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En haut à gauche : Aurélien Bellanger (© Jean-François Robert), en haut à droite: Christine Montalbetti (© Frankie et Nikki) , en bas à gauche: Gérard Mordillat (© Robert Frankenger), à droite: Sabrina Calvo (© Komitid)

La Dispute au Salon Livre Paris avec Christine Montalbetti, Sabrina Calvo, Gérard Mordillat et Aurélien Bellanger

56 min
À retrouver dans l'émission

Ce jeudi 14 mars, la Dispute est au Salon du Livre. Contrairement à notre table ronde critique habituelle, quatre auteurs sont cette fois-ci invités à répondre à la question posée dans la revue "Papiers" de France Culture : "Dans un monde d'images, à quoi bon la littérature ?"

En haut à gauche : Aurélien Bellanger (© Jean-François Robert), en haut à droite: Christine Montalbetti (© Frankie et Nikki) , en bas à gauche: Gérard Mordillat (© Robert Frankenger), à droite: Sabrina Calvo (© Komitid)
En haut à gauche : Aurélien Bellanger (© Jean-François Robert), en haut à droite: Christine Montalbetti (© Frankie et Nikki) , en bas à gauche: Gérard Mordillat (© Robert Frankenger), à droite: Sabrina Calvo (© Komitid)

"Dans un monde d'images, à quoi bon la littérature ?"

(Re)lire L'EDITO de Sandrine Treiner

Quelle place accordez-vous à l'image ?

Pendant très longtemps, j’avais peur des films le soir. Le lendemain matin, quand j’écrivais, j’avais l'impression que l’énergie que j’avais à écrire trouvait aussi sa source dans les images esthétiques vécues la veille. J’ai du mal à penser les rapports entre la littérature et les images comme des rapports de concurrence. Au contraire, je me sers beaucoup de la littérature quand j’écris.  Christine Montalbetti 

Cinéma et littérature se nourrissent l’un l’autre en se servant de leurs forces réciproques. Gérard Mordillat 

Utilisez-vous des images pour écrire ?

Dans « La vie est faite de ces toutes petites choses », j’ai beaucoup travaillé avec des images filmées. J’aurais pu monter bout à bout toutes les images qui m’avaient servi à écrire le livre. Mais cela aurait été absolument inregardable, ce sont des images sans point de vue. Christine Montalbetti 

J’ai terminé un roman et j’ai passé mon après-midi à enlever des post-it qui étaient posés sur un grand mur blanc. Aujourd’hui, je suis face à un mur blanc. Je me suis rendu compte que je n'avais pas une seule fois regardé ces post-it, qui étaient pourtant beaux et que je pouvais mettre en scène. Il n’y a à peu près rien qui marche d'autre que l’énergie que l’on a au moment où l’on écrit. Aurélien Bellanger 

Quand on est vraiment dans l’écriture d’un livre, soudain le monde entier l’écrit avec vous. Tout ce que l'on voit, tout ce que l'on entend, tout ce qu'on peut lire, tout le monde l'écrit avec vous.  Gérard Mordillat

Etes-vous hostiles envers les images ?

Les pages ouvertes de livres rendent le plus hommage au monde dans lequel nous sommes. Je vois ces pages comme des images. Je ne vois pas comment on peut opposer les mots et les images. Gérard Mordillat

Je ne pense pas que la multiplication des images menace la littérature. Les gens vont peut-être plus regarder une série qu’ouvrir un roman. Mais à ce moment-là, tout viendrait fragiliser la littérature. Cette multiplication des images n’est pas inintéressante à penser et à réutiliser dans la littérature. Si elle met quelque chose en péril ou en question c’est plutôt les statuts différents des images elles-mêmes. Christine Montalbetti 

Peut-être que l’omniprésence des images, aujourd’hui, répond à une neutralisation de l'ambiguïté. Selon moi, la spiritualité se trouve entre les choses et peut s'approcher avec des nuances de mots. Sabrina Calvo

Quel rapport entre littérature et temporalité ?

Le cinéma joue sur le temps, veut nous rassurer, nous enlever tout inquiétude. A l’inverse, le livre nous rend cette incertitude, ce doute, cette interrogation. Cela lui accorde une place incomparable dans ce qu’est que la perception des œuvres d’art. Gérard Mordillat

Les romans ont toujours quelque chose d’inachevé. Le film, quant à lui, est là comme objet entier. Cette dimension incomplète du livre, qui a besoin de l’imaginaire du lecteur, relève de cette question de la temporalité.  Christine Montalbetti

J’aime la neutralisation du temps en littérature. Chez Jane Austen, il y a une sorte de soupir suspendu. Cette suspension me plaît énormément. Sabrina Calvo

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