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Inauguration du FRAC Bretagne

Panorama des grands enjeux de la politique culturelle française, à l’échelle des municipalités et des collectivités territoriales

56 min
À retrouver dans l'émission

Emission spéciale |A l'approche des élections municipales France Culture vous propose une semaine de programmes exceptionnels autour de cette thématique : « Identité, égalité, attractivité : les territoires de la culture ». La Dispute s'y associe...

Inauguration du FRAC Bretagne
Inauguration du FRAC Bretagne Crédits : Erwan Corre

Arnaud Laporte et les critiques de La Dispute, Lucile Commeaux, Emmanuelle Giuliani, Charlotte Garson, Marie Sorbier et Fabrice Bousteau, tenteront de vous livrer un panorama des grands enjeux de la politique culturelle française, à l’échelle des municipalités et des collectivités territoriales.

Chacun des critiques présents ce soir autour de la table de notre studio apportera précisions et analyses sur le domaine qu’elle ou il connaît le mieux : musique, cinéma, spectacles ou arts plastiques, mais nous essaierons, à partir de ces différents champs disciplinaires de dégager ce qui peut être transversal, et qui concerne donc tout le champ de la culture et de la création.

Voici quelques thèmes qui ont été abordés :

- Désinvestissement de l’Etat et ses conséquences

« A la demande de la précédente ministre de la Culture Françoise Nyssen, un rapport avait été fait, et il montrait que l’État représentait 29% de la dépense culturelle là où les régions, les intercommunalités, enfin le maillage régional en général représentaient 55%. En qualité et quantité, ça se traduit aussi par une très forte demande faite aux acteurs culturels locaux d'animer, de créer et d'avoir  toute une action sociale et culturelle. On leur demande donc des missions très riches mais avec des moyens qui ne sont pas forcément à l'avenant. » Emmanuelle Giuliani  

« La Fondation Jean-Jaurès a publié en décembre dernier un rapport sur le ministère de la Culture. Son budget, qui est estimé aujourd'hui à 10,8 milliards d'euros, a baissé au cours de ces dix dernières années. D'autre part, un autre rapport, fait par l'Observatoire des politiques culturelles, observe que le budget des collectivités territoriales était de 7,6 milliards d'euros en 2010. Aujourd'hui, on l'estime à peu près à 11 milliards d'euros. On a donc deux grands acteurs de la culture : l’État avec un budget qui baisse et les collectivités territoriales avec le leur qui augmente. » Fabrice Bousteau

« Quand je me déplace dans les CDN (Centres dramatiques nationaux) de province, je réalise qu'il y a un évident désinvestissement de l'Etat. Les directeurs de structure en souffrent, mais arrivent tout de même à compenser et atteindre – avec leurs municipalités, leurs communautés de commune, ou leurs régions – un budget qui n'est pas équivalent à celui qu'ils pourraient avoir avec une aide de l'Etat, mais presque. Ce qui les inquiète le plus, c'est le désintéressement de l’État sur les sujets culturels tels que le théâtre. Et ce qu'ils demandent ou du moins ce qu'ils espèrent, c'est une politique culturelle globale, une direction, un enthousiaste qui viendrait de l’État, plus que ses réformes économiques et ses restrictions budgétaires. » Marie Sorbier

« Pour ce qui est du cinéma, l'existence et le fonctionnement du Centre national cinématographique (CNC) amortissent le manque de politique culturelle globale. C'est en effet une structure très solide dont les mécanismes complexes articulent le privé, le public, la génération d'aides automatiques et la génération d'aides sélectives. Ces mécanismes ne sont pour l'instant pas remis en cause car ils soutiennent toute la chaîne : de la production au réseau de salles. Par conséquent, j'ai le sentiment que le cinéma, aidé depuis la préproduction, depuis l'écriture jusqu'à son centre et son cœur vivant qu'est la salle, n'est pas le plus menacé des arts. » Charlotte Garson

- Où se trouvent les équipements culturels (théâtres, cinémas, lieux d’art, salles de concerts etc), et comment évoluent leur place ces dernières années ?

« Ça m'importe beaucoup d'aller voir une pièce dans ses premières dates et dans le lieu où elle a été pensée et répétée. Selon moi, c'est essentiel, ne serait-ce que pour les compagnies, pour qu'elles aient une presse qui sort vite, avant l'éventuelle arrivée à Paris ou avant une tournée. Aussi, c'est un soutien aux lieux. En effet, ces scènes nationales et ces CDN prennent des risques avec des compagnies qui sont peut être pas aussi connues que d'autres. Malgré cela, elles offrent la possibilité de pouvoir venir les voir. Pour finir, il y a un risque artistique qui est pris et c'est ce que j'essaie de saluer en venant voir le risque là où il a été pris et pas plus tard quand ça tourne dans d'autres salles. _Je trouve ça éminemment important, en tant que critique, d'être là où ça se crée._» Marie Sorbier

« Ce serait quand même beaucoup plus simple qu'une exposition soit coproduite par trois centres d'art et qu'elle circule au moins dans trois régions différentes en France, ce qui permettrait à l'artiste de se faire connaître davantage et augmenterait vraiment ses budgets. Je pense que c'est beaucoup moins dû à la politique culturelle qu'à une sorte d'attitude égoïste du responsable d'arts plastiques qui veut être le premier et le seul à faire quelque chose de nouveau. » Fabrice Bousteau

Le rôle des événements, et notamment des festivals : quel maillage du territoire ils constituent ? sont-ils vraiment des lieux de la décentralisation ? Dans quels festivals allons-nous, pourquoi ? quels publics fréquentent ces lieux ? à quel point la programmation se fait-elle le reflet ou non d’un territoire spécifique ? 

« En tant que festivalière, je préfère les festivals de films dans lesquels il n'y a pas de compétition. Je pense notamment au Festival international du film de La Rochelle, qui est tout simplement un pur régal. Je suis aux anges de savoir qu'il n'y a plus de place pour un Bresson ou pour un Bergman ; ça signifie que tous les jours des gens se font des rétrospectives entières ! » Charlotte Garson

« Il y a _un bel exemple de coopération territoriale culturelle : la Belle saison lancée par le Théâtre des Bouffes du Nord, qui associe plusieurs théâtres de région en France et un ou deux à l'étranger_. Il résulte un maillage territorial où sont accueillis des concerts de très haute qualité, assortis de toute une série d'actions pédagogiques, de préparation de concert, etc. La Belle saison n'est donc pas moins une saison de concerts qu'une fédération de théâtres de villes petites ou moyennes. Par ce dispositif, chacune affirme sa belle identité à travers sa salle de spectacle ; comme la mairie et le clocher sont aussi des lieux d'identité d'une ville. Il y a une envie de montrer que l'on est important territorialement parce qu'on appartient à un réseau. » Emmanuelle Giuliani

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