pina Bausch ou Sacha Waltz.

Chaque metteur en scène allemand, de Castorf à Ostermeier, a une personnalité spécifique, un geste identifiable et un registre personnel.

La direction d’acteur est propre à la scène allemande. L’engagement est plein et entier.

L’effet de contamination est sans doute en train d’opérer chez la jeune génération française.

En cinéma, Charlotte Garson vous offre un retour sur la " nouvelle vague " du cinéma allemand.

  • Extrait du film "Week-end en famille", de Hans-Christian Schmid (sortie le 30 janvier)

Komplizen : Société de production allemande actuelle.

LA nouvelle vague allemande
LA nouvelle vague allemande

Charlotte Garson :

Il est difficile de démêler ce qui tient de la réception, notamment critique, d’une varitable "école berlinoise", cristallisée notamment en france par l'attention portée au jeune cinéma allemand du début des années 2000 par Les Cahiers du Cinéma.

Quelles sont les caractéristiques de cette Nouvelle Nouvelle Vague ? Sa volonté de s'éloigner des drames historiques ; son hyperréalisme, son resserrement sur des situations individuelles oufamiliales ; son rapport, enfin au paysage, avec un fort encrage dans la province, particulièrement celle d’ex -Allemagne de l’Est. D'où la présence à la fois lointainement légendaire ou magique et extrêmement quotidienne de la forêt : celle du Bois lacté de C Hochhaüsler, de Thuringe dans Dreileben (la trilogie télévisée de Petzold, Graf et Hochhäusler), ou encore celle de Week end en famille de HC Schmid, qui sortira ce 30 janvier...

Antoine Guillot :

La "Nouvelle vague allemande" est à l'origine une appellation marketing. C'est sous ce nom qu'un petit distributeur audacieux, ASC Distribution, a lancé en France les premiers films de cette mouvance, et le nom est resté.

Il faut aussi évoquer l'excellente revue Revolver, créée par des cinéastes, qui se tourne beaucoup vers la France, aussi bien en terme d'influences (comme Bresson) que d'intérêt (voir leur interview récente de Mia Hansen-Love), et qui fédère une bonne partie de ces jeunes cinéastes.

En musique, Eric Loret reviendra sur la ville de Darmstadt, capitale culturelle d'après-guerre et point de départ de la musique contemporaine construite notamment à partir de l'axe franco-allemand.

  • Extrait d'Armonica , de Jörg Widmann, 2008.
Pierre Boulez
Pierre Boulez

Eric Loret: Notre rapport à la culture allemande ne serait-il pas, depuis la guerre, un rapport d’absence ? L'Allemagne comme lieu où toutes les nationalités se croisent ?

Une grande partie de la musique contemporaine européenne provient de Darmstadt, creuset où les Français viennent promouvoir la bonne parole sérielle de la seconde école de Vienne. C'est aussi une certaine filiation de la modernité, avec Adorno passant Mallarmé et Baudelaire à Boulez. Cette nouvelle tradition, avec l'œuvre ouverte de Stockhausen, le hasard de Cage (qui fait une conférence majeure en 1958), met en avant le signifiant, comme Mallarmé. A partir de là, l'écoute se consacre au matériau physique de la musique.

Le compositeur et clarinettiste allemand Jörg Widmann, qui a 39 ans, représente la nouvelle génération issue de cette histoire. Armonica, pour harmonica de verre et orchestre, créé en 2007 par Boulez et la Philarmonie de Vienne, traite le matériau sonore avec un expressionnisme qui n'est évidemment pas celui des premiers maîtres de Darmstadt. Widmann travaille toujours à partir de sons qu'il dit intimes, obsédants.

En arts plastiques, Vincent Huguet vous emmène à Berlin, "capitale" culturelle européenne et attractive en tous points: galeries très actives, un marché de l'art en développement, une ville abritant de grands artistes nés en son sein (BaSelitz, Kiefer...).

Exposition prévue pour mars 2013, au Louvre: "De l'Allemagne"

Big Night Down the Drain, 1963
Big Night Down the Drain, 1963 Crédits : Georg Baselitz

Berlin est aujourd'hui incontournable, bien sûr, mais peut être aussi un piège, pour certains, voire un miroir aux alouettes. C’est une ville qui est en train d’évoluer. Même si les échanges artistiques entre la France et l'Allemagne sont nombreux, comme en témoigne le fait que lors de la prochaine biennale de Venise, les deux pays échangeront leurs pavillons, la relation de fascination est en réalité assez déséquilibrée. En France, on vit un moment très germanophile, comme en témoigne par exemple le choix des galeries Gagosian et Thaddaeus Ropac d'ouvrir leurs nouveaux espaces, au Bourget et à Pantin, en exposant Anselm Kiefer et Josef Beuys. Les musées français ont également beaucoup présenté les artistes allemands ces dernières années, les anciens comme les plus jeunes, même si le marché joue aussi un rôle dans ce domaine, puisque les artistes allemands pèsent beaucoup plus lourd sur la scène internationale que les Français. On ne peut pas dire la même chose pour l'Allemagne, où la scène française est bien moins représentée.

Sans oublier, l’irremplaçable revue de presse culturelle d’Antoine Guillot " Saint Berlin des Prés "

et le coup de fil de Seham Boutata passé à Frédéric Lemaître , correspondant du journal " Le Monde " à Berlin.

Pastille introductive: Volker SCHLÖNDORFF.

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