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Littérature: Alain et Les poètes morts n'écrivent pas de romans policiers

58 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, la Dispute porte sur l'actualité littéraire avec les critiques suivants:

  • Sabine Audrerie (La Croix)- Emily Barnett (Les Inrockuptibles)- Laurent Nunez (Magazine Littéraire) sur les livres suivants:

- Alain , Catherine Robbe-Grillet (Fayard) Sabine Audrerie:

C’est écrit par une femme intelligente, intuitive et sensible. C’est un livre sur Alain Robbe-Grillet mais je crois tout autant sur elle.

Elle a été maligne de s’affranchir de la chronologie. C’est une mise à nue sincère sans être une exhibition. C’est magnifique de bout en bout.

Arnaud Laporte: Ce que je trouve très beau, aussi, très intéressant, c’est l’autoportrait de Catherine Robbe-Grillet, qui en dit beaucoup sur elle dans ce livre qui s’appelle « Alain ».

Emily Barnett:

Il y a une esthétique du détail, de l’épiphanie et de l’incident presque barthésien. On est face à un témoignage, même une empreinte laissée par un couple hors-du-commun. Il y a une liberté démente avec une dimension ludique.

Laurent Nunez:

C’est un livre qui m’a passionné, qui est très touchant. Elle raconte tel quel. Il a une valeur littéraire incontestable. C’est écrit sobrement sans aucun pathos, ni nostalgie.

C’est un livre sur la fidélité intellectuelle et morale.

- Les poètes morts n'écrivent pas de romans policiers , Bjorn Larsson (Grasset) Sabine Audrerie:

C’est un livre très réussi pour ce qu’il dit de la scène littéraire suédoise. Il y a une mise en abyme de la littérature. Mais c’est parfois un peu lent et outrancier dans ses rebondissements. Il fait un état des lieux de la situation de la littérature suédoise.

Emily Barnett:

On est dans un vrai-faux polar. Je l’ai trouvé extrêmement drôle, d’une férocité, d’une drôlerie et d’un mordant sans tomber dans la farce ou la caricature. Je me suis « régalée » à chaque page. C’est un genre qu'il dynamite de l’intérieur. Il s’assimile à un méta-roman. Cependant, la fin est quelque peu frustrante.

Arnaud Laporte: Bjorn Larsson propose à ses lecteurs une véritable enquête policière,mais aussi une réflexion sur la littérature et les stéréotypes, une étude de mœurs sur le milieu de l’édition, et inclut même dans le récit de vrais morceaux de poésie, comme on trouve de vrais morceaux de fruits dans certains yaourts industriels, avec des emprunts, évidemment stipulés en fin d’ouvrage, au poète breton Yvon Le Men.

Laurent Nunez:

Ce livre m’est tombé des mains. Il mélange le polar et la poésie. Il partait très bien et pourtant, c’est écrit avec une lourdeur gigantesque qui traine des clichés. Il a imité un mauvais polar.

Les coups de cœurs:Sabine Audrerie:

- Le roman d'hier à demain , Jean-Yves Tadié et Blanche Cerquiglini (Gallimard) Chacun des auteurs s’est attaché à une période particulière

C’est un tour d’horizon complet, sérieux et analytique.

J’ai été très intéressée par l’avènement du « JE » tel que le décrit JY Tadié comme significatif du roman du XXè siècle.

C’est un essai accessible tout en étant exigeant.

Laurent Nunez:

- Marcel Proust: l'arche et la colombe , texte de Mireille Naturel (Michel Lafon) J’hésite entre coup de cœur et coup de griffe.

On a un beau livre, imposant et fait d’image de qualités, en lien avec la famille.

Le seul problème serait la préface de la nièce.

Bien sûr, la revue de presse culturelle d'Antoine Guillot: L'affaire Dantec, première partie. Et le coup de fil de Seham Boutata à l'écrivain Christian Garcin , à l'occasion de sa participation à l'évènement Escales des Lettres à Lille le 15 et 16 décembre.

Pastille introductive: KO UN.

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