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Geneviève Brisac © Getty - Brice TOUL / Dany Laferrière / Philippe Lançon © C.Hélie - Gallimard

Littérature : "C’est un texte dont l’ordinaire s’est absenté"

55 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir au sommaire de la Dispute "Le lambeau" de Philippe Lançon, récit bouleversant et lumineux d'une reconstruction après l'attentat contre Charlie. Nous parlerons également du nouveau roman de Geneviève Brisac ainsi que du roman dessiné de Dany Laferrière.

Geneviève Brisac © Getty - Brice TOUL / Dany Laferrière / Philippe Lançon © C.Hélie - Gallimard
Geneviève Brisac © Getty - Brice TOUL / Dany Laferrière / Philippe Lançon © C.Hélie - Gallimard

"Le lambeau" de Philippe Lançon (Gallimard)

Le lambeau de Philippe Lançon chez Gallimard
Le lambeau de Philippe Lançon chez Gallimard

Présentation de la maison d'édition :
Lambeau, subst. masc.
1. Morceau d’étoffe, de papier, de matière souple, déchiré ou arraché, détaché du tout ou y attenant en partie.
2. Par analogie : morceau de chair ou de peau arrachée volontairement ou accidentellement. Lambeau sanglant ; lambeaux de chair et de sang. Juan, désespéré, le mordit à la joue, déchira un lambeau de chair qui découvrait sa mâchoire (Borel, Champavert, 1833, p. 55).
3. Chirurgie : segment de parties molles conservées lors de l’amputation d’un membre pour recouvrir les parties osseuses et obtenir une cicatrice souple. Il ne restait plus après l’amputation qu’à rabattre le lambeau de chair sur la plaie, ainsi qu’une épaulette à plat (Zola, Débâcle, 1892, p. 338). 

(Définitions extraites du Trésor de la Langue Française).

C’est un texte dont l’ordinaire s’est absenté. Et au moment de commenter ce texte on se sent un peu intimidé. Mais c’est un texte magnifique de bout en bout. Raphaëlle Leyris

Ce livre est d’une très grande force, d’une très grande beauté à tous égards. C’est un livre bouleversant et extrêmement intéressant, car Philippe Lançon a vraiment les mots. On sent une grande nécessité dernière chaque mot employé. Grégoire Leménager

C’est un livre qui est au-delà de tout, bien que ce soit réellement de la littérature par son style et sa manière de s’emparer du réel. Ce texte est d’une effroyable beauté. Jean-Christophe Brianchon

"Autoportrait de Paris avec chat" de Dany Laferrière (Grasset)

Autoportrait avec chat - Dany Laferrière
Autoportrait avec chat - Dany Laferrière

Présentation de la maison d'édition :
Voici le roman le plus singulier de Dany Laferrière  : un roman dessiné. Et écrit à la main  ; comme tous les précédents, mais dans cet Autoportrait de Paris avec chat son écriture est reproduite en même temps que ses dessins, dans ce volume de grand format et de grande ambition. Et c’est guidés par la main du plus charmeur des académiciens français, ses lettres et ses couleurs, que nous pénétrons dans un Paris à son image, un Paris qui, d’une certaine façon, n’est autre que lui-même.
Plutôt que «  À nous deux Paris  !  », voici «  Nous deux à Paris  !  ». Le narrateur, un grand rêveur, arrive dans la ville la plus réaliste du monde. Il en fait la découverte et nous avec lui, remontant ses rues et le temps à la rencontre de ceux qui ont fait sa gloire. Paris, ses monuments de pierre et d’intelligence, l’arc de Triomphe aussi bien que Balzac, ses cafés aussi bien que ses créateurs de mode, le Flore aussi bien que Gabrielle Chanel. Paris se nourrit aussi des étrangers qui cessent d’en être dès qu’ils l’aiment et contribuent à faire ce qu’il est. Et voici donc Hemingway, et voici donc Noureev, et voici donc Apollinaire… Et puis il y a Chanana. Qui est cette mystérieuse chatte en manteau rose qui arrive chez le narrateur à minuit  ?

C’est un livre extrêmement original. Dany Laferrière, académicien, s’est totalement libéré ! C’est un livre plein de candeur, de lumière, un chant d’amour à Paris. Grégoire Leménager

C’est très sympathique et malicieux ! Il a un rapport au mouvement qui en fait plus qu’un texte sympathique. Mais j’ai un peu perdu la vue à lisant ce livre. Raphaëlle Leyris

Il faut prendre le temps de s’emparer de cet objet. Il y a une forme de liberté mais tout en respectant vraiment le genre romanesque. Car ce texte nous amène vers un imaginaire qu’on ne soupçonne pas au départ. Jean-Christophe Brianchon

"Le chagrin d'aimer" de Geneviève Brisac (Grasset)

Le chagrin d'aimer - Geneviève Brisac
Le chagrin d'aimer - Geneviève Brisac

Présentation par Geneviève Brisac :
«  On écrit pour comprendre ce que l’on ne comprend pas. Quand j’écrivais Vie de ma voisine, mon héroïne me parlait de sa mère. Elle me racontait ses mots, elle évoquait ses gestes. L’amour d’une mère. Je mesurais mon ignorance dans ce domaine. Ma mère n'en savait ni les mots ni les gestes.
Je suis donc partie sur les traces d'une petite fille grecque et arménienne et de sa mère, danseuse orientale et apatride, à Paris dans les années 20.
Ma mère ne voulait rien savoir de son passé. Il a fallu que j’enquête et que je l’invente. Que je trouve les mots pour la retrouver. C’est ce livre, Le chagrin d’aimer.
Je suis passée par la cour du roi de Grèce et par les collines de Fiesole. Par un atelier d’écriture, une maison de retraite, plusieurs voitures, un supermarché, des quantités de paquets de gauloises, une machine à écrire. Autant de circonstances, par-delà les guerres, les destructions, les irrémédiables pertes, où ma mère se battait avec ce qui fait la vie ordinaire  : la nourriture, l’argent, le travail, l’amour.
J’ai tenté d’en savoir un peu plus sur elle, sur moi. Chemin faisant, j’ai compris que ce n’était qu’un début.  »

C’est extrêmement émouvant mais certainement très énervant pour Geneviève Brisac car on ne peut faire autrement que de tomber amoureux de sa mère ! Je n’ai qu’une envie, c’est d’être capable du même panache que cette femme ! Jean-Christophe Brianchon

Le personnage de sa mère, qu’elle esquisse par petites touches, de façon très feutrée, reste assez mystérieux et évanescent jusqu’au bout… Ce qui fait que le livre reste à ce niveau-là. Mais dans les creux il y a des choses très émouvantes. Grégoire Leménager

C’est un texte empreint d’une drôlerie et d’une énergie folle ce qui n’élude pas le chagrin constitutif de Geneviève Brisac. Raphaëlle Leyris

Vos commentaires :

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Programmation musicale : 

♫ Django Reinhardt - Swing de Paris

♫ Cemil Mesut - Samai'e nahawand Pour violoncelle et ud

♫ Biosphère - Circulaires

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records)

Intervenants

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